‹ Feuilles d'herbeChapitre 27 sur 89 · FACE A L'OUEST · texte numérisé non relu

FACE A L'OUEST

Des rivages de Californie, face à l’ouest,

Chercheur, infatigable, en quête de ce qui est encore à trouver,

Enfant, très vieux, je plonge ma vue au loin par delà les vagues, vers le foyer maternel, la terre des migrations, Plonge ma vue au large des rivages de la mer du Ponant, le cercle presque encerclé ;

Car, parti de l’Hindoustan, des vallées de Kashmir, en route vers l’ouest,

De l’Asie, du nord, du Dieu, du sage, et du héros,

Du midi, des péninsules en fleurs et des îles aux épices, Après avoir longtemps erré depuis, erré autour de la terre,

Je me retrouve à présent face au foyer, très heureux et joyeux,

(Mais où est ce pour quoi je me mis en route, il y a si longtemps ?

Et pourquoi est-ce encore à trouver ?

TEL ADAM DE BON MATIN Tel Adam de bon matin,

Sortant du berceau de feuillage, restauré par le sommeil. Regardez-moi où je passe, écoutez ma voix, approchez, Touchez-moi, appliquez la paume de votre main sur mon corps quand je passe,

N’ayez pas peur de mon corps.

CALAMUS

PAR SENTES INFRAYÉES Par sentes infrayées,

Parmi ce qui croît au bord des eaux stagnantes,

Délivré de la vie qui s’expose,

De toutes les valeurs jusqu’ici proclamées, des plaisirs, profits, orthodoxies,

Que depuis trop longtemps j’offrais à la faim de mon âme, Claires à présent pour moi des valeurs point encore proclamées, clair pour moi que mon âme,

Que l’âme de l’homme au nom duquel je parle trouve sa joie en des camarades,

Tout seul ici, à l’écart des bruits du monde,

D’accord ici avec des langues aromatiques qui me parlent, Sans rougeur désormais (car en ces lieux retirés, je puis répondre comme je n’oserais ailleurs),

Fort l’empire sur moi de la vie qui ne s’expose, pourtant contient tout le reste,

Résolu à ne chanter aujourd’hui nuis autres chants que ceux de l’attachement viril,

Les projetant tout au long de cette vie substantielle, Léguant d’ici des types d’affection athlétique,

Sur le tantôt de ce délicieux septembre en ma quarante et unième année,

J’entreprends, pour tous ceux qui sont ou furent des jeunes hommes,

De divulguer le secret de mes nuits et mes jours,

De célébrer le besoin de camarades.

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