Feuilleton bibliographique [microforme]
Tableau Chronologique par M. l’abbé Provencher ; —Les Lauzon par L. H. L.— Les Vices-Rois d'Amérique par R. B. :
Le Tableau de M. Provencher est un excellent tableau, quaiqu’il soit défectueux pour les annales judiciaires. Il eût peut-être bien fait aussi d’avoir, comme M. Boucher, une place peur les noms de nos grands hommes, en retranchant toutefois beaucoup de noms, et en y ajoutant quelques autres. Puissent les quelques notes suivantes être utile à l’auteur.—Première colonne— George IT gagne {a bataille de Deitin. Il fant dire Dettingue.
L'amiral Byng est puni de la peine capicale pour avoir livré Minorque aux Français.
L’amiral ne pouvait pas livrer Minorque, où il n’était pas, et où commandait le général Wade ; mais il ne combattit pas le comte de la Galissonière avec assez d’énergie pour délivrer la place.
1704. Prise de Gibraltar par Marlborough.— Il faut dire par le prince de Hesse et l’amiral Rook. Marlborougk n’a jamais commandé d’expéditions maritimes.
Deuxième colonne.— Vaudreuil de Cavagnac. 1l faut dire Cavagnal.
1760. Amherst établit la loi martiale.—C'’est là une fausse époque, et l’auteur se corrige lui-même quand il dit sous 1764 : Kyrection de la Cour du Banc du Roi. Exclusion des Canadiens de toutes les charges. Le fait est que nous avions gardé jusque là les institutions françaises, qu’on essaya alors de nous ôter.
Colborne (Sir James). Il faut dire Sir John.
Une société anglo-américaine met l'Amérique en commu-
Ça serait bon à mettre si la chose avait réussi.
Troisième colonne.—Ævéché de Rouen. Il faut dire archévêché.
1800. Mort du P. Félix de Berry, dernier des P. P. Récollets en Canada. ïIl-faut dire De Berrey, et noter de plus qu’il n’est pas le dernier Père Récollet du Canada.
1826. Mor. McDonald. M] faut dire McDonell.
Quatrième colonne.—1674. Condé bat le prince d’Orange à Senef.—La victoire fut disputée, et même Condé fut repoussé.
1815. Napoléon bat Blucher à Ligny, et Ney, Wellington, aux Quatre-Bras.
Ney attaqua Wellington aux Quatre-Bras, et fut repoussé, comme l’avouent Jomini et Capefigue. Jomini dit : “ Tandis que les troupes impériales sortaient si glorieusement d’une attaque difficile et périlleuse, Ney n’etait pas aussi heureux aux Quatre-Bras ;” et Capetigue : “ Si la victoire de Ligny n’eut rien de décisif, l’affaire des Quatre-Bras était triste et fatale.”
1855. Prise de Sébastopol par les alliés, Pélissier commandant en chef.—Il ne commandait en chef que les Français.
Un tableau doit conveuir à tout le monde et n’avoir point de couleur politique. Celui-ci s’écarte un peu de cette règle. Par exemple :
1838. L'insurrection recommence dans le Bas-Canada ; Colborne, sous prétexte de l’apaiser, promène dans presque toute la partie Sud la torche de l’incendie.
Ces mots sous prétexte de l’apaiser, mettent en droit de supposer que l’auteur croit que ce capitaine ne visait pas réellement à apaiser nos troubles, mais cherchait seulement une occasion de mériter son surnom populaire de Sir John Brulot.
1843. Metcalfe, (Sir C. T.) remplace Bagot, qui était mort à Kingston ; à méconnaïit les droits de ses ministres. Il ya même des Canadiens-Français qui ne l’ont pas cru.
Le style du tableau est parfois vulgaire, comme dans ces exemples :
L'armée anglo-espagnole chasse les Français de la Péninsule et rentre en France.
‘ai Brouille du gouverneur avec son conseil exécutif,
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ire 1784 et 1785. Demandes des Canadiens d’un gouvernement représentatif. (*) P. 1736. Le P. Auneau, avec La Vérendrye sont massacrés de par les Sioux.
da. Le duc d'Orléans et Dubois gouvernèrent la France durant 8 ans à force d’infamies.
0 - Malgré tout cela, je renouvelle mes félicitations à l’auidé teur : son tableau est un bon tableau. Quand il dit, d’après M. Garneau sans doute, que le dernier chanoine de TE | Québec est mort en 1796, il aurait peut-être dû se mettre à même de le nommer, et l’on vérifierait ensuite au re- moyen de la Liste Ecclésiastique.
ini Maintenant, la nouvelle société historique vient d’érlo- mettre une seconde livraison, qui établit que Charlevoix, Dé Moreri, Cousin et Bibaud jeune ont fait des erreurs, et, ne : | ce qui est plus curieux, que je n’ai pas mal deviné ire quand je me suis avisé de recruter la cohorte de mes adversaires du Juge-en-Chef Lafontaine.
om- Je n’ai pas à revenir ici sur la première livraison de la les = société ; j’en ai signulé ailleurs les bévues, moins une, | ainsi que le beau style. Bref, tout en préferant les donvoir ; nées du Juge-en-Chef aux miennes, voici mes notes sur 1 de son second écrit, qu’il termine de la sorte : “ Tel est le résultat de notes que j'avais recueillies sur les membres da ; | de la famille des Lauson, qui étaient venus:en Canada, et sque qu'un voyage fait à Québec m’a fourni l’occasion de rendre aussi complètes que possible. L'article est un peu Te long, il est vrai; mais il est bon de faire remarquer qu’il pas faut, pour convaincre certaines personnes, une surabondan- A ER ce de témoignagnes.” “1 Sir Cette mauvaise phrase pourrait bien n’être qu’une vantardise de Sir Lafontaine. Celui à qui il entend s’adres- Far ser, bien qu’il s'exprime au pluriel, —certaines personnes, des se serait parfuite ment urrangé de six pages catégoriques cs et lumiveuses,—d’uu factum, au lien de la galimafrée on ju du lourd et discordant mémoire du Juge-en-Chef. I[lme Nes serait beaucoup plus facile d'analyser les documens sur Pé-
ç*) Le gouvernement représentatif n'était demandé que par une pe-
tite partie des Canadiens, et à leur supplique il faut en ajouter uué Au
exé- tre dont les objections à la première furent une véritable prophécie,qui s’est accomplie à la lettie,
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lesquels il a travaillé que son propre travail. J’essaier2i néanmoins d’en tirer parti. Les compilateurs ont leur mérite. “ Les écrivains laborieux et infatigables qui travaillent à ces sortes de Recueils, dit le P. Griffet, n’ont besoin que de patience pour lire les différentes pièces qu’ils donnent au public, et d’une sorte de sagacité pour en faire le discernement ; ils ne sont pas historiens, mais ils fournissent des éclaircissemens nécessaires à ceux qui veulent travailler sur l’histoire ; ils ne sont pas architectes, mais ils vont chercher, dans les mines et dans les carrières, les matériaux nécessaires à la construction de l'édifice, et ils laissent à d’autres le soin de les arranger et de les polir.” Quant à moi je serai toujours bien aise que le Juge-en-Chef visite pour moi les Régîtres de nos paroisses.”
Notes.—Page 69 de la livraison. Voici donc un autre fils du gouverneur de Lauson qui ne parait pas être venu en Canada.”
Il n’a pas dit un mot pour le prouver et ne le fera que beaucoup plus loin. Nous avoss ainsi la conclusion avant les prémisses, ce qui indique déjà que les idées du Jugeen-Chef sont mal classées dans son esprit. Il faudra donc que je m’impose le trouble de les coordonner. On pourra aussi peut-être, avec le temps, faire quelque chose de ses notes anglo-françaises sur l’esclavage. M. de La Roche- Héron a rédigé les Servantes, et moi, je rédigerai, mais non pas en scribe, les notes du Juge-en-Chef. Pour le présent, toutefois, la publication de mes Commentaires de droit sera plus à propos. Je dirai une fois pour toutes qu’il faut écrire Lauzon. Le Commandeur Viger est venu un jour, suivi de M. Bellemare , me reprocher d’avoir écrit Lafontaine et non La Fontaine, comine il me dit que le baronet écrit toujours. Je ne me défendis pas, mais depuis en regardant le titre de l’Analyse de l'Ordonnance, (*} je trouvai par L. H, Lafontaine, avocat ! ! !
Même page.—17 paraît néanmoins que dans l'intervalle entre cette date et le 15 octobre 1648, elle (la seigneurie de
(*) Livre qu'il a écrit avec l'aide de feu M, Toussaint Peltier, de belle inémoire.
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Se la Citière) avait cessé de lui appartenir, et était devenue la iffet, propriété de son père. :
piè- | Et cependant, en 1651, un an avant la concession que cité le Juge-en-Chef dit lui avoir été faite par son père, iens, (Voyez page 71) les gens du pays désignent le troisième ceux fils sous le nom de Lauzon de la Citière. (Voyez page -chi- 67.) Ilest vrai que le langage du Juge-en-Chef est fort s les embarrassé, et que, malgré ces mots de la page 70, 2 faln de | lait que son père lui eût cédé la Citière du Canada, il peut se nger | faire qu’il n’entende pas, dans la concession de 1652, au bas aise de la page, désigner cette seigneurie. En effet, page 72, il > OS dit : etd’où je conclus que ln seigneurie de la Citière qui, en 1648, appartenait au père (du moins selon le Juge-en-Chef) Aiane était passée aux mains de son fls Louis, dès avant leur arrivetiti vée en Canada. Il ne faut point mettre ici légèrement le Tuge-en-Chef en contradiction avec lui-même, d’autant moins que l’occasion de le faire à un autre propos se pré- | ; GUe sente à moi incontinent. En effet, le Juge-en-Chef nous avant dit à la même page 72, sous le chiffre 7: Ainsi, jusqu’à ruge- cette année 1658, aucun des Lauson ne fut appelé dela Cidonc tière, si ce n’est Louis de Lauson. Mais à la page 69, le PUR Juge-en-Chef ne nie pas que le concessionnaire primitif nes François de Lauzon, ait pris le titre de la Citière. Ox
| pl | donna, dit-1l, à sa concession le nom de la seigneurie de lu Citière, et il ne fait que corroborer le dicton des gens du pays qui, en 1651, appèlent, non François, mais Louis de Lauson, Lauzon de La Citière. Je surprends le Juge- { en-Chef dans une autre contradiction à propos de ce qw’il adeur | dit au haut de la page 76, mais cette page 76 me revien-
mais ur Je aires pour
une dra, n’anticipons pas.
PAU ES La digression sur la veuve Catherine Nau, pages 77 et fi, ne suivantes, et plusieurs autres, ne servent, qu’à compliquer Ana- inutilement son thème.
ane, Page 78 au bas. 40. Charles, né le 2 août 1657, baptisé le lendemain.—N'est-ce pas Charles Joseph ?
Page 79. “ Je trouve dans les Régistres de Québec, qu’à la date du 26 Mai 1669, Marie-Anne Le Mire eut pour marraine Marie-Anne de Lauson au nom de Madame de la Peltrie. Il n’y est pas dit de qui la dite Marie- Anne était fille. Du fait que la particule de est préfixée à son nom, et de la qualité de la personne qu’elle représentait, en pourrait être porté à inférer qu’elle était ln
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je de
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fille du Grand Sénéchal, baptisée le 8 Juin 1654, sous le nom de Marie.” Je me contente de nier sans cérémonie la conclusion du Juge-en-Chef. Si la particule de est un fait, c’en est un bien petit ; mais surtout, on ne peut passer à Son Honneur le mot préfirée.
Page 80.—J7 avait été fait prêtre en France, et accompagnait Monseigneur l’évêque de Pétrée au Canada.
L'abbé De Lauzon n’accompagnait pas l’évêque de Pétrée. Le prélat arriva le 6 Juin, et abbé, le 24 seulement. Il est vrai que la Liste, qui met le 6 Juin, à la page 4, met le 16 Juin dans la notice de Monseigneur de aval.
Page 83.—4« M. l'Abbé (l’abbé) Ferland, qui nous promet une histoire remarquable du Canada, (*) et surtout honnétement écrite, a eu l’obligeance de me communiquer
l'extrait suivant d’un mémoire qui est entre ses mains.
“ Monsieur de Lauson, (le gouverneur) ayant été pré- tic venu qu’il ne pouvait plus être soutenu, il anticipa son ve rappel en repassant en France, où depuis, il a servi en poi qualité de Sous-Doyen du Conseil, logé au Cloistre de eut Notre-Dame (à Paris) chez son fils, chanoine de la dite api Eglise.” fut
‘ Voici donc un autre fils de M. de Lauson.” apr
Pour moi, je n’en vois aucune preuve : Ce pourrait bien en être De Lauzon Charny, car ces expressions où depuis, — I logé au Cloistre de Notre-Dame sont bien vagues et ne me menacent pas de violer le terrain de la chronologie ; il bie reste à savoir quand M. de Lauzon a logé au Cloître, et | ma s’il n’a logé que là. Des conclusions de plaideur ne sont ; s'a] pas toujours des conclusions de logicien. Cependant, s’il | que veut gagner, il doit identifier soigneusement les parties ave et éviter un misnomer. | si c
___-T Page 85.—“ Le No. 5 et le No. 6 du Dictionnaire sont Ta L erronés, en ce qu’ils nous présentent deux individus, tan- | l’'au RÉ RRE Rennes eeite CR tou
ldit
(*) Le cours d’histoire de M. Ferland est une compilation verbeuse | pué de tout ce qui a été dit d'ordinaire sur nos annales, sans toucher à aucune des grandes questions de notre histoire. Comme compilation, il gra aura son prix, mais comme cours, c’est un hors d'œuvre, parce qu'il ma wa ni plan, ni précision, ni jalons propres à guider l'élève, : IF est du d’a: devoir de celui qui veut faire un cours quelconque, de se demander au dev
préalable : Qu'est-ce qu’un cours ? et de se répondre : C’est quelque chose de didactique. on