‹ Feuilles volantes (volume 2)Chapitre 21 sur 23 · LE REVE DE LA VIE · texte numérisé non relu

LE REVE DE LA VIE

A mes amis.

A vingt ans, poète aux abois, Quand revenait la saison rose, J'allais promener sous les bois Mon cœur morose.

A la brise jetant, hélas !

Le doux nom de quelque infidèle.

Je respirais les frais lilas En rêv^ant d'elle.

Toujours friand d'illusions

Mon cœur, que tout amour transporte

Plus tard à d'autres visions

Ouvrit sa porte.

La gloire, sylphe décevant Si prompt à fuir à tire-d'aile, A son tour m'a surpris souvent

A rêver d'elle.

Mais maintenant que j'ai vieilli, Je ne crois plus à ces mensonges :

Le Béve de la Vie 197

Mon pauvre cœur plus recueilli

A d'autres songes.

Une autre vie est là p(jur nous, Ouverte à toute âme fidèle :

Bien tard, hélas ! à deux genoux,

Je rêve d'elle !

A Mme F.-X. LEMIEUX

A Voccasioii de la iiaiKsance de sa Jille Juliette, quatorzième enfant de la famille.

Madame, au Dieu d'amour qui féc<mde le nid,

Le doux nid des mésanges.

Il a plu de peupler votre foyer béni

De bien des petits anges.

200 Feuilles Volantefi

Treize ! raiipés autour dune table, c était

Déjà tout un poème ; Mais vous avez voulu, croyant qu'on en cloutait,

Y joindre un quatorzième.

Pourquoi donc, a-t-on dit, à ce gi'oupe coquet

Ajouter quelque chose ?

C'est que vous désiriez couronner le bouquet

Par un bouton de rose !

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