‹ Feuilles volantes et pages d'histoireChapitre 21 sur 47 · LES SAUVAGES DE L’AMÉRIQUE ET L’ART MUSICAL · texte numérisé non relu

LES SAUVAGES DE L’AMÉRIQUE ET L’ART MUSICAL

proprement parler, on ne trouve aucune

■Gv trace d’art musical chez les sauvages de la première période des découvertes américaines. Les « bons accords « des chants brésiliens dont parle Jean de Léry, les « chansons »■ des Souriquois mentionnées par Marc Lescarbot, et même le chant il linois noté par Jolliet ou Marquette dans leur célèbre voyage de 1673, ne constituent nullement des témoignages attestant l’existence d’un art véritable chez les anciens Indiens d’Amérique \ Ce ne fut que sous l’influence tonale de la musique des

i. Voir : Lafitbau, — Mœurs des Sauvages Amériquains, Paris, 1724 ; Lbscarbot, — Histoire de la Nouvelle-France , édition Tross, vol. III, pages 655 et 656 ;

Relations inédites de la Nouvelle-France , édition Douniol, vol. II, pages 270 et suivantes.

Européens que les chants de nos indigènes prirent une forme rythmique et modale voisine de l’art, sinon tout à fait artistique.

Cette influence s’accrut rapidement. On peut s’en convaincre en visitant certaines « bourgades » de la province de Québec où l’empreinte musicale européenne est, depuis déjà assez longtemps, fortement accusée.

La musique ne devient un art qu’avec la 'civilisation. Ce serait se montrer bien naïf que de prendre à la lettre les fictions des romanciers européens à l’endroit des chants des Indiens de jadis. Et l’autorité des compositeurs ne vaut pas plus que celle des romanciers en ces matières. Ce ne sont pas les chants montagnais signalés par le Frère Gabriel Sagard qui ont inspiré Félicien David lorsqu’il écrivit son « chœur des sauvages » et son « chant de la mère indienne » ; ce ne sont pas non plus les cinq pauvres notes brésiliennes données par Jean de Léry qui nous ont valu le « chant du rnysoli » et le « chant du Grand Esprit des bois» de la Perle du Brésil.

Quant à A'' hymne de l’Iroquois scalpant son ennemi » \ c’était simplement un cri strident,

Page 1