CONCLUSION
La maternité de l'Inde prourée par les traditions genésiqaes
et diluviennes.
Nous ayons vu, dans la Genèse de rhumanitéf que rinde possédait les légendes génésiques les plus variées, œuvres des différents peuples et des différentes sectes religieuses de cette immense contrée. Selon les présomptions ethnographiques les plus graves, les Brahmes ne sont pas allés collectionner ces traditions chez les autres peuples de l'antiquité plus tard ventis qu'eux à la civilisation, ils les leur ont plutôt transmises par voie d'émigration et de colonisation à l'aide des mêmes moyens qu'emploie aujourd'hui l'Europe pour imposer ses idées, son génie propre, aux deux Amériques et à l'Australie, et à une partie de TOcéanie.
Les grandes lois qui régissent la vie des peuples et la marche des civilisations^ sont aussi fatales que les lois physiques, l'histoire est une science exacte pour qui sait Tétudier, en dehors du fatum^ du destin et de ce doigt de Dieu que chacun fait marcher à sa façon et dans son intérêt, et l'esprit humain a évolué dans le passé, en suivant les mêmes règles qui dirigent son évolution d'aujourd'hui.
A toutes les époques il y a eu de grands centres de civilisation, qui ont tout attiré à eux.
L'Asie, sortie, plutôt que les autres contrées du globe des périodes glacières et diluviennes, plutôt qu'elles asséchées par le soleil des tropiques et de
l'équateur a été la nourrice de l'humanité actuelle ; elle marchait à grands pas dans la voie du progrès alors que nos contrées occidentales étaient encore le pays du renne et de l'Esquimau.
Les glaces se sont retirées, la renne et son sauvage compagnon se sont enfuis vers les pôles.
Une nouvelle race d'hommes naît sur le sol nouveau, les forêts de la Gaule et de la Germanie voient tailler les couteaux de pierre, et polir la hache de silex, c'est alors que l'Europe en enfance reçoit de l'émigration asiatique, avec le bronze, le bœuf, le cheval et la charrue, une impulsion vigoureuse qui la fait sortir de la barbarie primitive et lui enseigne les premières règles de la vie sociale.
Aujourd'hui les ancêtres ont vieilli; comme rhomme qui a élevé sa famille et n'attend plus que le dernier repos l'Asie s'indîne vers la tombe, et l'Europe, safille, reprenant son rôle, projette au loin sur les continents nouveaux ses excès d'énergie et ses enfants devenus trop nombreux pour vivre en* paix sur le sol natal.
Cette loi du passé et da présent sera également celle de l'avenir, et déjà on peut prévoir le moment où la jeune Amérique et l'Australie, regorgeant de populations, regarderont l'Europe, leur aïeule, du mém« œil que nous regardons aujourd'hui notre vieille mère indoue.
L'Inde a été certainement,'en Asie, le grand centre intellectuel des temps que nous regardons comme préhistoriques, et en retrouvant dans cette contrée tous les mythes, légendes, croyances et coutumes fabuleuses qui encombrent le berceau de toutes les nations asiatiques, on ne pourrait nier sa maternité qu'en imaginant l'absurde hypothèse de lui faire adopter graduellement tous les mythes, légendes croyances et coutumes des innombrables peuplades de l'Asie entière.
L'Inde ne s'est point faite elle-même de pièces et de morceaux, rinde a été l'initiatrice et non l'initiée, car elle se présente delà plus haute antiquité comme» un tout indivisible. Semblable à un fleuve immense,
sa civilisation s'est répandu sur le monde, 'par mille bras différents, et quel queque soit celui queTon remonte aujourd'hui, il nous conduit infailliblement aux plaines du Gange.
Nous n'avons pas écrit une ligne qui n'ait pour but la démonstration de cette vérité, et les traditions diluviennes que nous avons enregistrées vont nous donner le moyen d'affirmer une fois de plus nos convictions ethnographiques.
On ne saurait nier que les trois légendes du déluge, de rinde, de Ici Ghaldée et de la Judée n'aient une origine commune. Toutes trois nous présentent le même drame sous un jour identique. Bien plus, Indous, Chaldéens et Hébreux s'ont d'accord pour reconnaître l'existence de dix personnages, rois, ou patriarches qui auraient régné avant le grand cata* cJysme asiatique.
Il n'est pas dénué d'intérêt de rapprocher dans un tableau les noms, de ces héros fabuleux.