LA BASE DE TOUTE MÉTAPHYSIQUE
Et maintenant, messieurs,
Je prononce une parole à demeurer dans vos mémoires et vos esprits,
Comme base et conclusion de toute métaphysique.
(Ainsi parle aux étudiants le vieux professeur,
A la fin de son cours où l’on se presse.)
Après avoir étudié les modernes et les anciens, les systèmes des Grecs et Allemands,
Après avoir étudié et exposé Kant, Fichte et Sehelling et Hegel,
Exposé le savoir de Platon,, et Socrate plus grand que Platon,
Approfondi et exposé plus grand que Socrate, après avoir longuement étudié le divin Christ,
Je vois aujourd’hui en mémoire ces systèmes des Grecs et Allemands,
Vois toutes les philosophies, vois les églises et doctrines chrétiennes,
Cependant sous Socrate je vois clairement, sous le divin Christ je vois,
La tendre affection de l’homme pour son camarade, l’attraction de l’ami vers l’ami,
Du mari et de l’épouse bien assortis, des enfants et des parents.
De ville à ville et de pays â pays.
CHRONIQUEURS DANS DES SIÈCLES D’ICI Chroniqueurs dans des siècles d’ici,
Tenez, je veux vous faire pénétrer sous cette enveloppe impassible, je veux vous apprendre quoi dire de moi, Publiez mon nom et accrochez mon portrait comme celui de l’ami le plus tendre,
Portrait de celui qui aime, de l’ami, que celui qui l’aime, son ami chérissait le plus tendrement,
Qui n’était pas orgueilleux de ses chants, mais de l’océan d’amour sans bornes en lui, et l’épanchait sans compter, x
Qui souvent promeneur solitaire se promenait en songeant à ses amis chers, ceux qui l’aimaient,
Qui pensif loin de celui qu’il aimait passa souvent des nuits sans sommeil et chagrines,
Qui connut trop bien la mortelle, mortelle crainte que celui qu’il aimait pût être secrètement indifférent envers lui, Dont les plus heureux jours furent loin à travers champs, dans les bois, sur les buttes, à errer lui et un autre la main dans la main, eux deux isolés des autres hommes, Qui souvent lorsqu’il flânait dans les rues courba de son bras l’épaule «de son ami, le bras de son ami également appuyé sur lui.