‹ Feuilles de route aux Etats-UnisChapitre 25 sur 43 · FEUILLES DE ROUTE | HS · texte numérisé non relu

FEUILLES DE ROUTE | HS

. ut le train, aux heures qu’il Pants et oul is décroche dès qu'ils ne servent piney pour SUée : Ja marche. | Er

Il y avait vingt-quatre heures que nous routions LEA dans les confortables véhicules du Denver and Rio Grande Rail Road. J'avais lié connaissance avec une charmante et gaie smala qui rentrait à es Denver après avoir été camper en plein air durant un mois au Fellowstone National Park, ce qui devient là bas une mode hygiénique, comme chez nous d'aller aux eaux. un

La journée s'était passée fort joyeusement, et le temps ne nous avait pas paru long dans notre roulotte à vapeur d'où, assis sur les marchepieds des passerelles, nous voyions se dérouler les splendeurs de ce pays doré et colorié qui n’a pas nos ie son poétique nom de Colorado. ue

Nous causions du Park National; les #isses nous tiraient l’horoscope avec les Ras nous dessi= nions et devisions gentement. Nous avions traversé vers quatre heures de l’après midi les étonnantes “a et imposantes murailles du Cañon de Gunnison te aussi les premiers abris à neiges."

Vers cinq heures, le train stoppe devant une petite baraque rouge flanquée d’une guérite pour le télégraphe : c'est la station de Sargent.

Habitués par l'expérience aux arrêts fréquents et prolongés, nous n'étions même pas descendus de wagon. Une des wisses s'était penchée à la por-

Le train était arrêté dans un décor grandiose, : au fond d’une immense vallée dont les montagnes FE lointaines faisaient des barrières violettes > qui sem-

et énentées d'argile séchée au soleil. Dans da | cabane qui sert de gare, la femme du chef de poste tient auberge pour les chauffeurs, dont c'est ici le relai., Un hangar voisin leur sert de dortoir. Un ruisseau coule un peu plus loin, puis la mon-

tarasque puissamment musclée. Nr

on êlles sont a réelle comme ces maisonnettes qu on fait dessiner aux curente la façade est au pignon, que surmonte, . à titre d'ornement, un rectangle en planches, he < ni sur l’angle du toit, pareil à un panneau qui attendrait une enseigne. k Un trottoir de poutres règne le long des cinq masures, pour faciliter les relations. Au delà, on. enfonce A le sable, comme à Trouville.

Cependant le train est toujours à l'arrêt, avec ses deux épais et longs wagons au dos FR T LE : l'avant et à l'arrière, qui semblent une grosse ca- 5 rapace, sous laquelle dormirait un monstre, une.

La plateforme de la locomotive est vide. Méca- à ‘ nicien, chauffeur, chef de train, causent au milieu de la voie en sr des cig tion

— Eh bien! on ne part plus? “

— Non, la voie est en feu. Il y a l'incendie dans \ le no abri à neiges, à douze kilomètres d'ici, à Marshall Pass. ee

— On ne pen pas passer à toute Fans ?

draient feu, et puis vous ne songez pas ne toutes à les traverses de bois qui soutiennent les rails, et. 3 qui sont à découvert, sont à présent en cendres; 3 les rails ont roulé, il n’y a plus de voie. ./, 2000

— Mais alors, nous en avons pour six mois? 4

e per pour demain dans la matinée.

Il était cinq heures du soir. Personne d’entre . 4 n'avait de raison particulière pour être pressé de partir. L'aventure nous amusait. Nous devions alors former un groupe pittoresque. Les FHX voyageurs du convoi étaient philosophiquement : assis à terre, sur le rebord du trottoir en bois qui ae longe les masures, c’est-à-dire à l’endroit le plus animé du pays, au centre des affaires, Autour de nous s’étendait jusqu’à l'horizon la prairie 1lluminée et desséchée par le soleil de septembre, rayée au loin par la double ré solure de la voie si- lencieuse et déserte. | : :

Rien n’est poétique et étrangement captivant on comme ces deux rails qui sillonnent la solitude: ils sont comme l’unique trait d'union qui nous relie au reste des hommes; l'œil suit la ligne effilée et ténue qui va se perdre tout là-bas, à droiteetàa gauche, vers les nations les plus lointaines, New- York et l'Europe, Portland, San-Francisco et l'Asie : unique et mince ruban qui nous rattache, comme une ceinture, au monde entier.

Notre locomotive continue à souffler, à haleter,

à cracher de la fumée et des escarbilles, ce qui est sa façon de piaffer, à l’avant des grosses voitures, dont l’ensemble est plus considérable que les ca-

| tue . ut ct reposer les traverses. ce ui Au

28 ee 0 HUE DE ROUTE

Page 1