‹ Fétichisme, polythéisme, monothéisme parChapitre 16 sur 37 · I. Lesnentret · texte numérisé non relu

I. Lesnentret

S. Ne pas se mcUre deux contre un.

0ANS L'IND6. m

« Et dans le cas où 11 aurait accqm|di québioes bonnes œuvres sur cette terre, c'est celui qui Ta vaincu et tué qui hérite de ces bonnes actions.

« GharsoiSy dheratix» élépbsnts, jmnsoh, riebes tapis, provisions de riz et menus grains, troupeaux, métaux et objets de toutes natures, femmes etprisonniers, appartiennent de droit au vainquetrr qui 6*en est emparé.

€ Lorsque le roi a prélevé la part la plus précieuse qui lui est attribuée par le veda, le reste doit être indistinetemeiit dîtrtnboé efitre toqs ses soldatsu

€ Telle est la loi établie parla coutume.«trâbn^ ture sacrée, touchant la conduite de la caste royale et guerrière. Que le kchatria s'y soumette chaque loi» qull est obKgé de repousser ses ennemis pa^ la guerre.

€ En conservant tout ce qui est conquête, et qu'il ne pèssédttt pas «vaftt,. que te roi ^oaplQie les.re-

venus qu'il en perçoit à soulager les misères de ses peuples et en fasse des libéralités à tous ceux qui en sont dignes.

ir

« L'observation de tous ces préceptes procure à un roi une félicité égale à ses désirs sur la terre et dans le ciel» qu'il y conforme donc sa conduite.

ir

€ Le roi doit avoir une armée toujours prête et bien exercée, qu'il la tienne constamment en haleine» bien qu'il n'ait nuls desseins secrets et n'ait pas à épier le côté faible d'un ennemi.

« Car le roi qui possède une armée bien exercée, prête à tout» est respecté du monde entier ; qu'il impose donc la crainte à ses voisins, par sa force militaire.

« Mais qu'il n'ait jamais recours à la perfidie et se tienne toujours en garde contre la perfidie de ses ennemis.

€ Qu'il emploie tous ses soins à dérober à son

ennemi la connaissance de son côté faible et à connaître le sien. Gomme la tortue, qu'il répare constamment toutes les pertes qu'il peut faire.

€ Semblable au héron, qu'il refléchisse sans cesse sur les avantages qu'il doit obtenir; il doit déployer dans l'attaque la valeur du lion , l'impétuosité du loup, et opérer sa retraite avec la prudence du lièvre.

« Lorsqu'il voit une foule d'ennemis prêts à lui tomber dessus à Timproviste, qu'il gagne du temps par des négociations, répande habilement des présents, et quand il a semé la division chez ses ennemis, qu'il les réduise par les armes les uns après les autres.

« Les sages ont de tout temps pensé que de bons traités d'alliance, qui sont respectés par tous, valent mieux que la guerre pour la prospérité des royaumes.

€ Ainsi qu'un cultivateur débarrasse ses champs des mauvaises herbes, ainsi le roi doit chasser les ennemis de son royaume.

19ë LES TRADITIONS DILUVIENNES

€ En se conduisant ainsi avec sagesse, courage et prévoyance, un roi devient une divinité pour ses sujets; mais celui qui oublie ses devoirs et se conduit injustement avec ses peuples perd le trône pour lui et toute sa descendance.

« Ainsi que le corps et la vie se détruisent par l'épuisement, ainsi l'épuisement d'un royaume détruit la vie du roi.

Deradminisiratimi^t^m.

« Pour attirer la prospérité sur ses États, le roi devra toujours se conformer aux prescriptions suivantes : le royaume bien gouverné £ût la gloire de 9(mpriiiûe«

« Qu'il installe dans les villages, selon leur importance, des gardes commandés par des chefs d'une bonne réputation et dont tout Templot aéra

de veiller à la sûreté de tous

BIA2IS L'IKDK. ^^

« Qu'il centralise bien son administration en établissant un chef par grâma (commune] , qu'il réunisse dix communes sons rautorité d^im seul, et donne ensuite un seul chef à cent commîmes^ et hn autre à mille communes.

« L& chef d'une commune doit en référer pour tout au chef de dix commonea, qui en référera lui* même au chef de cent communes, qui s'adressera ensuite au chef suprême de mille communes qui Qonstitaent lu pravince*

« Le chef d'une commune percevra pour soa sa^ laire, au nom du roi, une ration de riz, de boisson et de bois déterminés sur la consommation de dix persKumeft.

4c Le chef de dix communes prélèrera le produit de ce qui peut être labouré en nn jour par deux charrues doubles attelées chacune de six bœufs.

« Le ebef de cCTt communes prélëTera pour hii

le produit des prestations et de Timpât d'une commune.

if

« Le chef de mille communes recevra pour ses émoluments le produit de Timpdt d'une poura (ville).

« Toutes les affaires de mille communes, c'est-àdire d'une seule province, doivent être soumises à un ministre du roi intègre, et habile.

« Dans toutes les nagara-poura (grandes villes], le roi devra entretenir un mandataire spécial d'une grande naissance, qui le représentera avec luxe et sera comme une planète au milieu des étoiles.

« Ce surintendant aura la mission spéciale de surveiller les autres fonctionnaires [de la province, et le roi doit par des émissaires , être constamment au courant de la conduite des délégués qu'il met ainsi à la tête de chaque province.

* it

« Car, presque toujours, les hommes que le roi

charge des affaires du royaume, sont des fourbes qui le trompent et qui pillent les deniers publics ; le roi doit défendre le peuple contre cette espèce de gens.

« Que les gens en place qui extorquent de l'argent à leurs administrés soient privés de tous leurs biens par le roi et chassés du royaume.

Du salaire des serviteurs du roi,

« Le roi doit allouer à tous les serviteurs des deux sexes attachés à son service, un salaire journalier proportionné à leur caste et à leur emploi.

a Le plus infime des serviteurs doit recevoir chaque jour un pana de cuivre (quatre-vingts cauris,un peu moins d'un sol), deux fois par an un vêtement complet, et chaque mois un drona de riz (quarante-huit livres). Le premier des serviteurs doit recevoir six panas et ce qui s'y rapporte (six vêtements deux fois Tan, six drona de riz tous les mois).

De rimpôl.

« Après s'être bien renseigné sur le prix des marchandises dans le lieu de production et dans le lieu de fwetUê^ considérant les dépenses qu'elles occasionnent • les précautions qu'elles nécessitent pour les apporter, le roi doit fixer l'impôt des oommo^çants (vaysias) .

« Qu'il réfléchisse bien et s'applique à établir toujours cet impôt sur de justes bases qui permettent aux marchands, en satisfaisant le trésor du roi, de retirer une rémunération suffisante de leurs peines.

« Ainsi que la sangsue, les jeunes animaux qui tètent, et les abeilles qui ne {«Bnnent qpie peu de nourriture à la fois, que le roi s'applique à ne prélever l'impôt annuel que peu à peu et par petites fractions*

« Le roi peut prélever annuellement la cinquaiH tième partie sur les troupeaux, l'or, l'argent et les

DANS L*IffDB. ^03

matières précieuses qui sont dans le commerce et suivant la richesse du sol, le sixième, le huitième ou le douzième des produits de Tagricalture.

« Il a droit au sixième du bénéfice fait chaque année sur les bois de construction, sur la viande, le miel, le beurre clarifié, les parfums, les plantes médicinales, les sucs végétaux, les fleurs, les racines, les fruits.

« Sur les feuilles à écrire, les plantes alimentaires, l*herbe des bestiaux, les ouvrages en sandal, les peaux, les vases de terre et tout ouvrage de granit, de marbre ou de pierre.

« L'impôt ne dort jamais être perçu d'un brahme, quand même le roi serait dans l'infortune, que ce dernier veille au contraire à ce que les brahmes n'aient jamais à supporter la faim.

« Si dans un royaume un brahme venait à souffrir de la faim, ce pays serait bientôt dévasté par la famine.

« Mais si ce brahme est savant dans la sainte Écriture, que le roi se dépouille lui-môme pour lui donner ce dont il a besoin, qu'il le traite comme son fils etlui donne la situation la plus honorable dont il puisse disposer.

« I^es sacrifices que les brahmes, protégés par le roi accomplissent chaque jour, prolongent son existence et contribuent à la prospérité de l'État.

« Que les hommes de la dernière caste et ceux qui n'ont qu'un très-minime commerce pour exister, ne soient soumis que très-modérément à l'impôt.

« Les bas artisans et les soudras, qui gagnent à peine de quoi vivre, doivent donner comme impôt nn jour de travail par mois seulement.

« Qu'il ne tarisse pas la source de ses richesses, par une trop grande âpreté, car il tarirait en même temps celle de son peuple, et le royaume tomberait en décadence.

De f esprit qui doit anitner le roi.

a Que le roi soit sévère ou plein de mansuétude , suivant les cas et les gens» mais qu'il le soit toujours à propos, s'il veut être estimé de tout le monde.

« S'il ne peut suffire [à examiner par lui-même toutes les affaires importantes, qu'il se repose de ce soin sur un premier ministre choisi parmi les plus élevés, les plus honnêtes et les plus instruits dans les lois.

if

« Sa principale occupation doit être la protection de ses peuples, et il l'accomplira en remplissant tous ses devoirs suivant les prescriptions de la loi.

« Si un souvei^ain permet que ses sujets soient enlevés par des brigands au cœur même de son royaume, ni lui ni ses ministres ne sont dignes de leur mission. Ce sont des fantômes de rois et de ministres.

« Le roi n'a reçu tous les avantages dont il jouit,

toute la puissance qu'il possède, que pour défendre ses peuples ; c'est là son devoir et il doit le remplir.

« . Qu'il 86 lève un peu avant le jour, fasse ses ab* lutions et Toffrande au feu , puis, saluant les vertueux brahmes qui Tassistent, qu'il entre dans la salle de justice préparée pour le recevoir.

« Là : qu'il écoute tous ceux qui se présentent, et qu'il les charme par sa bonté et son équité. Qu'il tienne ensuite conseil avec ses ministres.

« Qu'il se rende avec eux sur un monticule, ou sur une terrasse de son palais» ou dans un bois solitaire et qu'il discute avec ses' conseillers, loin des importuns et des curieux.

« Le roi qui sait cacher ses desseins, n'a rien à craindre de la coalition des autres princes, il étend peu à peu son pouvoir sur le monde entier, bien que d*abord il fût le moins puissaut de tous.

« Les hommes peu sains d'esprit, les muets, les

aveugles, les sourds, ceux qui bavardent comme certains oiseaux, les gens trop âgés, les malades et les estropiés, les étrangers et les femmes ne doivent admis dans le conseil.

c Quand les affaires, de l'État lui laissent quelques heures de repos, qu'il s'entretienne avec les brahmes, ou refléchisse seul sur la vertu, la richesse, le plaisir.

€ Sar le moyen d'acquérir ces choses si opposées aans blesser ia jnstice, sar l'édacation de sen fils et le mariage de ses filles.

« Sur le cas où il doit envoyer des ambassadeurs^ sur les entreprises qu'il projette, sur la fidélité de ses^ mandataires (chargés de surveiller les chefs de province, sur les moyens de faire régner la paix entre tous dans Tintérienr de son palais.

« Qu'il médite sur les huit choses importantes dont

doivent s'occuper les rois*, sur les cinq espèces d'espions qu'il doit employer > et sur les dispositions réelles des rois voisins à son égard,

« Sur la situation des rois étrangers qui, n'ayant que des royaumes peu importants, désirent les augmenter, sur les préparatifs du prince qu'on sait amoureux de conquêtes, sur la situation des neutres, mais surtout sur celle de son allié et de son ennemi.

<i Le roi doit toujours tenir pour ses ennemis tous les princes dont les royauâies bornent le sien, ainsi que leurs alliés, et il aura pour amis et alliés tous ceux qui sont les voisins immédiats de ses ennemis'. Sera neutre le prince qui ne se trouve dans aucune de ces deux situations.

« Qu'il s'arrange de façon à exercer une grande influence sur tous ces princes, soit par une conduite

i. Les huit choses Importantes dont parle Manoa toacbent anx revenut, aux dépentei, miuloiu des turiniendanis et des èmiuaires, défenses^ dèlihèration$, affairu judiciairei, tenteneet, peina,

S. Ces cinq espions à employer sont : les jeunes gens hardis, les ermites qui uni été chassés de la caste, ùs cultivateurs sans ressources, les marchands ruinés et les faux pénitents.

DANS I/INDE. a09

habile en employant les trois moyens, soit par la force des armes.

« Qu'il soit toujours prêt à employer une des six ressources prescrites.

« Ayant bien pesé toutes les chances de la situation , qu'il se conserve toujours la faculté d'attendre l'ennemi ou de l'attaquer, de faire la paix ou la guerre, de réunir des forces ou de les diviser, de combattre seul ou d'avoir des alliés.

a Que lo roi sache bien qu'il y a deux espèces d'alliances et de guerres, deux modes de camper ou de marcher et de se mettre sous la protection d'un puissant souverain.

« Il y a deux sortes d'alliances : l'une qui a pour but de procurer des avantages définis avec des gages donnés d'avance, Vautre qui repose sur des avantages à conquérir. Il y a encore celle où les deux princes agissent de concert, et celle où ils opèrent individuellement.

no LES TRADITIONS DILUVIENNES

« La gaerre est de deux espèces, on la fait pour soi, ou pour venger une injure fait à un allié, mais dans un cas comme dans l'autre, la seule préoccupation est de vaincre l'ennemi.

« L'attaque et la marche effective seront également de deux sortes, selon que le roi marche seul ou avec ses alliés.

« Le campement a lieu dans deux circonstances, lorsqu'ou a subi de graves pertes résultant de fausses combinaisons, ou lorsque, étant assez fort, on veut laisser à son allié le mérite de vaincre et les dépouil* les de l'ennemi.

« Pour assurer son attaque ou sa défense, le roi doit diviser son armée en deux corps, se soutenant l'un l'autre, le système de la division des forces, tout en conservant la possibilité de les réunir facilement, a été proclamé ce qu'il y a de mieux par les savants dans l'art dos six combinaisons.

DANS L'INDE. fil

« Le roi doit se mettre sous la protection d'un roi puissant dans deux cas, lorsqu'il est accablé par le nombre, ou lorsqu'il suppose d'avance que plusieurs ennemis se réunissent secrètement pour l'attaquer.

« Si le roi, attaqué à l'iraproviste par ses ennemis, est certain d'être le plusfprt dès que ses préparatifs seront terminés, bien que cela doive d'abord lui causer quelques pertes, qu'il entame immédiatement des négociations pour gagaer du temps.

« Mais si son armée est réunie et dans la situation la plus florissante, s'il est sûr de sa puissance, qu'il poursuive la guerre.

« 11 ne doit accepter de protection d'un autre souverain juste et puissant, que quand, attaqué de tous côtés par les forces ennemies, il n'a ni le temps de négocier, ni la force de résister.

« Si cette protection devait cependant lui coûter

212 LES TlUDITIONS DILUVIENNES

trop cher et le soumettre à son protecteur, comme un novice à son gourou, qu'il ne craigne pas, malgré sa faiblesse, de faire plutôt une défense désespérée.

« Un prince instruit autant qu'habile doit employer ses talents à ne permettre qu'aucun prince, parmi ses alliés, les neutres ou les ennemis ne lui soit supérieur.

« Qu il pèse avec prudence les avantages et les désavantages de tout ce qu'il veut entreprendre, qu'il considère surtout l'issue probable des choses et la compare à l'état présent.

« Le roi qui voit toujours dans l'avenir, l'utilité et les désavantages d'un projet, qui sait se décider proraptement pour ou contre, et comprend l'importance de chaque événement, n'est jamais surpris par l'ennemi.

« Être toujours prêt, afin de ne laisser prendre aucun avantage sur soi, ni par ses alliés ni par les

DANS L'INDK. 213

neutres, ni par les ennemis, voilà toute l'habileté d'un roi à [la guerre.

« Dès que le roi a déclaré la guerre et qu'il s'est mis en campagne, c'est vers la capitale de son ennemi que doivent tendre tous ses efforts.

« U doit, s'il se peut, commencer aucune expédition dans d'autres mois queceuxdeMargasîrcha, de Phâouna et de Tchaitra. suivant le genre des troupes qu'il conduit avec lui.

« Cependant, si, dans la saison défavorable, il se voit près d'être surpris ou qu'il soit sûr de vaincre, il peut commencer la campagne.

« Après avoir bien préparé son entreprise, ses munitions, ses approvisionnements, lancé une nuée d'espions en pays ennemi, et tout arrangé pour la sûreté de son royaume.

« Qu'il ait des pionniers pour ouvrir trois espèces

ta LES TRADITIONS DILUVIENNES

difféi^entes de chemins dans les plaines, les bois et les marécages et qu'il divise son armée en six corps, suivant les lois de l'art militaire, et, ceci fait, il peut s'avancer vers la capitale ennemie.

« Qu'il se méfie de ces princes amis communs des deux parties et qui, sans se mêler à la lutte, donnent des conseils des deux côtés. Qu'il se méfie également des gens qui, au moment de la guerre, reviennent à sort service après l'avoir abandonné.

« Les troupes en marche doivent être disposées en colonnes, en carré, en losange avec le centre considérable et les extrémités plus faibles, en triangle, et toujours de façon à être prêtes à combattre à la moindre apparence de danger.

« Que le roi se place toujours au centre d'une compagnie de ses gardes, rangée en bataille comme Une fleur de lotus.

« Partout où il suppose qu'il pourra être attaqué, il doit placer Uh commandant et un général épl^ouvé.

Lui-même se portera de ce côté, dès le début de l'attaque.

« Dans tous les endroits oonvenableSi doivent se trouver des postes isolés de soldats dévoués et fidèles, incapables de désertion, pour observer l'ennemi, le harceler et l'attaquer au besoin.

« Qu'il divise son armée en compagnies de soldats peu nombreux, plus faciles h commander que des forces considérables, et après les avoir rangés selon les nécessités du moment et la situation du terrain, qu'il engage le combat.

« Dans les plaines, la lutte doit commencer par les chars et les chevaux. Dans les lieux marécageux et abondants en cours d'eau, avec des éléphants et des bateaux pleins de soldats armés.

€ Dans les jungles couvertes d'arbres et d'herbes, avec des archers; dans un lieu découvert, avec des fantassins armés de sabres et de boucliers.

216 LES TRADITIONS I>ILUVIKNNKS

« Qu'au premier rang soient placés des gens de Courou-Kchetra, de Matsya, de Pantchala et de Soûrasena, car là sont nés les hommes courageux ; que l'on place ensuite tous les autres soldats d'après leur taille et leur adresse.

« Avant le combat et quand tout est disposé pour l'attaque, que le roi examine avec soin tous les préparatifs, qu'il parle alors à ses soldats et les

encourage.

« Qu'il ne perde de vue aucun des corps de son armée quand elle est aux mains avec l'ennemi, qu'il observe comment tous se comportent et qu'il fasse secourir ceux qui faiblissent.

« Si l'ennemi .s'est réfugié dans une place forte, il doit l'entourer, ravager toute la campagne, détruire les provisions, tarir les sources, couper l'herbe et affamer son adversaire.

;>ANS LINDK. tl7

«Qu'il détruise tout, comble les fossés, mine les remparts et harcèle continuellement l'ennemi, et chaque nuit fasse de fréquentes attaques.

« Qu'il dispose habilement en sa faveur tous ceux qui peuvent lui être utiles, qu'il soit au courant de tout ce qui se passe dans la ville, et dès que l'occasion lui paraîtra propice, qu'il donne l'assaut sans crainte.

« Cependant, il n'est jamais certain d'avance que la victoire appartiendra à telle ou telle armée, le roi peut donc faire tout ce qu'il jugera à propos pour éviter la bataille.

« Il peut tenter de triompher par des négociations, des présents, ou en fomentant des dissensions dans les rangs ennemis.

« Mais quand aucun de ces moyens n'a pu réussir.

qu'il s'en remette courageusement au sort des armes, et une fois décidé qu'il ne recule plus.

« En pays conquis, que le roi respecte les divinités qui y sont adorées ainsi que leurs prôtres» qu'il fasse des largesses aux peuples et répande partout des proclamations pacifiques.

« Après avoir soumis et pacifié toute la contrée, qu'il mette à la tôte un prince de race royale et fasjo la paix avec lui en lui imposant ses conditions.

« Qu'il respecte les lois du pays et les fasse respecter par les autres telles qu'elles ont été établies par la coutume immémoriale.

« Qu'il fasse habilement quelques présents aux courtisans du prince tombé, pour les rallier au prince qu'il vient de placer sur le trône, des présents habilement donnés concilient l'amitié de cette race de gens.

« Tout en ce monde dépend du destin fatal. Le

destiu se règle par les mérites successifs, acquis par rhomme dans ses existences précédentes, et comme les secrets de cette destinée ne sont pas connus, rhomme ne peut agir sur l'homme que par des moyens humains.

« Cependant le vainqueur pejjt, s'il le veut, faire un traité de paix avec son propre adversaire et s*en faire ainsi un allié, préférant un ami pour l'avenir, à Torct il une augmentation de tcrriloirc.

« Mais qu'il scrute bien les dispositions du prince vaincu, qu'il voie s'il ne serait pas capable de profiter de sa générosité pour recommencer ses préparatifs, s'adresser à de puissants alliés et envahir à sou tour son royaume, et qu'il voie alors s'il doit tirer profit de son expédition ou faire un traité d'alliance avec son adversaire.

« 11 est des cas où en augmentant son territoire et ses richesses, un roi devient moins puissant qu'en se ménageant un fidèle allié qui, malgré sa faiblesse, peut à un noment donné être d'un puissant secours. .

S90 LES TRADlTlOiNS DILUVIUNNES

« Un faible allié, mais loyal, honnôie, aimé de Fes sujets, dévoué, courageux, est toujours digno d'estime.

« De tous temps, un prince courageux, exécuteur fidèle des devoirs prescrits, plein de science, qui n'oublie pas les services rendus, aussi ferme que juste, aussi compatissant que sévère, a été regardé par les sages comme invincible.

« Connaître les hommes, pratiquer largement l'aumône, être affable, brave et habile, sont les qualités que doit posséder un prince dans la paix comme dans la guerre.

« LorsqujB le roi est en danger, il ne doit pas craindre pour se sauver de reculer habilement devant l'ennemi, dût-il abandonner uue contrée riche garnie de bestiaux et de maisons.

« Qu'il n'abandonne pas ses trésors qui peuvent

DANS L'INDE. 22i

lui être d'un grand secours dans la retraite, mais qu'il sacrifie toutes ses richesses pour sauver son épouse, et son épouse pour sauver son royaume.

« Qu'il n'ait recours à cette terrible extrémité de la retraite devant l'ennemi que quand il a épuisé tous les autres moyens de défense.

De la vie intérieure du roi.

« Après avoir traité des affaires publiques avec ses ministres selon les règles prescrites et s'être livré à l'exercice des armes, qu'il accomplisse ses ablutions de midi, et rentre dans son palais pour s'y reposer.

« Qu'il prenne d'abord son repas préparé et servi par des serviteurs de sa caste, et dont le dévouement a été mis à l'épreuve pendant un long temps. Que les mets soient consacrés par des mentras (prières), et éprouvés contre le poison.

« Que dans tous ses aliments soient répan-

«ît LES TRADITIONS DILUVIENNES

du3 de puissants antidotes, et qu'il porte sur lui les pierres consacrées qui font avorter le poison et préservent du mauvais œil.

« Que des femmes convenablement ornées 4^ riches parures et de superbes vêtements» viennent ensuite réventer, arroser son corps d'eau fraîche, et oindre ses cheveux de parfums.

« Que ces femmes soient visitées pour que Ton s'assure qu'elles ne cachent pas des armes , que Ton fasse ainsi pour la voiture, le lit, les tapis et les ornements destinés au service du roi.

« Après son repas, qu'il se livre à la joie pendant un certain temps, en compagnie de ses femmes, dans les chambres intérieures de son palais, puis qu'il s'occupe de nouveau des choses de l'État.

« Ayant revêtu son costume de guerre et rassemblé ses soldats, qu'il les passe en revue avec les éléphants, les chevaux, les cliars garnis de faux, les

DANS L'INDE 2t3

armes, les munitions et les approvisionnements. Que tout soit en état comme à la veille d'une bataille.

a Après avoir accompli ses ablutions du soir et assisté aux sacrifices religieux, qu'il prenne ses armes et se rende dans la chambre secrète du palais, où il continuera de recevoir les rapports de ses émissaires secrets.

« Après les avoir renvoyés, qu'il rentre dans son palais et prenne son repas du soir, entouré et servi par ses femmes.

« Après s'être récréé, en écoutant des récits merveilleux et les sons des instruments de musique, qu'il prenne, avant d'aller se reposer, quelques gâteaux de riz et de miel, des fruits, de l'eau pure et aille ensuite se reposer après avoir fait l'invocation prescrite.

« Telles sont les règles prescrites pour la conduite d'un roi, qui veut vivre heureux, se maintenir en bonne santé et faire le bonheur de ses sujets.

« Quand il est malade, qu'il charge exclusivement ses ministres du soin des affaires de l'État.

Avant de nous arrêter sur ces institutions d'autant plus curieuses pour nous, qu'elles se perdent dans la nuit des âges préhistoriques ^ , nous allons donner la traduction du Livre de la Famille de Manou, qui contient les règles de conduite des quatre castes dans leur vie sociale, ainsi que les prescriptions faites aux rois de protéger la société contre ceux de ses membres qui ne respectent pas les lois.

Après avoir dressé ainsi un tableau complet de l'état social de l'Inde aux temps des dix dynasties antédiluviennes, nous pourrons voir qu'il n'est pas une coutume, pas un usage, pas une prescription légale de l'Orient et de l'extrême Orient, qui n'aient leur source, leur origine même dans le vieux législateur de rindoustan.

Nous prions nos lecteurs d'excuser ces répétitions

1. Eu égard à dos civilisations d'Occident, car, pour les savants pondits deTlndo, l'histoire de ces temps reculée existe... Poiirrons-noiis jnmais la démêler de la It'gonde? la rsi la quf Ftion.

DANS L4NDE. 225

de la même idée qu'ils rencoairent à chaque pas dans tous nos ouvrages.

C'est que nous ne poursuivons qu'un seul but, prouver que le berceau de ions les peuples de la race blanche est réellement dans l'Inde et que les variations postérieures de types et de langages, ne peuvent rien contre cet axiome ethnographique, qui seul donnera les moyens de refaire sur des bases scientifiques l'histoire de l'humanité...

C'est que nous vouloas détruire toutes ces inventions systématiques, qui créent des civilisations spéciales indépendantes à droite et à gauche suivant les besoins des savants qui veulent se singulariser par des théories originales.

C'est que nous croyons à l'unité de l'intellect humain, et à une loi naturelle et fatale d'évolution qui fait que tous les hommes partent du même point pour arriver au même but par les mêmes moyens.

Nous serons bien près d'avoir accompli notre tâche, lorsque nous aurons prouvé, à l'aide de documents authentiques (et nous n'en connaissons pas de plus authentiques que Manou), qu'il n'y a pas une conception humanitaire qui ne se retrouve dans rinde ancienne, et, comme on ne peut pas faire initier cette contrée par toutes les différentes civilisations qui, postérieurement, se sont épanouies sur le globe, on sera bien obligé de voir la contrée initiais

n6 LES TRADITIONS DILUVIENNES

trice dans oelle qui possède de toute antiquité toutes les coutumes, toutes les croyances ciyiles et religieuses de tous les peuples.

LE LIVRE DE LA FAMILLE Ef DE LA CASTE DE MANOU.

Jkmn d0 f homme 0I de /a femme mariée.

« Je vais vous faire connaître quels sont les devoirs que doivent accomplir, soit comme époux, soit comme individus» Thomme et la femme qui veulent vivre daos la pratique du bien et acquérir une remtissMce heureusQ,

« La femme a constamment besoin de protecteurs, les plaisirs ont trop d'attrait pour elle, il faut qu'elle soit soumise & une autorité qui la surveille.

« La femme ne peut être laissée à ses caprices ; dans son enfance, elle a pour protecteur son père ; dans sa jeunesseï son mari ; et, après la mort de œ dernier, ses fils.

f lie père qui ne marie pas sa fille à Tépoque de Ifi puberté commet un crimei 1b mari qui ne s'ap-

proche pas de sa femme dans la saison favorable renaîtra eunuque (perpika), le fils qui ne protège pas sa mère est maudit par les dieux.

« Il faut s'appliquer â préserver les femmes de la moindre souillure, car leur conduite peut entraîner le déshonneur des deux familles auxquelles elles appartiennent*.

« Ceci est une règle qui s'applique à toutes les castes, le mari doit sans faiblesse veiller sans cesse sur la conduite de sa femme.

« En maintenant sa femme dans la voie du bien, le mari, en accomplissant son devoir, conserve la renommée de sa famille et la pureté de sa descendance.

« Le mari doit savoir qu'en fécondant le sein de sa femme, c'est lui-même qui se réincarne dans le germe, et c'est parce que son époux renaît par ell^

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