‹ Feuilles d'herbeChapitre 21 sur 89 · DE L'OCÉAN QUI ROULE, LA FOULE · texte numérisé non relu

DE L'OCÉAN QUI ROULE, LA FOULE

De l’océan qui roule, la foule, une goutte est doucement venue vers moi,

En murmurant : Je faime, avant peu je mourrai ,

ENFANTS DADAM

J’ai fait un long voyage uniquement pour te contempler , te toucher ,

Car je ne pouvais mourir avant de V avoir une fois contemplé ,

Car je craignais de te perdre plus tard .

A présent que nous nous sommes rencontrés, nous sommes contemplés, nous voilà tranquilles,

Retourne en paix à l’océan, ma mie,

Moi aussi je fais partie de cet océan, ma mie, nous ne sommes pas tellement séparés,

Regarde le grand globe, la cohésion du tout, comme c’est parfait !

Mais quant à moi, à toi, à la mer irrésistible qui doit nous séparer,

Quant à nous emporter une heure divergents, elle ne peut pourtant nous emporter divergents à jamais ;

Ne sois pas impatiente — un petit moment — sache-le, je salue l’air, l’océan et la terre,

Chaque jour au soleil couchant, pour ton cher toi, ma mie.

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