‹ Feuilles d'herbeChapitre 3 sur 89 · A UN HISTORIEN · texte numérisé non relu

A UN HISTORIEN

Vous qui célébrez l’autref ois,

Qui avez exploré l’en-dehors, la superficie des races, la vie qui se laisse voir,

Qui avez présenté l’homme comme la créature de la politique, des collectivités, gouvernants et prêtres,

Moi, habitant des Alleghanys, le présentant tel qu’il est en lui-même de son chef,

Tâtant le pouls de la vie qui s’est rarement laissé voir (le grand orgueil de soi-même en l’homme),

Chantre de la Personnalité, esquissant ce qui est encore à naître,

Je projette l’histoire du futur.

A TOI, VIEILLE CAUSE A toi, vieille cause !

Toi, bonne cause, incomparable, fervente,

Toi, douce idée, austère, impitoyable,

Immortelle tout au long des siècles, races, contrées,

DÉDICACES

Après une guerre étrange, cruelle, grande guerre pour toi,

(Je crois que toute guerre d’un bout à l’autre des temps fut au fond faite, et sera toujours faite, pour toi),

Pour toi, ces chants, pour ta marche éternelle.

(Une guerre, ô soldats, pas seulement pour elle-même,

Bien, bien plus restait derrière en, attente silencieuse, pour s’avancer maintenant dans ce livre.)

O toi, orbe fait d’orbes multiples !

Toi, principe bouillonnant ! toi, germe latent, précieusement gardé ! toi, centre !

Autour de ton idée la guerre tourna,

Avec tout son jeu violent et furieux de causes,

(Avec de vastes conséquences à venir dans trois fois mille ans).

Pour toi ces versets, — mon livre et la guerre ne font qu’un, A son esprit moi et mes feuilles sommes amalgamés, comme la lutte pivotait autour de toi,

Telle une roue sur son axe, ce livre, sans le savoir,

Tournait autour de ton idée.

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