QUE REPRESENTENT CES $25,003.52? DU COULAGE ET PAS AUTRE CHOSE
"Encore ici, n'y aurait-il pas ample sujet à enquête pour l'assemblée législative?
"N'y aurait-il pas, parmi nos soixante-treize députés, deux hommes assez courageux et assez patriotes pour demander cette enquête?
"Si l'enquête oouvait soulever le voile mystérieux qui enveloppe l'exportation du bois à pulpe de la région du Saint-Maurice, surtout de Batiscan et de Trois-Rivières, elle deviendrait intéressante. ON AURAIT LA LA PREUVE DE LA BONNE ENTENTE QUr, PAR DES MOYENS FACILES A IMAGINER. PEUT S'ETABLIR ENTRE DES MINISTRES CANADIENS ET DES MONOPO- LEURS AMERICAINS."
Ce deuxième article parut dans le "Nationaliste" du 23 avril.
Or, le même Chrysostôme Langelier avait signé le 13 mars précédent devant M. Oliver, commissiaire de la Cour supérieure à Québec, relativement à l'administration des Terres de la Couronne, un affidavit qui était un plaidoyer plutôt qu'une attestation en faveur de la politiciue parentiste, car il remplissait trois colonnes du "Soleil". Et Maître Chrysostôme disait dans cet affidavit:
"(1) Je suis surintendant des gardes-forestiers depuis le mois d'octobre 1898, et, en cette qualité, je suis chargé de surveiller, de diriger et de contrôler tout le personnel des gardes-forestiers qui, eux, sont chargés de surveiller les droits de coupe du bois qui se fait sur les terres de la Couronne, dans les limites sous licence, et sur les lots sous billets de location dont le bois est aussi sujet aux droits de coupe de bois. Mon travail consiste à voir spécialement à ce que ces officiers fassent leur besogne ponctuellement, honnêtement et efficacement. Ces gardes-forestiers sont obligés de faire rapport à la fin de chaque mois du calendrier, de donner un détail de leur travail jour par jour et, quand ils mesurent des billots, d'annexer leurs feuilles de mesurage afin de me permettre de vérifier leurs feuilles avec celles des "cullers".
"Mon fils Gustave Adolphe Langelier, est mon assistant. Il est chargé particulièrement de toute la partie est de la province, mais j'ai toujours eu connaissance de ses rapports, et je sais qu'il fait son travail efficacement et avec soin. Quand je dis "la partie-est de la pro-
F EUILLES DE COM B \T 11
Pour les querelles universitaires: l'opinion des différents membres du clergé québécois, les démarches faites auprès de Mgr Taschereau par la faction nltramontaine ;
Pour l'agitation rielliste: les dissensions entre Mercier et Joly, les pourparlers entre Mercier et Chapleau, les circonstances des plus éclatantes adhésions au programme "national". L'organisation financière de la fameuse campagne électorale de 1886;
Pour l'affaire des jésuites: la part prise au règle-
vince", je veux parler de cette partie de la province qui est à l'est de la rivière St- Maurice et de la rivière Chaudière.
"A part de la surveillance des gardes forestiers, nous sommes aussi chargés de l'examen des rapports de tous les propriétaires de limites, de tous ceux qui font du bois, et de la préparation des comptes de droits de coupe, excepté pour l'Ottawa Supérieur et une partie de l'Ottawa Inférieur, pour lesquels nous n'avons rien à faire Le contrôle de la conduite des gardes-forestiers dans cette partie de la province est laissé aux agents de ces locajités.
"Les comptes et les rapports sont toujours contrôlés avec soin, et j'ai toujours vu, ainsi que mon assistant, à ce que, dans les cas où ds manquaient de pièces justificatives, elles fussent produites. En cas de doute, nous allons vérifier sur les lieux.
"(2) T'ai pris connaissance de la déclaration faite par l'honorable Pierre Kvanstc Leblanc, député du comté de Laval à l'Assemblée législative de cette province, le S mars courant.
"(3) Dans cette déclaration je trouve les paroks suivantes attribuées à M. le sénateur Legris qui a présidé l'enquête sur l'exploitation forestière et la colonisation:
"Te n'hésite pas à dire (pie le brigandage se pratique au grand jour "par le département des terres de la Couronne avec la sanction de M. "Parent."
"Te déclare que cette assertion est fausse en ce qui concerne le service des gardes-forestiers dont je suis le surintendant.
"Je déclare de la manière la plus formelle (pie je n'ai jamait été ni gêné, ni restreint, ni empêché, soit directement, soit indirectement, par le ministre ou le sous-ministre du département des terres, mines et pêcheries, ou n'importe quel autre officier de ce département, dans l'exercice de mes fonctions, et que, en toutes circonstances, le département m'a donné pleine latitude de remplir mes devoirs avec la rigueur voulue pour protéger les intérêts de la province, le tiens à faire ressortir le fait que le ministre n'a jamais essayé à m'influencer aucunement en faveur de qui que ce soit dans l'exercice de mes fonctions. Loin de m'empêcher de remplir mes devoirs, il m'a, au contraire, ordonné de faire mon devoir strictement dans mus tes cas,
"Il m'est arrivé plusieurs fois, dans le contrôle des opérations extérieures de la branche des bois et forêts, de constater (pie des gardes-
nient par tel ou tel religieux dans le nom est resté jusqu'ici dans l'ombre, les résistances rencontrées pat- Mercier au sein même de son parti, l'avis des diffé rents chefs libéraux, surtout ceux de langue anglaise ; Voilà quelques-uns — et quelques-uns seulement — des points sur lesquels notre petit monde provincial attend encore une pleine lumière, après tant de polémiques de presse et de conférences de clubs.
Voilà quelques-uns des points sur lesquels M. Langelier avait le devoir non pas de fixer définitivement l'opinion, car la tâche de l'historien ne va pas si loin; non pas même d'établir une version acceptable aux modérés de tonte nuance, car les mémoires, s'ils ne
fores' iers négligeaient leurs devoirs ou étaient à l'emploi des marchands de bois en même temps qu'ils étaient au service de la province. Tous ces cas qui sont arrivés à ma connaissance ont été dénoncés par moi au ministre et il a invariablement démis ces gardes forestiers de leurs fonctions quand mes conclusions étaient dans ce sens et que leur culpabilité était établie."
11 est vrai que M. Langelier faisait ici une réserve pour l'agence de l'Outaouais supérieur, mais son affidavit créait quand même l'impression que contrairement aux conclusions de Micbonnet la perception des droits de coupe n'était nulle part défectueuse. En d'autres mots, pendant que Maître Chrysostôme tonnait dans le "Nationaliste" contre M. Parent sous un pseudonyme, il prêtait l'appui de son serment à M. Parent en sa qualité de surintendant des gardes forestiers, de la province de Québec. C'est sans doute grâce à ce double jeu qu'il doit d'être resté en fonctions après la décapitation apparente du parentisme.
Je n'ai jamais traité avec Maître Chrysostôme, et je n'ai connu l'identité de Micbonnet que par accident.
Il y a deux ans, M. le sénateur Legris a été condamné à mille piastres de dommages-intérêts par un ancien député parentiste, M. le juge Cooke , de Trois-Rivières, pour avoir dit en octobre 1904 à Sainte- Thérèse, dans une assemblée publique, ce que Maître Chrysostôme lui avait souvent dit privément et ce qu'il devait répéter au printemps de 1905 dans le "Nationaliste". Et je ne sais plus trop si dans ce procès M. Eegris n'eut pas contre lui le témoignage de Maître Chrysostôme.
J'ai donc une double raison de dévoiler aujourd'hui ce qui pourrait ressembler de prime abord à un secret professionnel.
Mais puisque, dans la Province de Québec, les tribunaux continuent à ruiner et à pendre les honnêtes gens sur la foi de témoins comme celui-là, je veux surtout faire savoir aux lecteurs de cette petite brochure écrite à propos d'un autre Langelier, ce que c'est que le personnage à qui MM. Gouin et Turgeon ont laissé le contrôle de la perception des droits de coupe — O.A.
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sont pas toujours écrits pour fausser la vérité, le sont généralement dans l'intérêt d'un homme, d'une famille ou d'une coterie; mais au moins de nous apprendre autre chose que ce qu'ont écrit là-dessus des gazetiers intéressés à dénaturer ou à cacher les faits que les chefs de partis voulaient bien laisser filtrer jusqu'à eux. (3)
M. Langelier a découpé au petit bonheur du canif les Biographies d'Achintre, la collection de V Eclairent et de l'Electeur, le journal de l'Assemblée législative, les fastes de manducation du Club de la Garnison; il a mêlé à cela quelques citations pédantes du cardinal de Retz, de Tocqueville et de Hanotaux ; il a ajouté encore quelques anecdotes électorales remarquables surtout par leur antiquité; puis il a déposé la plume.
Son ouvrage plaira peut-être au "jeune" dont il écrit dans sa préface :
Je voyageais un jour avec l'un des jeunes les plus brillants de la présente génération et je lui racontais différents incidents politiques qu'il ignorait et qui l'intéressaient vivement. Il m'errgagea alors à raconter ce que je savais, ajoutant que ce serait rendre un service considérable à ceux qui n'' Mit pas connu nos luttes d'autrefois. L'idée me parut bonne et j'ai consacré les loisirs que me laissent mes devoirs officiel à raconter ce dont j'avais été le témoin.
(3) D'ap~ès la "\ icrie" je prétendrais:
1 "Que M. Langelier en parlant des guerres politico-religieuses, aurait dû publier les intructions secrètes de l'épiscopat au clergé, la correspendance des évêques entre eux, etc.";
('ne, pour le coup d'Etat I.etellier, "M. Langelier aurait dû publier la correspondance privée éebangée entre les ministres fédéraux et M. I.etellier, les relations personnelles de ce dernier avec les chefs des deux partis à Québec et à Ottawa, etc.";
:: ( )ue M. Langelier "'aurait dû raconter toutes les circonstances eu-, entourèrent la défection de MM. Flynn, Fortin, Paquet, Chau. veau et Racicot et les motifs qui pouvaient animer chacun de ces messieurs".
l'our voir toute l'absurdité de cette interprétation, on n'aura qu'à lire attentivement ce passage: "mais au moins de nous apprendre autre chose que ce qu'ont écrit là-dessus. . .".—O. A.
De même, il pourra intéresser les petits-neveux de l'auteur, dans cinquante ans d'ici, de lire qu'Achille Larue et leur grand'père remportèrent "le succès de la soirée" en l'an de grâce 1878 contre MAI. Guillaume Amyot et L.-N. Asselin à l'Ange-Gardien, dans le comté de Montmorency, et que l'année suivante, à Saint-Henri de Lévis, "la foule entendit (sic) M. Charles Langelier avec beaucoup d'attention". Si les mœurs électorales n'ont pas changé, ils apprendront avec une fierté bien naturelle que Georges Lemelin et autres "libéraux ardents" de Saint-Roch qui, le 18 avril 1886, allaient casser les vitres de l'école de Sillery pour empêcher sir Adolphe Caron, sir John Thompson, M. Casgrain et M. Tarte de se faire entendre, avaient été embauchés et payés dans ce but par M. Charles Langelier, futur grand exécuteur des œuvres de justice à Québec, et un futur juge, M. F.-X. Lemieux, commissionnés eux-mêmes par un futur gouverneur de province, sir Alphonse Pelletier, et un futur président-suppléant de la Cour supérieure, sir François Langelier.
Mais Dieu merci, le nombre est resté considérable, en notre province, de ceux qui se demanderont pourquoi un shérif qui n'a qu'un homme à pendre tous les dix ans, et qui pourrait honnêtement passer sa vie à lire Platon, Cicéron, saint Thomas d'Aquin, Montaigne, Bossuet, Pascal, Montesquieu, Voltaire, Joseph de Maistre, se donne le mal d'écrire des livres qu'il pourrait tout aussi bien faire bâcler â un écu de la page par un reporter du àolctl.
* Veut-on quelques spécimens des "révélations" de M. Langelier sur les points d'histoire sommairement énumérés plus haut? Consultons au hasard ses "Souvenirs" :
M. Tarte descendit à la Malbaie pour assister au procès. Il avait apporté avec lui de gros livres de théologie pour prou- \er, alléguait-il aux gens, à bord du bateau, que les curés avaient eu raison de prêcher comme ils l'avait nt fait durant cette élection. (Page 31)
Vers la fin de la session, le 23 février, M. Angers proposa de nouvelles résolutions au sujet des chemins de fer, dans lesquelles une avance de $1,000.00 par mille était accordée à différentes compagnies de chemins de fer. Il annonça en même temps, comme c'est la régie constitutionnelle qu'il avait l'assentiment du Lieutenant-Gouverneur. Or, il n'avait jamais obtenu cette autorisation. (Page 60)
M. Letellier arriva à la tête de la province sans prévention et bien déterminé à se montrer un gouverneur constitutionnel. Mais ses ministres au lieu d'avoir pour lui les égards qui lui étaient dûs le traitèrent cavalièrement : ils méconnurent les prérogatives dont il était investi. (Page 61)
C'est à tort dans la suite que l'on a prétendu que M. Letellier avait tenu cette conduite sous l'inspiration des ministres fédéraux. Il est certain qu'ils n'en savaient absolument rien. Du reste, ils l'ont positivement nié personnellement les uns après les autres. (Page 63)
M. Letellier consulta M. DeBoucherville sur le choix de son successeur, mais ce dernier refusa de lui donner son avis. Il a commis dans cette circonstance une grave erreur au point de vue de son parti, car, s'il avait alors recommandé d'appeler M. Chapleau qui jouissait d'un grand prestige parmi les conservateurs et dans le pays, M. Letellier t'aurait certainement invité à former le nouveau gouvernement. ( Page 64)
Ces révélations corroboraient la déclaration faite au lieutenant-gouverneur par M. DeBoucherville, à savoir que la majorité parlementaire de la dernière Assemblée Législative était contrôlée par des "rings" ou combinaisons de députés payés par diverses compagnies de chemins de fer. ( Page S; |
On n'en finirait pas, s'il fallait relever dans ce livre les prétendus souvenirs qui n'ont aucun caractère Q*€ souvenirs, mais qui ne sont, de toute évidence, qu'affirmations en l'air pu simples imaginations.
16 i<es "souvenirs" de m. langeuer
Et sitôt que l'auteur veut tirer sur son propre fonds, il ne donne pas autre chose.
* Soyons juste, pourtant: on trouvera, de la page 245 à la page 247, l'histoire, inédite pour le public, des circonstances de l'élévation de Mgr Taschereau au cardinalat. (4)
Mgr Cyrille-E. Légaré, l'ancien Vicaire Général du diocèse, aimait beaucoup l'archevêque, qui, de son côté, avait la plus grande confiance en lui.
Dès son ascension sur le trône archiépiscopal de Québec, Mgr Taschereau l'avait appelé auprès de lui comme son Vicaire Général. Or Mgr Légaré avait à Rome un ami, un prêtre, le secrétaire de l'Aumônerie pontificale, qui logeait avec Mgr Mocenni, sous-secrétaire d'Etat et aujourd'hui cardinal. Ce prêtre tenait Mgr Légaré au courant de tout ce qui se passait au Vatican; il le fit de même nommer Vicaire- Général de l'archevêque de Véro' e, un honneur très prisé et très élevé dans le monde ecclésiastique. Mgr Légaré lui demanda s'il ne serait pas possible de faire conférer à Mgr Taschereau les honneurs cardinalices et quels moyens il fallait prendre pour y arriver. Son correspondant lui répondit qu'après avoir sondé le terrain, il avait appris que Mgr Taschereau jouissait à Rome d'un immense crédit, puis il ajoutait que sa nomination était très possible. Mais, disait-il, il faut que cette faveur soit sollicitée par le maire de votre ville et aussi par le gouvernement de votre pays. A ce moment, l'hon. Frs. Langelier, le beau-frère de Mgr Légaré, était le maire de Québec. Il se fit un plaisir d'obtempérer à la demande de Mgr Légaré ; il adressa au cardinal Jacobini une lettre dans laquelle il exposait le3 raisons qui militaient en faveur de Québec ; il représentait que notre siège épiscopal était le plus ancien du pays, et qu'enfin Mgr Taschereau était, et par sa science et par ses vertus, digne de recevoir le chapeau de cardinal.
(4) Kt là encore, il semble que son récit exige de nombreuses additions et rectifications. Au moment même où je corrige ces épreuves, Mgr Têtu commence, dans la "Semaine religieuse" de ( )uébec, une série d'études d'allure fort menaçante pour M. Langelier et son livre. — O. A.
FEUILLES DE COMBAT lî
Bien qu'adversaire politique de l'hon. M. Châpleau, M. Langelier, son ancien compagnon de classe, était toujours
resté avec lui dans les tenues de la meilleur amitié. 11 s'adressa donc à lui, et le pria en sa qualité de Secrétaire d'État, d'écrire à Rome au nom du gouvernement. M. ("lia pleau consulta Sir John Macdonald qui accueillit le projel de la manière la plus favorable. M. Châpleau écrivit à Rome et quelques mois après la bonne nouvelle nous arrivait que Mgr Taschereau avait été nommé cardinal.
Voilà l'histoire vraie de cet événement qui jeta tant de lustre sur notre pays.
Elle est certes intéressante, mais l'envelopper dans trois cent cinquante pages de rabacheries, c'est un peu nous en gâter le charme. Et puisque M. Langelier voulait borner là ses révélations, on peut bien lui demander pourquoi il déclare dans sa préface :
En publiant ces "Souvenirs", je me suis proposé de rendre témoignage aux hommes politiques qui furent mes chefs ou mes compagnons d'armes. Et, devant une génération nouvelle qui ne les a pas connus, j'ai cru bon d'attester ce qu'ils étaient, ce qu'ils ont fait et ce qu'ils ont voulu.
Jetais l'un d'entre eux; ils ont servi à guider ma conduite politique dans l'avenir. J'ai connu les desseins et les actes, les succès et les revers de ceux qui marchaient à notre tête. Ce récit sera donc celui d'un soldat posté durant l'action auprès des généraux.
Le moindre bout d'article sur les dessous d'une organisation électorale, l'alimentation de la C. E., et autres mystères que l'auteur a certainement eu l'occasion de pénétrer, aurait fait bien mieux notre affaire que cet indigeste volume à une piastre cinquante.
Je disais tantôt que "les mémoires, s'ils ne sont pas toujours écrits pour fausser la vérité, le sont généralement dans l'intérêt d'un homme, d'une famille ou d'une coterie".
18 les "souvenirs" de m. langeuer
Je songeais en écrivant cela à ces œuvres immortelles qu'ont laissées les de Retz, les Saint-Simon, les Chateaubriand, moins pour renseigner la postérité que pour se bien poser devant l'Histoire, eux et leurs amis.
Mais tout en plaidant pour la Fronde, c'est-à-dire pour lui-même, de Retz, suivant le mot d'un critique, a fait un livre "capable de rendre ligueur, frondeur, et presque séditieux, par contagion."
Mais Saint-Simon déshabille Louis XIV avec une malice si perverse, que si on ne savait la chose par ailleurs, on se douterait à peine qu'il se venge d'une disgrâce personnelle.
Mais Chateaubriand, tout en étalant à chaque page de ses "Mémoires d'outre-tombe" son égoïsme et son orgueil, a mis tant de passion dans son plaidoyer contre Bonaparte qu'on se sent parfois l'envie de croire que le grand Corse fut un petit homme auprès de Louis XVIII.
Fouché lui-même, l'ignoble Fouché, contre qui l'on est prévenu dès avant que d'ouvrir son livre, accuse Napoléon d'inceste avec tant de candeur qu'on s'y laisserait prendre, si tous les autres historiens du premier Empire n'étaient là pour nous assurer que le premier policier de l'Empereur fut une canaille.
Et tout cela se conçoit: plus un récit est sujet à caution, plus l'auteur doit s'appliquer à le rendre plausible.
S'il est permis de comparer aux grands hommes les hommes. . . moins grands, tel n'est pas le procédé de M. Charles Langelier; on dirait que M. le shérif de Québec, non content de nous servir du réchauffé, a voulu afficher son parti-pris à chaque page, et en traits si éclatants, que nul ne pût n'en être pas frappé.
* Prenons d'abord la centaine de pages qu'il consacre aux luttes politico-religieuses, et qu'il semble re-