‹ Fétichisme, polythéisme, monothéisme parChapitre 33 sur 37 · PERSONNAGES ANTÉDILUVIENS · texte numérisé non relu

PERSONNAGES ANTÉDILUVIENS

Inde

Chaldee

Judée

Marîtchi

Alor

Adam

Atri

Alaspar

Seh

Ângiras

Amelou

Enos

Poulastya

Aménon

Kaïnan

Poulaha

Metalar

Mahialéel

Cratou

Daôn

Jared

Pratchetas

Everodach

Enoc

Vasichta

Âmphis

Mathusala

Narada

Otiartes

Lamech

Brighou

Xisouthrous

Noë

Remarquons que les dix dynasties des Pradjapatis indous» ou seigneurs des créatures, auraient d'après Manou régné 4,320,000 années humaines, ayant le dernier pralaya, ou douze mille années divines, chiffre qui représente la durée de la vie sur la terre entre chaque déluge ou dissolution.

En copiant les traditions de leurs ancêtres, les

émigrants qui colonisèrent la Ghaldée sentirent sans

doute le besoin de diminuer l'importance de ce chiffre fabuleux.

Mais en donnant à leur nouvelle patrie dix rois ou dynasties de rois antédiluviens, ils laissèrent à la tradition transformée un signe ineffaçable de son origine.

Les ancêtres indous faisaient vivre leurs dix dynasties pendant 4,320,000 années.

Les émigrés Ghaldéens ne donnèrent aux leurs qu'une existence de 432,000 ans.

Ce chiffre n'^st, comme on peut le voir, autre chose

••i,- ^ fV •• •• / • DANS L'INDE. ; ,. 369

• X • ?tt^ le chiffre indou divisé par dix. Il^uffit en effet de • à supprimer un zéro au chiffre de Manbu pour aVbirle

chiffra' 432 ,000 des Chaldéens.

Il serait difficile, croyons-nous, .de rencontrer une

• * preuve plus étonnante en favear^-de la filiation in-

dou de la tradition chai Jéennev surtout si Ton réfléchit que le Syijcêlle.ef Alexandre ^olyhistor qui

• -nous'orit consgrvé.tl^pi:ès 'le CRaldéen Bérose ce Vchiffre . . ;•• •. / ;« .• .

'dêW.OeO anS .

« nei3onnaissaient certainement Jpas la tradition bramanique.

• Les deux traditions ont donc été absolument pui-

• sées aux mêmes sources.

'• *.*'<fela est démontré:

\ 4*^ i*ar la parfaite concordance des aventures de •l'ftidQu Vaïwasvata et du ChaldéenXisovithrous. t • jQ Par le même nombre de dynasties antédiluvieiines qui auraient régné dans Tlnde et en Chaldée.- , .* ...

3® Par les. dv^ii chiffres indous et chaldéens de

• • 4,320»00Cy|t 4â2,000 années représentant le temps /queces'4^rna^ties duraient régné. •*

Les -/V^syriologues pourront nous répondre :

Quij^ous proujr^ que ce ne sont pas les Indous au* . contraire qui ont multiplié par dix le chiffre 432,000

des GhaldéeQS?-La réponse à cette prétention se dégage des études, comprises dans la seconde* partie de cet ouvrage.

Ni les Védas ni Manou n'ont connu le déluge, qui leur est postérieur ^e plusieurs milliers d'années.

Hé bien ! sei:aitril possible de soutenir que l'admirable civilisation ;anlédilu^îienlïe des Védas 'et*de *

Mânou aurait ét^ inspirée par*A civilisation chai—, • déenno, en présence dç de f&tt indéniable que lëS documents chaldéens .les plus* authentiques et les plus anciens n'ont d'affinité qu'avec ceux émanés de ♦ la décadence de l'Inde î

La vieille Chaldée ne ressemble en rien à l'Inde-

des Védas et de Manou > et tout au contraire elle parait calquée sur l'Inde sacerdotale, qui avait plongé . les castes inférieures dans toutes les superstitions du plus afTreux polythéisme.

Alors que l'Inde ancienne fut là patrie de cette philosophie éminemment spiritualiste qui célébrait le grand Tout, la pure essence, Swayambhoùva , l'Être existant par lui-même, dtiqûi tout émane et vers qui tout revient, alors que Manou Mépétait aux * hommei^ces immortelles paroles -que, noift- ne saurions trop citer : •

« Écoutez, ô hommes, quelles sont les vertus dont.

DANS L'INDE. 37i

la pratique yous est recommandée pour obtenir sûrement un bonheur éternel au céleste séjour :

it

€ La résignation, — l'action de rendre le bien pour le mal, — la tempérance,. — la probité, — la chasteté et la répression des sens, — la connaissance de la sainte Écriture, — celle de l'âme suprême, — le culte de la vérité, — l'abstinence de la colère, — telles sont les dix vertus en quoi consiste le devoir; »

Alors que l'Inde avait ses rois créés pour la justice^ ses prêtres créés pour la vérité;

Que ses pagodes entendaient prêcher la morale la plus pure, basée sur l'abnégation et la charité;

Que ses sages jetaient les bases d'un droit civil qui domine encore l'économie tout entière du droit européen... la Ghaldée ne nous offre que l'image des superstitions les plus grotesques. Les pasteurs nomades de ces déserts de sables salés parsemés d'oasis rabougries, ne savaient que s'agenouiller devant les gigimsy les alals^ les tlals, les maskims et tous ces ridicules démons dont les exploits remplissent les inscriptions de Babylone :

€ En étoffe blanche deux bandes servent de phylactères,

Sur le lit de l'estrade,

Comme talisman avec la main droite s'il écrit; En étoffe noire deux bandes servent de phylactères,

De la main gauche s'il écrit ; Le démon mauvais» le alal mauvais, le gigim mauvais,

Le tlal mauvais, le dieu mauvais, le maskim mauvais, • Le fantôme, le spectre, le vampire.

L'incube, le succube, le servant.

Le sortilège mauvais, le philtre , le poison qui coule,

Ce qui est douloureux, ce qui agit, ce qui est mauvais.

Leur tête sur sa tête, Leur pied sur son pied.

Jamais ils ne le saisiront, Jamais ils ne reviendront.

Esprit du ciel, souviens- t'en ; esprit de la terre, souviens-t'en. »

Nous ne pensons pas que l'on puisse raisonnablement opposer cette littérature magique d'une contrée livrée aux démons mauvais, aux sorciers et aux exorciseurs de toute espèce, à celle des Védas et de Manou, qui est l'honneur de l'humanité.

Nous avons vu, dans le premier volume de ces études *, que la colonisation de la Ghaldée, par une foule de peuplades parlant des langages différents, mais réunies par des croyances et des superstitions identiques, ne pouvait provenir que de l'Inde qui, seule à ces époques reculées, réunissait tous les caractères ethnographiques exigés de Tancêtre des Chaldéens, et possédait une population parlant une foule d'idiomes différents, suffisante pour rayonner au dehors. Nous n'insisterons donc pas sur ce point, et laisserons désormais en paix les Accadiens, les Summériens et tous les autres peuples que certains assyriologues préfèrent inventer, pour résoudre le problème ethnographique de la Chaldée, plutôt que de passer bravement l'Indus et de descendre dans les plaines du Gange.

Qu'on nous donne la preuve la plus mince, nous ne sommes pob exigeants , de l'existence des Touraniens, et nous consentirons à rechercher ce que peut avoir de sérieux l'hypothèse de leur marche sur la Chaldée.

Où habitaient ces prétendus Touraniens?

Le Touran ?

Mais cette contrée n'est encore aujourd'hui qu'un désert salé où vaguent quelques nomades indomptés .

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