TRADITION DILUVIENNE DE XISOUTHROUS
D'après Bérose.
« Xisouthrous, fut le dixième roi, sous lui arrira le déluge. Kronos lui ayant apparu en songe, l'avertit que le quinze du mois Dœsius, les hommes périraient par un déluge ; en conséquence il lui ordonna de prendre les écrits qui traitaient du commencement, du milieu et de la fin de toutes choses, de les enfouir en terre dans la ville du Soleil appelée Sisparis, de se
construire un navire, d*y embarquer ses parents, ses amis et de s'abandonner à la mer. Xisouthrous obéit : il prépare toutes les provisions, rassemble les animaux quadrupèdes et volatiles, puis il demande où il doit naviguer. Vers les dieut dit Kronos, et il souhaite aux hommes toutes sortes de bénédictions. Xisouthrous fabriqua donc un navire long de cinq stades et large de deux, il y fit entrer sa femme, ses enfants, ses amis, et tout ce qu'il avait préparé. Le déluge vint, et bientôt ayant cessé, Xisouthrous lâcha quelques oiseaux qui, faute de trouver ofi se reposer, revinrent au vaisseau ; quelques jours après, il les envoya encore à la découverte ; cette fois les oiseaux revinrent ayant de la boue aux pieds ; lâchés une troisième fois, ils ne revinrent plus. Xisouthrous concevant que la terre se dégageait, fit une ouverture à son vaisseau ; et comme il se vit près d'une montagne, il y descendit avec sa femme, sa fille et le pilote ; il adora la terre et éleva un autel, fit un sacrifice, puis il disparut et ne fut plus vu sur la terre avec les trois personnes sorties avec lui... Ceux qui étaient restés dans le vaisseau ne les voyant pas revenir, les appelèrent à grands cris; une voix leur répondit en leur recommandant la piété, et en ajoutant qu'ils devaient retourner à Babylone selon Tordre du destin, retirer les lettres enfouies à Sisparis pour les communiquer aux hommes, que du
reste le lieu où ils se trouvaient était T Arménie. Ayant ouï ces paroles, ils s'assemblèrent de toutes parts et se rendirent à Babylone : les débris de leur vaisseau poussé en Arménie sont restés jusqu'à ce jour sur les monts Eorkoura : et les dévots en prennent de petits morceaux pour leur servir de talismans contre les maléfices. Les lettres ayant été retirées de terre à Sisparis, les hommes bâtirent des villes, élevèrent des temples et réparèrent Babylone elle-même. »
Il est inutile de faire remarquer combien cette légende est moderne. Babylone existait déjà, puisque les hommes sauvés du déluge réparent cette ville. Les Ghaldéo-Babyloniens ne connurent certainement pas le cataclysme et se bornèrent à faire entrer le récit de cette tradition dans leurs livres sacrés. Ainsi firent plus tard les Hébreux après leur fuite d'Egypte.
DANS L'INDE. 3à3