Madame Claude de Bullion (Angélique Faure de Berlèze
2. Voir cette liste au volume IX des Mémoires de la Société Historique de Montréal (année 1880).
3. De Père Poncet paraît avoir résidé à Villemarie en 1642 et les Pères Duperon, Davost etDreuillettes en 1643.
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un séjour qu’il fit en Hollande au début de sa carrière militaire.
Dans la demi-obscurité qui régnait à l’intérieur de la chapelle, les nouveaux arrivés virent sans doute, et non sans émotion, remplaçant la lampe du sanctuaire, des mouches phosphorescentes emprisonnées sous un vase de cristal, — lucioles dont les mouvements incessants faisaient jaillir de fugitives lueurs et qui rendaient à leur manière l’hommage d’adoration dû à la Divine Eucharistie h
Il y avait plus d’un an que l’on avait fait à Villemarie l’inauguration des lucioles adoratrices, si l’on peut ainsi parler. Partis de Québec le 8 mai 1642, sous la conduite du chevalier de Montmagny, gouverneur du Canada, les premiers colons de Montréal, ayant à leur tête M. de Maisonneuve, M. de Puiseaux, Madame de la Peltrie, Mademoiselle Mance, et
1. Pendant plusieurs années, la difficulté de se procurer l'huile nécessaire n’avait pas permis de tenir une lampe constamment allumée devant le Très Saint Sacrement. M. l'abbé Gabriel Souart, sulpicien, ayant été nommé curé de Villemarie en 1657, prit alors l’engagement d’entretenir la lampe du sanctuaire et d’y faire brûler de l’huile d’olive, nuit et jour, à ses propres frais, en attendant qu’il pût, par l’achat d'un terrain, créer une rente perpétuelle à cet effet.
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accompagnés du R. P. Barthélemi Vimont, supérieur général de la Compagnie de Jésus, étaient rendus à destination le 18 du même mois, et prenaient pied à l’endroit appelé Place-Royale par Champlain. (' Comme on arriva de grand matin, dit M. Dollier de Casson, on célébra la première messe qui ait jamais été dite en cette isle (de Montréal), ce qui se fit dans le lieu où depuis on a fait le château b Afin de faire la chose plus célèbre, on donna le loisir à Madame de la Peltrie et à Mademoiselle Mance d’y préparer un autel, ce qu’elles firent avec une joie difficile à exprimer et avec la plus grande propreté qu’il leur fut possible. Elles ne pouvaient se lasser de bénir le ciel qui, eu ce jour, leur était si favorable que de les choisir et de consacrer leurs mains à l’élévation du premier autel de cette colonie. Tout le premier jour on tint le Saint-Sacrement exposé... On n’avait point de lampes ardentes devant le Saint-Sacrement, mais on y avait certaines mouches luisantes qui y brillaient fort agréablement jour et nuit, étant suspendues par des filets d’une façon agréable
i. Château ou fort. — La maison <lu fort fut démolie en 1682-83 et remplacée par la maison de M. de Callière.
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et belle, et toute propre à honorer, selon la rusticité de ce pays barbare, le plus adorable de nos mystères ».
Au berceau de Montréal. — La Place- Royale de Charnplain, emplacement du P'ort érigé par Maisonneuve. — Premier contact avec les Algonquins. — Madame d’Ailleboust étudie leur langue. — M. d'Ailleboust ingénieur. — Les dogues gardiens du Fort. — La vaillante Pilotte.
Retournons plus en arrière encore.
Re 28 mai de l’année 1611, Samuel de Champlain débarqua sur la pointe de terre où, trente et un ans plus tard, M. de Maisonneuve devait ériger le fort de Villemarie, au confluent de la petite rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint- Raurent. Re fondateur de Québec passa vingt jours à cet endroit. Il y fit abattre une quantité de beaux arbres et déblayer un vaste espace de terrain auquel il donna le nom de Place-Royale. Il y rencontra deux cents Hurons venus du pays des Grands Racs pour faire avec
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lui la traite des pelleteries. Champlain visita cet endroit à plusieurs reprises et y fit construire quelques abris 'temporaires, ériger une muraille eu briques, et semer des graines de jardin. Ce lieu était bien connu des Iroquois, qui le nommaient Tiotiaki. A peu de distance se trouvaient plus de six cents arpents de terre en prairies que des sauvages (quels sauvages?. . .) avaient autrefois cultivée, a N’oublions pas, dit M. Jacques Viger, que, dans l’itinéraire de Champlain, un voyage au Saut Saint-Louis, c’était un voyage à la Place-Royale, la Pointeà-Callière de nos jours. . . Champlain appelle Place-Royale, mais jamais Mont-Royal ou Mont-Réal, le ;coin de terre qu’il défricha et habita ».
C’est donc sur la Place-Royale de Champlain; que s’élevait le Fort de Villemarie construit par Maisonneuve. Et c’est là que nous allons retrouver les voyageurs de la recrue de 1643 h
1. On a inauguré à Montréal, le 18 mai 1894, un monument que beaucoup de Montréalais n’ont jamais vu. Il est situé Place-d’ Youville (continuation de l’ancienne Place-Royale) , presque en face de la rue Saint-Pierre. C’est un obélisque en granit, dont le piédestal, de forme quadrangulaire, porte quatre inscriptions sur plaques de
bronze. Une de ces inscriptions se lit comme suit :
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Le jour même de leur arrivée et les jours qui suivirent immédiatement, M. d’Ailleboust et ses compagnons s’occupèrent de leur installation et s’empressèrent d’écrire à leurs parents et amis de la vieille France ; en même temps ils prenaient contact avec les Algonquins du voisinage. S’inspirant de l’exemple de la jeune
Le iS mai 1642 , près de cet obélisque , entre
le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires , à
V endroit appelé Place-Royale par Champlain le 28 mai 1611 ,
Paul de Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal.
Il érigea
les premières h abitations , le port, la chapelle , le cimetiere , qu'il renferma dans une enceinte de pieux .
Le 23 février 1642
Montréal avait été consacré à la Sainte Vierge sous le nom de Ville-Marie ;
Le 13 février 1644
Louis XIV lui accorda sa première charte civique. Le 26 mars 1644 Chomedey de Maisonneuve en
fut nommé premier gouverneur particulier.
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femme de Champlain \ Madame d’Ailleboust commençait l’étude de la langue des indffiènés, — étude dans laquelle elle réussit d’une façon remarquable. Le Père Dreuillettes, qui était un linguiste, dut l’aider dans cette tâche difficile.
Il faut noter ici un événement qui ne fut pas sans quelque importance dans la colonie naissante. Madame de la Peltrie, s’estimant de peu d’utilité, et constatant que le projet de
fonder une communauté d’Hospitalières à Ville-
marie était plus en faveur que son propre projet d’y établir une maison d’enseignement, — tâche qui fut dévolue plus tard à la Vénérable Marguerite Bourgeois, — résolut de s’en retourner à Québec avec sa fidèle compagne Charlotte Barré. Le départ eut lieu dès l’automne de 1643. La bien-aimée fondatrice du plus ancien monastère d’Ursulines de la Nouvelle-France
1. Hélène Boullé, veuve du fondateur de Québec, vivait encore à cette date. Elle entra comme novice chez les Ursulines de Paris, en 1645, sous le nom de sœur Hélène de Saint-Augustin, et devint, en 1648, religieuse professe et fondatrice d’un couvent d'Ursulines à Meaux, où elle mourut le 20 décembre 1654, à l’âge de 56 ans. (N.-E. Dionne. — Serviteurs et servantes de Dieu en Canada.)
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fut reçue à Québec avec la plus grande joie. Son séjour à Montréal avait duré dix-huit mois \
Ce même automne de 1643, (( les dépêches de France étant parties, on commença d’arracher les petits pieux qui environnaient le Fort, et à mesure on le revêtit de beaux bastions que traça M. d’ Ailleboust, auquel M. de Maisonneuve laissa la conduite de cette entreprise : Messieurs de la Compagnie lui ayant mandé qu’il était fort intelligent en ce fait ; aussi y réussit-il très bien, ainsi qu’on l’a vu depuis». C’est Dollier de Casson qui s’exprime ainsi. Trois ans plus tard M. d’ Ailleboust réduisait à quatre le nombre des bastions du fort. Ces nouveaux ouvrages étaient si admirablement construits que rien de semblable n’avait été vu encore dans la colonie de la Nouvelle- France.
Le Fort — ou le Château, comme on disait alors, indistinctement — avait la forme d’un quadrilatère régulier. Dans son Esquisse histo. torique de la ville de Montréal , M. A. Leblond de Bru math dit qu’il était «flanqué de quatre bastions en maçonnerie; les courtines, de deux