‹ Feuilles volantes (volume 2)Chapitre 19 sur 23 · A SOLEDAD · texte numérisé non relu

A SOLEDAD

Le beau soleil de mai rayonne.

Et, d'un baiser d'or, dit bonjour Au bronze saint qui carillonne Au fond des orands clochers à jour.

178 Fe uilles Volantes

Une foule toute fleurie Envahit les parvis sacrés ; Viens, Soledad, viens, raa chérie ; C'est Jésus qui nous dit : — Entrez

Il t'attend au banquet des anges ; Approche, le couvert est mis ; Les enfants, les fleurs, les mésanges, Tous les petits sont ses amis.

Les cierges brûlent, l'orgue chante, A l'autel fume l'encensoir ; La voix, qui se fait plus touchante.

Te dit : — Ma fille, viens t'asseoir !

Première Covirtiunion 179

Ecoute cet appel si tendre :

Obéis à la douce voix :

C'est Dieu même ([ui vient te tendre La main pour la première fois.

De sa croix oii l'amour le cloue, Lui l'Adorable, lui le Saint, Il veut te baiser sur la joue ; Il veut te presser sur son sein.

Il désire être à toi . . . Que dis-je ? Dans son amour de Tout-Puissant, Par un ineffable prodioe, Il t'offre son corps et son sang.

]S0 Feuilles Volantes

Sou corps qui, d'un '^\])et iuinion<le, Pour pardonner ouvre les liras !

Son sang ipii i-aclieta le monde, Et coule encor pour les ingrats !

Ce corps, ô miracle qui touche ! ■ Ce sang, séraphique liqueur, Ils vont descendre sur ta bouche, Et pénétrer jusqu'en ton co^ur.

Oui, dans ton petit cœur, mignonne, Par la Foi nos yeux entrouverts Vont voir flamboyer la couronne Du monarque de l'univers.

Freinière Coniiuunion 181

Ceux qui t'aiiuent sont là (|ui tremblent : Devant le mystère troublant, Ils croient v^oir des ailes qui semblent Palpiter sous ton voile blanc.

Pour bien répondre à leur tendresse, O Soledad, ouvre au Seigneur !

Plonge-toi dans ta sainte ivresse, Abîme-toi dans ton bonheur !

Celui, dont la grandeur austère Se courbe aujourd'hui sous ton toit, Te donne le ciel et la terre, Enfant, puisqu'il se donne à toi.

Le prêtre vient, la cloche sonne, Voici Dieu, mon ange, à genoux Tends-lui ta lèvre qui frissonne ; Aime-le bien et pense à nous !

Prie un peu pour chaque souffrance, Pour l'incrédule au cœur flétri.

Pour ta famille et pour la France, La grande mère au sein meurtri !

Et puis dans ta reconnaissance, Au doux Jésus qui t'aime tant Offre ta candide innocence, Et le bon Dieu sera content.

Première Communion 183

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