A SOLEDAD
Le beau soleil de mai rayonne.
Et, d'un baiser d'or, dit bonjour Au bronze saint qui carillonne Au fond des orands clochers à jour.
178 Fe uilles Volantes
Une foule toute fleurie Envahit les parvis sacrés ; Viens, Soledad, viens, raa chérie ; C'est Jésus qui nous dit : — Entrez
Il t'attend au banquet des anges ; Approche, le couvert est mis ; Les enfants, les fleurs, les mésanges, Tous les petits sont ses amis.
Les cierges brûlent, l'orgue chante, A l'autel fume l'encensoir ; La voix, qui se fait plus touchante.
Te dit : — Ma fille, viens t'asseoir !
Première Covirtiunion 179
Ecoute cet appel si tendre :
Obéis à la douce voix :
C'est Dieu même ([ui vient te tendre La main pour la première fois.
De sa croix oii l'amour le cloue, Lui l'Adorable, lui le Saint, Il veut te baiser sur la joue ; Il veut te presser sur son sein.
Il désire être à toi . . . Que dis-je ? Dans son amour de Tout-Puissant, Par un ineffable prodioe, Il t'offre son corps et son sang.
]S0 Feuilles Volantes
Sou corps qui, d'un '^\])et iuinion<le, Pour pardonner ouvre les liras !
Son sang ipii i-aclieta le monde, Et coule encor pour les ingrats !
Ce corps, ô miracle qui touche ! ■ Ce sang, séraphique liqueur, Ils vont descendre sur ta bouche, Et pénétrer jusqu'en ton co^ur.
Oui, dans ton petit cœur, mignonne, Par la Foi nos yeux entrouverts Vont voir flamboyer la couronne Du monarque de l'univers.
Freinière Coniiuunion 181
Ceux qui t'aiiuent sont là (|ui tremblent : Devant le mystère troublant, Ils croient v^oir des ailes qui semblent Palpiter sous ton voile blanc.
Pour bien répondre à leur tendresse, O Soledad, ouvre au Seigneur !
Plonge-toi dans ta sainte ivresse, Abîme-toi dans ton bonheur !
Celui, dont la grandeur austère Se courbe aujourd'hui sous ton toit, Te donne le ciel et la terre, Enfant, puisqu'il se donne à toi.
Le prêtre vient, la cloche sonne, Voici Dieu, mon ange, à genoux Tends-lui ta lèvre qui frissonne ; Aime-le bien et pense à nous !
Prie un peu pour chaque souffrance, Pour l'incrédule au cœur flétri.
Pour ta famille et pour la France, La grande mère au sein meurtri !
Et puis dans ta reconnaissance, Au doux Jésus qui t'aime tant Offre ta candide innocence, Et le bon Dieu sera content.
Première Communion 183