‹ Feuilles volantes. Oiseaux de neiges (cent et un sonnets)Chapitre 69 sur 117 · CHÈRE RELIQUE · texte numérisé non relu

CHÈRE RELIQUE

Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données.

Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées, Sur ces roses, que seul le temps a profanées, Un doux rayon d'amour sème des reflets d'or.

Pauvres fleurs !. . . bien souvent, inutiles rosées, Les larmes de mes yeux vous auront arrosées, Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.

N'importe, je vous aime, ô reliques bénies ! Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon dernier sommeil !

Nous n'existons vraiment que par ces petits êtres.

Emile Augiek.

Page 1