‹ Feuilles volantes et pages d'histoireChapitre 17 sur 47 · M. Thibault avait été un actif collaborateur du · texte numérisé non relu

M. Thibault avait été un actif collaborateur du

Je revis M. Thibault — devenu le Frère Olivier — une seule fois, à Montréal. Il remplissait 'les fonctions de secrétaire-général de sa communauté. Il était très pâle et paraissait écrasé sous son lourd costume. Il m’écrivit plusieurs lettres, et je conserve précieusement l’une d’elles remplie de sentiments affectueux pour son ancien professeur et collègue.

Dans le courant de l’été de 1877, je reçus du Frère Olivier une carte postale qui m’affligea beaucoup. Elle était signée Fra Diavolo (Frère Diable)!... Hélas! mon pauvre ami était atteint de folie !...

Il y avait urgence de l’éloigner de Montréal et de le confier à des mains sûres, car il ne tenait plus en place. Vers la fin du mois d’aout 1877, i! envoyé dans sa famille, à Saint- Urbain, comté de Charlevoix, où il redevint tout à fait calme, puis s’éteignit doucement, ne donnant plus que de rares signes d’intelligence.

Ici s’arrêtent mes souvenirs intimes se rat-

Courrierdu Canada. Chez les Frères, il écrivit un Essai sur l’ Education qui fut très remarqué (1876). En même temps, il donnait un cours d’histoire du Canada au grand noviciat » de son institut.

tachant à l’Ecole normale Laval. En 1875, l’honorable Charles Boucher de Boucherville, alors premier ministre, dont j’avais fait la connaissance à Paris dix-sept ans auparavant, voulut m’attacher à l’un des deux départements dont il était le chef. Il était ministre de l’Instruction publique, et, comme tel, il méditait un suicide !... Je crois même qu’il m’invita un peu à tirer le cordeau.

Chacun sait que M. de Boucherville est le père de l’organisation actuelle du département de l’Instruction publique, avec son conseil, ses deux comités autonomes et son surintendant.

Je quittai, non sans regret, la situation où M. Chauveau m’avait appelé dès 1857, et les hommes instruits et estimables que j’étais heureux d’appeler mes collègues. De tous les professeurs de la première heure il ne restait plus, à l’école, que le respecté Monsieur Toussaint.

Je ne vis pas à l’œuvre le successeur immédiat de M. l’abbé Lagacé. A Rome, au séminaire français, où il avait passé plusieurs années, j’en avais entendu faire de très grands éloges, et cela én présence de Mgr Blancher, évêque de la Guadeloupe, de l’abbé Peyret, chanoine de la cathédrale d’Auch, et de plu-

sieurs autres ecclésiastiques. Si je répétais ici tout le bien qu’on en a dit en cette circonstance, je m’exposerais à des reproches de la part du vénérable personnage mis en cause. Je m’en abstiendrai donc, car rien ne me ferait plus de peine que d’être censuré par mon archevêque . . .

Il a été convenu que je ne mettrais pas le pied sur le vingtième siècle. Je laisse à d’autres de dire ce qu’est l’homme de devoir qui préside aujourd’hui aux destinées de l’Ecole normale Laval. Chez lui, chez Monsieur son assistant et chez tous les professeurs de l’institution se réunissent les fécondes traditions du passé et les heureuses initiatives de l’heure présente. C’est grâce à ces hommes éclairés et vraiment excellents que l’on voit se réaliser de nos jours les vœux de l’archevêque Baillargeon, les espérances de Monsieur Chauveau, toutes les promesses si brillantes de l’origine semi-séculaire de <c notre » chère école.

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