LA LOUISIANE
J Mme A, Le Duc,
Pays du soleil où la fantaisie
Sons un ciel doré tourne son fuseau,
Radieux rival de l'Andalousie,
Dont le nom charmant, plein de poésie,
Résonne à mon cœur comme un chant d'oiseau
Sous tes frais bosquets (ju'embaume l'orange, On sent circuler de vagues aimants ; Tes lourds bananiers, que la brise effrange, Semblent frissonner au concert étrange Qui flotte dans l'air de tes soirs charmants.
Sous tes dômes verts qu'ond)re la liane Rayonnent souvent de grands yeux hardis ; Et, l'artère en feu, jusqu'à la diane, Plus d'un Werther veille, ô Louisiane, Au seuil parfumé de tes paradis.
Et moi, lils du Nord aux hivers moroses,
La Louis iane
— Souvenir lointain, mais toujours vrainqueur — A ces douces nuits, à ces beaux jours roses, En rêvant je sens, malgré mes névroses. Comme une fleur d'or éclore en mon cœur !