A OVIDE PERREAULT
A l'occasion de sa décoration conune cheralier de la
Légion d'honneur,
Ami, le lendemain des sanglantes batailles, Aux accents des clairons, aux éclats des bravos, Sous les drapeaux flottants, criblés par les mitrailles, Le général vainqueur jette croix et médailles
Au sein poudreux de ses héros.
Pour un soldat, la croix, fleur de chevalerie, C'est chaque dévoûñment amplement compensé :
C'est le baiser d’orgueil de la mère attendrie : C'est le baiser d'amour que donne la Patrie,
Eh Le En échange du sang versé.
Pour plusieurs c’est souvent l'espérance dernière : Car chaque brave sait que, défait ou vainqueur, Pant qu'il vivra, partout, duchesse et cantinière Diront en regardant briller sa boutonnière :
Celui-là c’est un noble cœur: !
Mais, loin du champ d'honneur, d'autres âmes fécondes Ont, si ce n’est leur sang, autre chose à donner:
Et, fière nef voguant aux plus lointaines ondes,
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mes fécondes ner :
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À Ouide Perreault
La France sait trouver, aux rives des deux mondes,
D'autres têtes à couronner.
Ce sont ces cœurs vaillants qui fleurissent dans l'ombre, A la France vouant tout leur modeste amour,
Et, tandis que là-bas mainte loyauté sombre,
Lui donnent, sans jamais en supputer le nombre,
Leurs dévoûments de chaque jour.
Or, vous êtes, ami, l’un de ces cœurs modèles :
Et notre mère à tous devait bien à cela
D'envoyer vers nos bords ces messagers fidèles
Qu'on nous dit aujourd’hui venus à tire-d’ailes
Vous apporter cette croix-là,
Peuilles Voluntes
Ë Cette croix, cher ami, beau prix de votre zele,
a | | "| Cette croix nous aimons à la voir rayonner :
j : : RE F
Mais si la France, ici, devait, chose nouvelle, Orner chaque poitrine où bat un cœur pour elle,
Elle n'aurait bientôt plus de croix à donner,
Castel-Biray est une magnifique villa, résidence d'été de M. Paul Blanchemain, le fils du poète et poète de grand mérite lui-même. Elle est située dans l'Indre, à peu de distance du château de Longefont qu’habitait le père. Ce beau château de Longefont est le débris restauré d’une antique abbaye pittoresquement située sur les bords de la Creuse, non loin du gros bourg de Saint-Gaultier,
Prosper Blanchemain, décédé en décembre 1879, est inhumé dans l’humble cimetière d'Oulche, sa paroisse, à l'ombre d’une petite église isolée, à l'aspect pauvre et délaissé. Blanchemain était un grand poète avec deux grands défauts : il était riche et sans ambition. J1 chantait pour chanter — comme la cigale et le rossi-
fe gnol. Dédaigneux du gros public et de la réclame, il ne faisait tirer ses ouvrages qu’à 500 exemplaires, qu'il donnait à ses amis. Il en résulte que, si haute-
ment appréciées que soient ses œuvres par les leftrés et les poètes, elles sont relativement peu répandues
et peu connues des masses. Ces belles et chastes pages
resteront cependant, car elles ont l'élévation et la
clarté ; elles vibrent d’une émotion sincère, et sont
filles d’une inspiration vraie. Des liens d'amitié et de
reconnaissance m'unissaient au poète : une visite à sa
14 tombe avait pour moile caractère sacré d’un pèlerinage.
Saint-Benoît-du-Saut est une petite ville de l'Indre,
dont la population dépasse à peine un millier d’âmes.
L On y remarque un antique couvent de bénédictins,
! ainsi que des travaux d’écluses considérables, où roule
en cascades la rivière Le Portefeuille, Sur un vaste
plateau, à quelque distance de la ville, se voit un beau
im dolmen, le dolmen de Montborneau suivant Larousse,
de Montgarnaud suivant Jules Verne, Plus loin se
dresse un menhir qu'on appelle ordinairement la
pierre levée, où bien encore, je ne sais trop pourquoi,
A la croix des Rendes. Pour y parvenir, en suivant le