‹ Feuilles d'herbeChapitre 70 sur 89 · SUR LA PLAGE LE SOIR · texte numérisé non relu

SUR LA PLAGE LE SOIR

Sur la plage le soir.

Est une enfant avec son père,

Observant l’est, le cierd’automne.

Là-haut, à travers l’obscurité,

Tandis que des nuages voraces, nuages d’enterrement, s’allongent en masses noires,

S’assombrissent, maussades et prompts, en travers et au long du ciel,

Au milieu d’une claire et transparente bande d’azur qui reste encore à l’orient,

Large et calme monte Jupiter, l’astre souverain,

Et tout près de lui, rien qu’un tout petit peu au-dessus.

Voguent les sœurs délicates, les Pléiades.

De la plage l’enfant tenant la main de son père,

Ces nuages d’enterrement qui s’assombrissent victorieusement pour tôt dévorer tout,

Observe, et pleure en silence.

Ne- pleure pas, enfant,

Ne pleure pas, ma mignonne,

De ces baisers que je dissipe tes larmes,

Les nuages voraces ne seront pas longtemps victorieux,

Ils ne seront pas longtemps maîtres du ciel, ils ne dévorent les étoiles qu’en apparence,

Jupiter resurgira, aie patience, une autre nuit viens regarder encore, les Pléiades resurgiront,

Ils sont immortels, tous ces astres d’argent et d’or resplendiront encore,

Les grands astres et les petits resplendiront encore, ils durent,

Les vastes soleils immortels et les lunes pensives aux longues patiences brilleront encore.

Mais, enfant chérie, ne pleures-tu que pour Jupiter ? Penses-tu seulement à l’enterrement des étoiles ?

Il est quelque chose,

(En te consolant de mes lèvres j’ajoute en un murmure,

Je te donne la suggestion première, le problème et l’avis pour sa solution),

Il est quelque chose de plus immortel encore que les astres, (Nombreux les enterrements, nombreux les jours et nuits qui passent et disparaissent),

Quelque chose qui durera plus longtemps encore que l’éclatant Jupiter,

Plus longtemps que le soleil ou aucun satellite en sa révolution,

Ou les rayonnantes sœurs, les Pléiades.

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