EN MER
À ma petite Marie-Jeanne.
L’océan roule en paix sa houle souveraine, Où, mobile, se joue un reflet de ciel clair : Et, les ailes au vent, Comme un oiseau de l'air,
Notre steamer géant y plonge sa carène.
Le soleil radieux s'enfonce dans la mer, Dorant l’immensité de sa splendeur sereine ; Sur les flots monte au loin comme un chant de sirène...
Et pourtant, sur ma lèvre erre un sourire amer.
Le spectacle est charmant, féerique, unique au monde ; Mais j'aime mieux les soirs où l’âpre bise gronde
Et dans les grands huniers jette son cri strident ;
Ah ! c’est qu’il est trop lent le vaisseau qui m'enlève, Et que je vois là-bas, loin là-bas, dans mon rêve,
Un doux berceau béni qu'on berce en m’attendant.
O papa, baisez-moi de bon cœur.