IMPROMPTU
(A bord du Québec, le 2 juillet 1866.)
Le Couchant luit là-bas comme un vaste incendie ; Le soleil sur les flots sème un rayon mourant ; Les derniers bruits du jour chantent leur mélodie ; Et, dressant fièrement sa carène hardie,
Le Québec fend au vol les eaux du Saint-Laurent,
Le long panache dont sa tête est couronnée
Déroule dans les airs ses ondoyants réseaux ;
11 tourmente à grand bruit la vague déchaînée.. ,
Il passe, il fuit, laissant une longue traînée
Xoire dans le ciel pur et blanche sur les eaux.
O fleuve, qu’ils sont loin les jours où nul servage
N’avait encor dompté ton orgueil éclatant ; Où de légers wigwams ornaient seuls ton rivage ; Où tu n’avais bercé sur ta houle sauvage
Que la frêle pagaie et le bouleau flottant !
Penchant leur front pensif sur ton urne qui gronde, O vieux Niagara, qu'ont donc dit tes forêts,
En voyant, jusqu’au fond de ta grotte profonde, Ta sombre royauté crouler comme ton onde,
Et s’incliner devant le sceptre du progrès ?
tirs asc sasaisisus à
A Mme FX. LEMIEUX
À l'occasion de la naissance de sa fille JULIETTE, Quatorzième enfant de la famille,
Madame, au Dieu d’amour qui féconde le nid,
Le doux nid des mésanges, I à plu de peupler votre foyer béni
De bien des petits anges.
Treize ! rangés autour d’une table,
c'était Déjà tout un poème ; Mais vous avez voulu,
croyant qu’on en doutait,
Y joindre un quatorzième.
Pourquoi donc, a-t-on dit, à ce groupe coquet
Ajouter quelque chose ?
Ah ! c’est que vous vouliez couronner le bouquet
Par un bouton de rose !
æmtisss Güi
sus