‹ Fêtes et courtisanes de la GrèceChapitre 7 sur 68 · FETES DU DIEU RIRE · texte numérisé non relu

FETES DU DIEU RIRE

au dieu Rire ( a ). Ils se couronnent du myrte détesté de Diane , mais cher à Vénus (i).

Tandis qu’on amène la victime, le philosophe Mycillus s’écria : « N’égorgez pas le bœuf nourricier attelé à la charrue , le compagnon des travaux rustiques, l’associé du laboureur , le ministre de Cérès (6). »

— « Il est beau de ramener ainsi l’homme à l’humanité, à la nature et à la reconnaissance, répondit Alciinédon : ah! lorsque l’esprit * flétri par tant de superstitions absurdes , rencontre quelques traits de cette religion du sentiment , qui fut celle des premiers hommes , avec quel plaisir il les embrasse , et combien il préfère l’explication que le cœur donne , à celle que croit trouver la science !

KEMARQUES.

(a) Geloti thcô (2).

(b) Telles étaient les expressions d’une loi d’Athènes ] cette loi se retrouve dans le Code hébreu , en Eg\ pie et aux Indes. Bouphnnia. Diipolia. Diasia (3).

AUTORITÉS

(1) Aristophane. — (2 )Apitl. I. 3. Metam. Gyrald. Synt. 1. Pans. Plut. — (5) Ælian. car. hist. I. v, c. XV. Varr. de re rust. I. il , c. v. Lois d' Athènes , par Samuel Petit.

» Car, il est aisé d’expliquer cet usage par la vénération que l’on dut avoir pour le signe céleste (a) qui ouvrait l’année ; mais j’aime mieux rapporter cette fête aux premières lois rurales et politiques. Le législateur ou le philosophe ( b ) qui interdit de verser le sang des animaux, et de se nourrir de leur chair, se proposa , sans doute , par ce régime diététique , d’obtenir une génération exempte des passions violentes et cruelles. Un homme du peuple qui les écoutait , leur dit : Yous ignorez l’origine de cet usage (c).

» Un bœuf, pendant une Dipolie (</), dévora le gâteau sacré posé sur l’autel. On n’offrait alors aux dieux que les fruits de la terre. Le prêtre frappa le bœuf de la hache , et s’enfuit. La hache fut traduit en jugement. De là vint l’usage de traîner au tribunal du Pry-

REMARQUES

(«) Le signe équinoxial du printemps , le taureau.

( b ) Législation de l’Inde.

(c) Charmans conteurs , avides de romans comme les Arabes du désert, les Grecs ont toujours une fable prête , et vous retrouvez ces mœurs, cette disposition de l’esprit , chez les Grecs modernes.

(d) Fête de Jupiter, protecteur des villes.

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