I.A COMTESSE
Il peut larder, Monsieur, et les convenances...
OCTAVE
Les convenances, oui !.. Mai" il est si tard ! il y en a beaucoup de co uc liées | (l» eomtnM rit.) Ah! vous avez ri. Madame, vous n'avez pas idée du bien que ça me fait.
LA COMTESSE
J’en suis ravie, Monsieur... Mai», à propos, est-ce que vous avez entrepris rie faire de la musique avec la comtesse de tantôt?
OCTAVE
Je le voulais, Madame; c'est elle qui ne l'a pas voulu I
U COMTESSE
Bt des vers, ne lui en avez-vous pas dit quelques-uns?
OCTAVE, (oui |icn«ad.
Oui, Madame, des vcr3 de Lainartinel
LA COMTESSE
Pauvre fille ! (eiu ni.)
OCTAVE
Vo la que vous vous remettez à rire, Madame?., de qui?.. Ce n'oit pus de M. de Lamartine?
IA COMTESSE
Le croyez -vous, Monsieur?
octave.
Non! c'est donc de moi? Eh bien! oui, riez-en, vous avez raison ! J'ai été si ridicule I si maladroit! que nous voilà séparés, séparés à jamais!.. Et, pourtant, je m’en irai d'ici convaincu que nous étions faits l’un pour l’autre... Tenez, c’est dé;cspérant.
LA COITOSC.
Ah! prenez carde. Monsieur! à la nécessité où vous m'allez mettre de ne plus vous écouler.
•KTTAVE.
Quoi! quand c'est un sentiment si vrai qui vous parle?
LA COMTESSE
Ah çè ! Monsieur, est-ce que tout cela voudrait dire que vous ni’anuez?
OCTAVE
Ah ça’ Madame, est-ce que p.ir hasard vous en douteriez? Non. von» n'en doutez im»! Ou vuus nèlca (ms une vraie femme, nu vous devez sentir que là, en ce moment, l'homme qui vous parle vous appartient cœur il Ame!
LA COMTESSE
Oh! oh! c’est beaucoup pour une femme que vou» oe connaissiez pas il y a une heure.
OCTAVE
Ponvtt vou» dire que je ne vous connaissais pa». Madame!., Mais j'avais lu votre lettre, Madame, votre adorable lettre! Oû dit que le style c’est l'homme; mais c’cst la femme aussi. Je connais votre style : donc, je vous connais parfaitement.
LA COMTESSE
Vous ni’elf rayez I
octave.
Eld'aillcurs, écrire ce programme, c’étilt mettre votre bonheur au concours avec prix d'honneur, ou (ilutôl prix d'amour .• pour le vainqueur 1 Pourquoi donc oe coucourrais-je pa», moi, Madame? parce que je suis militaire? Mais, Madame, vous ofienses l’armée?
u COMTESSE.
Ce n'a jamais été mon intention] octave.
Ah ! Madame ! je ne sais (ws ce que je donnerais, tenez, oui, je donnerais... César lui- même, César et sa fortune, pour avoir écrit un jour qu’il faisait du vent une lettre comme la vôtre; vous ui'eu-siez connu tout de suite alors, comme je vous connais, et vous vous seriez dit : « Voila un brave garçon, il a bien fait des Tolies».. mais son cœur aura bien fait de- économies de tendresse... Je vais le ruiner, moi!.. • El tout de suite, Madame, vous eussiez pris le chemin de fer pour venir me demander c-n mariage à mon colonel.
LA COM TISSE
Est-ce qu'un homme comme vous songe au mariage? octave.
Un homme comme moi y songe, Madame, le jour où il rencontre une femme comme vous!... Gare ce juur-là, un certain pressentiment lui dit : Regarde et lâche de fixer ce qui t’a fait battre le cœursi fort!.. Regarde !.. et ose 'c’est ton bonheur qui pas-e et qui ne repassera plu» !..
LA COMTESSE, i p*rt.
Ah! Jeanne a eu les vers, mais j'.iime mieux celte prose-là. (n»i*.) Si bien que si l’on vous écoutait, vous iriez jusqu'à me demander en mariage?
OCTAVE
Je n’ai plus ma mère, Madame ; si je l’avais encore, c’est clic qui, demain, viendrait demander votre cœur pour mou pauvre cœur humilié 1..
LA COMTTtSE.
Bon! voici le ccwr revenu! Toujours le court
OCTAVE
Comment, Madame, vous raillez encore! toujours!.. Eli bien, tant mieux pour moi... et tant pis pour vou-!.. Mais, plutôt que de vous entendre calomnier l’amour, j’aime mieux partir tout de suite,... et ne vous revoir jamais, (u ramonie »m u pont <i« droite.)
LA COMTKME, * péri.
En partant, Monsieur, u’oubliez i*s de me rendre ma lettre'
OCTAVE
La VOICI, Madame .. (il U regarde an iaalanl me r*çr*t «I rdptlcij
La voici...
U COMTESSE, doiiccmml.
Merci... Au revoir, monsieur d’Aubryon.
OCTAVE, ukial .
Non, Madame, adieu I (Fauta* torn* « rorn«nt.) Madame, un dernier mot?.. Est-ce que vous aune* toujours l'intention d’épouser cette fine fleur de crétinisme, que le ciel et ma tante m’ont duimé pour cousin ?
LA COMTESSE
Eh! mais, peut-être un jour...
OCTAVE
Qu’il pleuvra, oui... Eh bien ! apprenez que le soir des noces de mon cousin, Madame, je le provoquerai et je le tuerai !... (MoaTCfoent de U comtetM.) Que voulez-vous? c’est mon état.
LA COMTESSE, tournai.
A mardi soir?
OCTAVE, eu aortant par la porta da droite.
Le soir des noces. Madame, le soir des noces !