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CHAPITRE Vil

LE DÉLUGE CHÀLDÉEN DE l'ÉPOPÉE d'iZDOUBAR.

L'épopée d'Izdoubar, qui vient d'être retrouvée sur les briques cuites du palais d'Assour-Bani-Pal par réminent assyriologue anglais G. Smith, contient, à titre d'épisode, un récit du déluge qu'il est intéressant de rapprocher de celui de Bérose.

Nous empruntons les extraits abrégés de cette traduction à M. Lenormant, un des assyriologues qui honorent le plus et la science et la France.

Izdoubar, après avoir accompli des exploits sans nombre, prend peur de la mort, et il se rend sur les bords de TEuphrate, à la recherche de Xisouthrous, pour recevoir de lui le secret qui donne l'immortalité.

Xisouthrous, en conversant avec le héros sur les faveurs dont lés dieux l'ont comblé, raconte l'histoire du déluge :

35i LES TRADITIONS DILUVIENNES

« Anou.... Bel... Adar...!

Seigneurs du pays immuable, révélèrent leur volonté au milieu de la nuit.

Je fus entendant Nouah et il me parla ainsi :

Homme de Sourippak fils d'Aoubaratatou, fais un grand vaisseau pour toi.

Je détruirai les pécheurs et la vie...

Fais entrer la semence de vie de la totalité des êtres pour les conserver.

Le vaisseau que tu fabriqueras...* coudées, seront la mesure de sa longueur.

Coudées.... seront la mesure de sa large«»ret de sa hauteur.

Lance-le sur Tabîme.

Je compris et je dis à Nouah mon Seigneur :

— Nouah mon S'iigneur ce que tu m'as commandé je l'accomplirai : cela sera fait ' armée et troupes. »

— Le poëme donne alors un récit détaillé» de la construction du navire, et des saeùfices c^tts avant l'embarquement.

Xisouthrous poursuit:

« Tout ce que je possédais je le réunis; tout ce que je possédais d'argent, je le réunis ; tout ce que

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DANS L'IirOB. 3M

je possédais d'or, je le réunis; tout ce que je possédais de la semence de la vie, je le réunis.

Le tout je le fis entrer daits le vaisseau, tous mes serviteurs mâles et femelles» les animaux domestiques des champs ;

Le» animaux sauvages et les jeunes hommes de... eux tous je les ûa entrer.

Somas fit une inondation, et il parla disao^t dans l'armée, la nuit :

Je ferai pleuvoir du ciel abondamment, entre au milieu du vaisseau, et ferme la porte.

La fureur d'une tempête au matin s'éleva de l'horizon du ciel, s'étendant et large.

Bin au milieu du ciel tonna.

Les esprits portèrent la destruction dans leur gloire, ils balayèrent la terre.

L'inondation de Bin atteignit jusqu'au ciel, la terre brillante fut changée en un désert.

L'inondation balaya la surface de la terre comme .... elle détruisit toute vie de la face de la terre. La forte tempête sur le peuple atteignit jusqu'au

ciel.

Le frère ne vit plus son frère.

Elle n'épargna pas le peuple.

Dans le ciel les dieux craignirent la tempête- et chBTchèrent un refuge.

Ils montèrent j usqu'au del d' Anau*

Les dieux se blottirent comme des chiens cachant leurs queues.

Istar prononça un discours, la plus grande des déesses parla sa parole»

— Le monde a tourné au péché, et alors, en présence des dieux, j'ai prophétisé le malheur.

Les dieux ainsi que les esprits pleuraient avec elle.

Les dieux sur leurs sièges étaient assis en lamen* tations ; leurs lèvres étaient closes à cause du mal qui venait.

Six jours et six nuits passèrent : le tonnerre, la tempête et l'ouragan dominaient.

Dans le cours du septième jour Touragan se calma et toute la tempête qui avait détruit comme un tremblement de terre s'apaisa.

La mer se dessécha, le yent et la tempête prirent fin.

Je fus porté à travers la mer.

Celui qui avait fait le mal, et toute la race humaine qui avait tourné au péché, comme des/oseaux leurs corps flottaient.

J'ouvris la fenêtre, et la lumière entra sur mon refuge...

Au pays de Nizir alla le vaisseau...

Dans le cours du septième jour, je lâchai dehors une colombe, et elle partit.

La colombe partit et chercha, de place et de repos elle ne trouva point, et elle revint.

Je lâchai alors une hirondelle, et elle partit.

L'hirondelle partit et chercha, de place et de repos elle ne trouva point, et elle revint.

Je lâchai alors un corbeau, et il partit.

Le corbeau partit, et il vit les cadavres sur les' eaux et il les mangea.

Il vola et erra au loin, et il ne revint pas.

Je lâchai dehors les animaux aux quatre vents.

Je versai une libation, je bâtis un autel sur le pic de la montagne...

Les dieux, comme des bancs de poisson, se réunirent au-dessus du sacrifice. »

— C'est alors qu'apparaît l'arc-en-ciel, queXisouthrous appelle la gloire des dieux pareille à une gemme brillante. —

Le héros Ghaldéen continue.

« En ces jours, je priai pour que toujours jen'eusse pas à souffrir I

Que les dieux viennent â mon autel.

Que Bel ne vienne pas â mon autel, car il n'a pas eu de considération, et il a fait un orage» et il a voué mon peuple â l'abîme*. •

De loio^ en même temps, Bel, dans sa ooorse, vit le vaisseau.

Et Bel alla plein de colère vers les dieux et les esprits .

Que pas un ne sorte vivant, que pas un ne sorte de l'abîme .

Adar ouvrit sa bouche et parla, et dit an guerrier Bel :

Qui alors sera sauvé T

Nouah exprima sa volonté, et Nouah savait toutes^ choses.

Nouah ouvrit sa bouche et parla au guerrieir BeL

Toi, prince des dieux, guerrier, quand tn as été irrité, tu as fait un orage.

Le pécheur a fait son péché, le malfaiteur a fait le mal, que celui qui est élevé ne soit pas brisé, que le captif ne soit pas délivré.

Au lieu que tu fasses désormais une tempête, que les lions s'accroissent, et que les hommes soient réduits.

Au lieu que tu fasses une tempête, que les panthères s'accroissent, et que tes hommes soient réduits.

Au lieu que tu fasses une tempête, que la faminesurvienne et que le pays soit réduit.

Au lieu que tu fasses une tempête, que la pestes'accroisse et que les hommes soient réduits.

DANS L'IffDfi. m

Je ne scrutai pas la sagesse des dieux.

Bel entra au milieu du vaisseau, il prit ma main et me conduisit dehors.

Moi , il me conduisit dehors et fit amener ma femme à mon côté.

Il purifia le pays.

Il établit un pacte.

Il prit en main le peuplai en présence de Xisouthrous et du peuple.

Alors Xisouthrous et le peuple^ pour être sem- UaUes aux dieux, furent emmenés.

Alors Xisouthrous habita dans un lieu écarté à l'embouchure des fleuves... »

.Xisouthrous, apràs avoir terminé son Mstoire, eoseigne à Izdoubar, qui est venu le visiter, les sept sacrifices de purification qui donnent Timmortalité, et le héros Ghaldéea^ ne redoutant plus la mort, poursuit le cours de ses exploits.

Il est indéniable que la fiable de Bérosdiet oelle de l'épopée d'Izdoubar ont la même origine.

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