‹ Feuilles volantes (volume 2)Chapitre 23 sur 23 · A OVIDE PERREAULT · texte numérisé non relu

A OVIDE PERREAULT

A VocoiiKion (le sa décoration comme chrralicr tic la Léyion il'hotinmr.

Ami, le lendeinaiu des sanglantes batailles, Aux accents des clairons, aux éclats des bravos, Sous les drapeaux flottants, criblés par les mitrailles, Le général vainqueur jette croix et médailles Au sein poudreux de ses héros.

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Pour un soldat, la croix, fleur de chevalerie, C'est chaque dévoûnient amplement compensé ; C'est le baiser d'orgueil de la mère attendrie : C'est le baiser d'amour que donne la Patrie, En échange du sang versé.

Pour plusieurs c'est souvent l'espérance dernière : Car chaque brave sait que, défait ou vainqueur, Tant qu'il vivra, partout, duchesse et cantinière Diront en regardant brillei- sa boutonnière : Celui-là c'est un noble cœur !

Mais, loin du champ d'honneur, d'autres âmes fécondes Ont, si ce n'est leur sang, autre chose à donner; Et, fière nef voguant aux plus lointaines ondes,

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La France sait ti^^uver, aux rives des deux mondes, D'autres têtes à couronner.

Ce sont ces cœurs vaillants qui fleurissent dans l'ombre, A la France vouant tout leur modeste amour, Et, tandis que là-bas mainte loyauté sombre, Lui donnent, sans jamais en supputer le nombre, Leurs dévoûments de chaque jour.

Or, vous êtes, ami, l'un de ces cœurs modèles : Et notre mère à tous devait bien à cela D'envoyer vers nos bords ces messagers fidèles Qu'on nous dit aujourd'hui venus à tire-d'ailes Vous apporter cette croix-là.

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Cette croix, clier ami, beau prix de votre zèle, Cette croix nous aimons à la voir rayonner ; Mais si la France, ici, devait, chose nouvelle. Orner chaque poitrine oii bat un cœur pour elle, Elle n'aurait bientôt plus de croix à donner.

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