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ARMOIRIES ET DEVISES

LES armoiries des provinces de Québec, d’Ontario, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick ont été «assignées» par mandat de Sa Majesté la reine Victoria daté de la cour de Saint-James le 26 mai 1868. Voici la description des armes de la province de Québec telles que décrites dans ce mandat royal : D'or à la fasce de gueules chargée d'un lion d'or passant regardant , accompagnée en chef de deux fleurs de lis d'azur , et en pointe de trois feuilles d'érable sinople tigées.

On sait que, dans le blason, les couleurs sont souvent simplement indiquées, et cela par des lignes ou hachures tracées selon certaines règles conventionnelles. Ainsi le rouge (de gueules) est représenté par des lignes verticales ; le bleu (d’azur) par des lignes horizontales ; le vert (de sinople) par des lignes diagonales allant de

droite à gauche ; le pourpre par des lignes diagonales allant de gauche à droite; le noir (de sable) par des lignes horizontales et verticales croisées. L’or est indiqué par un pointillé ; l’argent, par l’absence de tout signe (fond uni).

Les armes de la province de Québec qui nous furent ainsi données par la reine Victoria en 1868 reçurent, en 1883, l’addition de la devise Je me souviens qui dit si admirablement la raison d’être du Canada de Cliamplain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération.

M. Eugène Taché avait dressé le plan (élévation) de la façade extérieure du palais législatif de Québec, et y avait introduit les armes de la province en y ajoutant cette devise : «Je me souviens», dont il est l’auteur, et qui était alors inconnue. Or, tous les plans de l’édifice, notamment celui de cette façade extérieure, furent approuvés par un arrêté de Son Excellence le lieutenant-gouverneur en conseil portant la date du 22 janvier 1883. On peut donc dire que c’est a partir de cette date que la

d^vl;e Je me souviens a revêtu un caractère officiel.

Il y aurait une intéressante étude à faire sur

quelques-unes des devises se rapportant aux armoiries qui décorent le palais législatif de Québec : celles, par exemple, des Montmorency: Dieu ayde au premier baron chrestien ; des Lévis : Dieu ayde au second chrestien Lévy ; des La Croix Chevrières de Saint-Vallier : Indomitum do>miere cruces ; des Missionnaires de la Compagnie de Jésus: Ad ?najorem Dei gloriam \ des Pères Franciscains récollets: Absit mihi g loriari nisi in cruce D. N. J. C. ; des Bruce (Elgin) : Fuimus ; des Salaberry : Force à superbe , niercy à foible.

L’écu de l’ancien royaume de France : «d’azur aux trois fleurs de lis d’or», figure dans la décoration de notre palais national de la province de Québec avec la devise, ou cri de guerre: Montjoye Saint-Denys.

Montjoye était le nom de la bannière des Carlovingiens ; Saint-Denys était le nom de l’oriflamme des Capétiens. La bannière des Carlovingiens fut remise par le pape Adrien Ier à Charlemagne sur la colline de Rome appelée Mons gaudii : de là le nom de Montjoye donné à cette bannière.

Certains personnages dont les noms reviennent souvent dans nos annales historiques canadiennes, adoptèrent, simultanément ou

successivement, plusieurs devises. Colbert eut Pro Rege sœpe , pro Patria semper (pour le roi souvent., pour la patrie toujours), puis Perite et Recte (avec habileté et droiture). Montcalm eut aussi deux devises : Mon innocence est ma forteresse , et Draconis extinctor.

Le dessin mi-classique, mi-fantaisiste, placé en tête de cet article, est dû à l’habile crayon de l’auteur même de la devise Je me souviens.

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