‹ Feuilles volantes [microforme]Chapitre 11 sur 43 · LE PELLERIN · texte numérisé non relu

LE PELLERIN

4 Mme Adine Riom, de Nantes,

En souvenir d'une charmante hospitalité,

C'est un gros bourg assis sur les bords de la Loire.

Poudreux, morne, accoudé sur son £oveau penchant, 0 regarde à ses pieds le grand fleuve de moire | à

ouler ses larges flots de l'aurore au couchant,

‘À On dirait ces vieillards, au seuil de leur chaumière, D: tu MD ut:

Qui, dans la paix des jours trop longtemps attendus, 4

M las:

Semblent suivre des yeux, au loin, dans la lumière, ne. D ù D. ou

On ne sait quels lambeaux d'anciens rêves perdus.

En Il repose au soleil, il dort sous les étoiles ; Mai ; | | | ‘à Songeur, mais sans regrets, de saison en saison, D Pur le 1 € nu Il voit s'éparpiller l’essaim de blanches toiles E Co: : 7e , A , : « ù 1 ., à | Que la brise du larce emporte à Phorizon. D Dan

Il ignore le bruit, les chocs, la vie émue :

Ïl n'apercoit, quand vient le réveil du matin. 5 |

De toute la fumée où le monde remue,

Que celle du steamer qui fuit dans Je Joimtain,

L Le Pellerin

mière LE | Autrefois, dévastant la campagne et les villes, D tendus " Mn à | 7 Lasant les foyers morts et les champs d'épis mûrs, e # EN mere A du . ‘ | 07 Deux fois le noir brandon des discordes civiles rdus, , En décombres sanglants transforma ses vieux murs. Mais le canon s'est tu: la torche s'est éteinte : on d ., , .

J 2 Partout la quiétude à remplacé le bruit : Je “ EE ne , Re … Ce nest plus le tocsin, c'est langélus qui tinte À

ù Dans le beau clocher neuf du temple reconstruit,

Le villageois paisible a rebâti son gite :

Les champs ont retrouvé leur blond manteau d'épis ;

Et, si quelqu'un s'émeut, c'est qu'un oiseau s'agite

Dans le lierre qui grimpe aux vVIeUX INUTS l'ECTÉPIS,

Silence dans la rue et calme sur la crève...

Oh! quand le cœur s'éprend des choses d'au-delà, | Ni Pour caresser en paix sa pensée ou son rêve, D dun ds à . . : ie #1 Quel coin de paradis que ce bon vieux bourg-là ! ‘4 La à 4) ‘4 Je le revois souvent, aux heures fugitives D Fa Où le poëte, un peu comme les amoureux, D Av S'attarde à contempler les douces perspectives D Gel Qu'échure le rayon des souvenirs heureux. Ù Un Un jour d'isolement, quand mon âme assoiftée EL Je Cherchait la poésie aux hasards du chemin, M So Fut-ce la Providence où quelque bonne fée, 0 Où Quelque chose m'avait conduit là par la main. 4 So

celà,

Le Pellerin 77

Mon labeur n'eut jamais de plus fraiche retraite : Ma méditation de plus ombreux sentiers :

Jiunais je n'ai cueilli, plus tendre et plus discrete,

La fleur au doux parfum des saintes amitiés.

Nous avions là jardin, verger, pelouse verte, Avec des murs croulant sous les pampres: vraiment Cela formait, autour de ma fenêtre ouverte,

Un gracieux tableau dans un cadre charmant.

J'en raftolais, surtout quand l'aube, ouvrant son urne, Semait de diamants l'or des chemins sableux, Ou quand, le soir venu, montait l’astre nocturne

Sous le dais estompé des grands firmainents bleus,

7S Feuilles Volantes

Et ces beaux horizons aux lunes l'UpPOSCCS, Où mon regard aimait à vous chercher souvent, Dans l'ombre de la nuit, lurnineuses croisées

Des hauts moulins tournant leurs iles dans le vent,

Comme ils me captivaient avec leurs silhouettes De grands pins parasols émergeant des massits, Leur donjon de Buzay hanté juu les chouettes,

Et leurs prés verts, plantés de vieux chênes pensifs !

Mais, au flanc des coteaux, qu'est-ce donc qui rougeoïie Et jette cs reflets fauves aux alentours ?

Quels sont ces chants lointains et ces longs cris de joie

Qui mêlent leur fanfare aux trompes des pastours ?

Le Pellerin

La brise, par moments, sur ses ondes fluides, Nous apporte un bruit sourd et plein d'étrangeté: C'est lâpre appel d'airain des antiques druides..

x bats d Le 0 Lis 7 à 2 tr vent, Salut, belle Pat taune, a tit Saint Jean d'été:

SOUVent Je crois refaire au fil des révertes. Mes courses = douce trève aux travaux épuisants Le matin par la lande aux bruyeres fleuries,

en Le soir par les chemins bordés de vers luisunts. DIS,

uveoie À D'autres lois, pres du bord que la Vaouce CALlCSSO. Je reviens voir donmir la lune sur les eaux.

le joie Sans songer Simes pas troublent dans leur paresse

rs ? > Les douaniers ronflant sous leurs toits de lOSCHUX.,

SO Feuilles Volantes

Nous vivions là, pareils aux pinsons dans les branches, Savourant le plaisir d'échanger sans rancoœur, Dans le luisser-aller des intnnités franches,

Méme humble sequin contre l'or pur du ecœur.

Tous les soirs — je veux bien qu'on nren ridiculise -— Avant le couvre-feu, solitaires passants, Nous poussions doucement la porte de l'église

Pour aller devant Dieu rêver aux chers absents.

Je vois planer d'ici, sur notre front qui penche, L'ombre des hautes nefs au solennel décor ... Sereine émotion de l'âme qui sépanche,

Jamais je ne t'avais si bien comprise encor !

R | fi

Le Pellerin

branches, Entin, avec le jour qui tombe, arrivait l'heure | Des récits merveilleux, aimés du paysan :

Et le conte naïf, la légende qui pleure u Nous prêtaient tour à tour leur charme séduisant, ulise -— Puis, au travail! Ou bien, causerie en famille, Prolongée au milieu du silence des nuits, Pendant qu'un rossienol perdu dans la charmille s.

Modukut sa chanson d'alléeresse où d'ennuis.

Alors, tandis qu'au vol des vagues fantaisies, Nous chassions la chimère aux attraits persifleurs, Que de fois la clé d’or des chastes poésies

Nous ouvrit les jardins de l'Idéal en fleurs !

S2 Feuilles Volantes

Ce temps est loin déja: Fannée aux pas rapides À quatre fois, depuis, tourné son sablier:

Mais ces longs jours sereins et ces beaux soirs Timpides,

Mon cœur, Si vieux qu'il soit, ne peut les oublier.

Leur fantôme me suit comme une ombre fidèle :

Et mon rêve là-bas retourne à chaque instant, à ‘l'oc Comme Poiseau qu'Avril ramene à tire-daile Le Vers l'ancien nid témoin des doux timours d'antan. A

Merci, cher bon vieux boure, pour ces beaux reflets roses Dont se pare mon ciel trop souvent obseurer : Héias oui ne gémit sous ongle des névroses /

Pour ces souvonirs-ià, cher bon vieux hours, merci !

Le Pellerin

des : | , F Et toi, noble Bretaune, aïeule LU COUT de chéne,

Toi qui nas qu'un drapeau, qu'une âme et qu'un autel,

Lnpides, Toi dont l'antique histoire est une longue chaine

lier. ” : . L ! Où chaque chainon porte un cachet immortel: LE More! tu sais combien jatme tes vastes landes, ? ù ‘les bois, tes monuments, tes foréts de menbirs L'essain mystérieux de tes vieilles lésendes ntan. ! A toi surtout, merci pour 6e: chers SOUVenIrs !

etlets roses

cJ'CI !

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