‹ Feuilles volantesChapitre 67 sur 137 · NOCES DE DIAMANT · texte numérisé non relu

NOCES DE DIAMANT

A M. et Mme C, pee

O mes chers vieux amis, à l'époque trop brève,

Et pour moi disparue, hélas ! depuis longtemps,

Où l'on voit devant soi l'avenir qui se lève

Comme un soleil joyeux sur l’azur du printemps ;

Quand j'étais jeune, enfin, j'avais fait ce doux rêve L'une existence entière

Aube

— oui, de tous les instants — sans lendemain qui commence et s'achève

Dans la naïveté des amours de vingt ans.

Je ne réclame point. La vie est bonne mère :

Elle mit sur ma route, en brisant ma chimère,

Une assez large part de bonheur en retour ;

Mais sans trouver en rien la destinée injuste, Je salue, attendri, votre vieillesse auguste

Qui sut réaliser mon beau rêve d’un jour !

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