V. DE LArRAPE
Pittoresque manoir, retraite hospitalière Où Papineau vaincu coula ses derniers jours, J'aime à revoir tes murs, ta terrasse, tes tours Secouant au soleil leur panache de lierre.
Qui suit de tes sentiers la courbe irrégulière, En s'égarant sous bois, s'imagine toujours Voir, dans le calme ombreux de leurs secrets détours, Glisser du grand tribun l'image familière.
Car il vit tout entier ici — dans chaque objet ; Il aimait ce fauteuil, cet arbre l'ombrageait ; Tout nous parle de lui, tout garde sa mémoire ;
Et, pour suprême attrait, sur ce seuil enchanté, Le cœur tout grand ouvert, la Grâce et la Beauté Ajoutent leur prestige aux souvenirs de gloire.
Ses tours ont conservé leur sombre majesté.
Camtllb Delthtl.
LONGEFONT
Château de Prosper Blanchemain.
Ce fut, dit-on, jadis un paisible couvent Coquettement caché sur les bords où la Creuse Avec un bruit d'écluse, en serpentant se creuse Un lit sonore et frais sous le saule mouvant.
Des grands arbres perçant la voûte ténébreuse, 6a tour jumelle luit sous le soleil levant. . . Je ne l'ai jamais vu, mais en rêve souvent J'ai suivi les détours de son allée ombreuse.
Près du parterre en fleurs, un homme au front serein, Où le génie a mis son cachet souverain, Contemple avec amour l'ange de sa famille ;
Son fils est là, tout près, qui se penche à demi Sur trois gais chérubins jouant sous la charmille. . . Je n'en connais aucun, mais je suis leur ami.
Il voulait se construire un agréable a^ile.