‹ Feuilles d'herbeChapitre 5 sur 89 · POUR CELUI QUE JE CHANTE · texte numérisé non relu

POUR CELUI QUE JE CHANTE

Pour celui que je chante,

J’élève le présent sur le passé,

(Comme de ses racines quelque arbre éternel, le présent sur le passé),

Avec le temps et l’espace je l’élargis et lui infuse les lois immortelles,

Pour le faire par elles à lui-même sa propre loi.

QUAND JE LUS CE LIVRE Quand je lus ce livre, la biographie fameuse,

Est-ce donc cela (dis-je) ce que l’auteur appelle une existence d’homme ?

Est-ce ainsi que quelqu’un, quand je serai mort et disparu, écrira ma vie ?

(Comme si quiconque savait au fond quelque chose de ma vie,

Mais moi-même, pensé- je souvent, je ne connais rien ou si peu de ma vie réelle,

Simplement quelques aperçus, quelques faibles indices et suggestions épars,

Que je cherche pour mon propre usage à découvrir ici.)

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