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Feuilleton supplémentaire [microforme]

Nous publions plus bas une communications de M, Papi-| neau, qui a voulu se servir de la voie de notre jonrnal, pour |

donner au public des explications qu’il croyait nécessaires.

Rien ne serait plus compromettant pour un honnête homme, q'ie d’être souvent et hautement louangé par des fripons. Rien ne tendrait à ruiner plus vite la réputation d’intégrité, politique ; de dévouement à la cause de la justice, de la liberté et

des droits du peuple, que de mériter un mot de louange, que d’'a-|

voir uñ second compliment du Transcript, ou de toute autre sec-

tion de la Presse Tory du]Bas-Canada, telle qu’elle : été toute|

entière, depuis la première page du Mercury, jusuu à la dernière élucubration du Courier. C'est pour déjouer une tactique aussi perfide, c’est pour repousser un éloge aussi offensant, que celui que fait de moi la feuille calomniatrice, le Transcript, en publiant que j’ai dit à une députation de concitoyens Irlandais, qu'attendu que l’objet de leur réunion, ne regardait que des pays étrangers, et non le Canada, je n’y voulais prendre aucune part, que je rends compte de l’entrevue que j’ai eue avec eux.

L'on m'invitait à devenir le président d’une assemblée publique, pour y demander le rappel de l’acte oppresseur de Union de l’Irlande, et pour donner expression à nos vives sympathies, pour l’héroïsme avec lequel ie peuple Français à détruit une monarchie corruptrice ; a brulé et fait un feu de joie d’un trône dont les cendres, promenées sur le monde par une brise propice, par le vent d'Ouest de l'Amérique, par le vent de la liberté, ont commencé l’incendie de tant d’autres trônes; et pour la modération sublime avec laquelle il pardonne à ses tyrans abattus. Ces vérités, je les avais appelées saintes. Je m’en étais fait l'apôtre ; je les avais préchées. J'étais lié envers le public, comme par ma conscience à faire de constans efforts pour les faire prévaloir, et j'aurais pu faire une réponse aussi ignoble, que celle que m'impute le Transciipt! C’est pour cela que je suis louangé !—Louange astucieuse : atroce mensonge, qui prouve l’imbécilité de celui qui a cru un pareil rapport, où la corruption de cœur, la perfdie, et l’esprit d’intrigue de celui, ou de ceux qui l'ont inventé et accrédité. .

Si j'étais capable d’un égoïsme aussi abject, d’un servilisme

aussi orde, je serais digne de tomber dans ce que je regarde |

comme le plus bas dégré de l'échelle sociale : digne de devenir, non par nésessité et pour gagner mon pain, ce à quoi un homme honnête mais infortuné peut être réduit, à devenir,

dis-je, garçon-1ypographe-volontaire (ce que la politesse de la|

langue Anglaise appellerait diable-par-choix, a volunteer devil) dans l'imprimerie du Transcript.

Son conte est d’infernale origine, puisque le Transcript as-

sure que Beelzébuth seul sait d’où venait la députation. C’est|

la dévotion de l'Editeur pour un tel patron, qui sans doute l’a engagé, à s’en faire le serviteur et l'écho, puisqu'il publie, comme vrai, le mensonge auquel il donne une telle origine. Ille croit vrai parce qu'il vient de là, d’oû lui viennent la plüpart de ses inspirations et inventions, de sea déaonciations d’assemblées nocturnes, aussi réelles et

criminelles que l’étaient celles du sabat des sorciers. Les || derniers qui ont été judiciairement brulés en Europe, Pont |

été en Angleterre.

La version véridique de ce qu'était etde ce que désirait

cette députation, est quelle était animée de sentimens trop hu- || mains et trop généreux, pour pouvoir être soupçonnée de ve-

nir de la part de Dowaing Street, ni de ceux qui aiment Downing Street. Elle ne venait donc pas de Beelzébuth, Bien convainen de cela, j’ai pu en sureté de conscience l’écouter.

Ses sentimens de haine contr2 toutes les tyrannies aristocra- |

tiques, et d’amour pour toutes les libertés populaires, établisgaient de suite, des rapports de La conversation fut donc franche et libre, telle qu’elle pourrait

être entre des affiliés de Conciliation Hall.

de ses poètes, exhalai cette suave sentence. * Je suis homme, rien de ce qui peut aider au bonheur de l’homme . ne m’est

sympathie entrelle et moi. |

étranger ;”” l’applaudissement unanime de cent mille spectateurs accueillit cette évangélique révélation, I! ne se trouva pas un seul homme dans une assemblée si nombreuse, à la quelle assistaient des envoyés de toues les colonies Romaines, des ambassadeurs de toutes les parties du globe où avait pénétré la civilisation grecque et latine, mère de la nôtre, quine fut sensible à cet élan du cœur, à ce cri de la {nature. Comment se fait il donc, que la presse torÿ canadienne toute entière, croie que le devoir et la loyauté pour le | gouvernement britannique, exigent qu’elle n’exprime que mé- | pris et animosité, pour cette Frlande, dont l’oppression a fait un | Golgotha trop étroit pour cacher dans ses entrailles les cada- |vres que lui donne la famine ; en sorte qu’ils restent exposés là sa surface, pour trouver leur sépulture dans les entrailles | des chiens et des oiseaux de proie. La pitié pour l'Irlande ! | Ce serait une insulte pour le gouvernement britannique, si vi- |gilant à punir ceux qui seraient durs et cruels pour les Jrlan- |dais, objets des prédilections des lords Russel et Brougham, Palmerston et Stanley, ef Loc omne genus ; témoin lu rigueur |du châtiment qu'ils viennent d’infliger à Blake, Dans la nuit du trente et un décembre dernier, ce mauvais riche, ce grand propriétaire, envoie détruire les pauvres demeures d’un grand {nombre de familles Irlandaises, et les fait périr par la rigueur du froid. L’on a été demander à l’un des plus dignes des vice-rois qu’ait eu cette vallée des pleurs et des tortures, sil |y avait quelque moyen de faire punir cet infâme meurtrier. Le vice-roi répond que non, que M. Blake est le maitre de ces maisons, et qu’il en peut faire ce qu’il voudra ; mais que | désirant punir, autant que la législation et la sensibilité Anglaises, le peuvent permettre, 0e crime de Lèze-humanité au |premier chef, il rayera de la liste des juges de peiv, ce mons- |tre à visage d’homme, à cœur de tigre, avec les instincts de la | Hyène, savourant l’odeur des cadavres en décomposition au- |tour de son repaire !

Comment expliquer le cri sauvage de la haine contre des hommes opprimés à ce dégré : comment ne pas partager l’élan naturel de Rome entière, électrisée par la voix jeuse de |Térence ? C’est qu’à cett. époque le gouvernement romain | était un conquérant civilisateur, et que le gouvernement anglais la été pour l'Irlande, pour les Indes, pour la Nouvelle- |France, un conquérant exterminateur. Rome payenne n’a- | vait consenti à donner la paix à Carthage, qu’à la condition |qu’elle adoucirait son culte sanguinaire et abolirait Les sacrifices |humains. Le gouvernement mercandier des Indes a long-

temps fait assister ses hauts dignitaires chrétiens, aux holo- | caustes des veuves, brulées vives avecle corps mort de leur |mari; ainsi qu'aux processions de Jagrenaut où, par cen- |taines, des fanatiques sont écrasés chaque année sous les roues du char, qui traine une idole bien plus avide de sang hu- | main, que ne le fut celle qu'honora PAfricaine férocité.

| Ilne peut y avoir de sympathie exprimée dans la presse |tory, pour l’agonie de l'Irlande. Ses maîtres ne donnent point | d’or pour de pareils paragraphes. Ils donnent des avertisse-

de ses découvertes et || mens, de l’or, des places et des honneurs à ceux qui désertent,

|à ceux qui maudissent l'Irlande et le Canada.

Maudits soient l’Irlande et le Canada ; bénis soient les actes de l’Union de l'Irlande et du Canada, disent les hommes et les journaux, qui sont dévorés de la faim et de la soif, d’avoir des avertissemens, de l'or, des places et ce qu’ils appellent des honneurs.

La Députation.— Monsieur, il y a eu à Québec une | belle assemblée, dans laquelle l’on a dénoncé la tyrannie de l'Angleterre, donné une larme aux souffrances de l'Irlande, une aspiration pour sa délivrance ; et un cri d’allégresse pour la gloire pure et sans tache de la France républicaine, Jei où nous sommes deux fois plus nombrex que ne le sont nos compatriotes de Québec ; ici, dans la capitale de deux grandes provinces, n’en devons nous pas avoir une semblable ? Nous

|| voulons l’avoir, et nous vous prions de la présider.”

Quand près de deux siècles avant la naissance du christia- | nisme, sur le théâtre de Rome payenne, l’un des plus élégans | |ma voix et mon cœur vous sont acquis.

raison de vouloir que je la préside.

M. Papineau.—Vous avez raison, mes amis, d’en vouloir organiser une semblable à celle de Québec. Pour cette fin, Vous n'avez pas va dela vie et de

“ Ïl yen aeu quand, sous lé règne!

é, en présence de!

l'honneur dans Quéhec.

à de la libert |

de la terreur, et sous l'inspiratio Lord Durham, l’on-y-a flétri sa igrannie, exercée contre les ex-| ilés de la Bermude ; flétri l’exubérance de sa déraison, quand! il publiait, que le retour au pays d’accusés absents, serait haute! trahison pour laquelle ils souffriraient la mort, sans procès ;| quand le Fantasque édifiait ses lecteurs, sur les folies quoti-| diennes des actes de la dictature d'alors (celle du moment, | pourrait Lien le ressusciter avec toute sa verve); quand on y a protesté et pétitioné contre l'acte d'Union ; quand on #’ÿ est organisé l’été dcrnier,en comités nombreux de la réforme et du progrès ; quand enfin, en assemblée récente; on s’y est réuni pour l’exaltation de l'héroïsme-français, l’exécration dû despotise anglais, la commisération pour les râles de l’Ir-| lande agonisante. Oui il y a à Québec de la vie et de l’honneur.| A Montréal c’est autre chose. Nous y avons le siége du! gouvernement responsablo. Nous y avons des hommes d’é-| lat, politiques profonds comme j'abyme et muets comme la! tombe, qui étouffent toutes les mesures qui naissent dans Qué-| bêc. Pourquoi le font-ils? [ls ne m'ont pas dit leurs secrets. Je n’ai pas assez de clairvoyance pour les deviner. Il faut| donc que vous sachiez, s’il leur plait que vous ayez l’assem-| blée que vous projetez. | La Députation.—Nous avons lieu de penser qu'il leur plait que nous ne l’ayions pas. L'on a demandé à M. Drammond,! président de notre association pour le rappel de l’acte d'Union de l'Irlande, et à M. Ryan quien était le secrétaire, de convo-| quer cette assemblée, à l'instar de celle qui à eu lieu à Qué-| béc: ils s’y sontrefusés. Ils ont dit que nos compatriotes! Québecquois avaient commis une grande étourderie, d’avoir| eu cette assemblée, d’avoir eu cette intempestive reunion, | sans avoir préalablement consulté aucun des membres du gouvernement ici: que c'était susciter de l’embarras à une autorité amie, de qui nous obtiendrions à la fin, tout ce que nous oudrions, si, avec “assez de patience, nous savions attendre assez longtemps: que maintenant qu'ils s’étaient at-| tachés au gouvernement, ils devaient se détacher de notre as-| sociation: que nous pouvons élire d’autres ofliciers. C’est} pour cela, qu’en même temps que sir pour président, nous voulons avoir des résolutions publi-| ques votées pour le rappel de l’Union et pour l’exaltation de La vertu et de la bravoure françaises, qui vivifient tous les peuptes, et sous peine de déchéance, convertissenc tous les rois.| M. Papineau. Ah! M. Drummond et M. Ryan, homient des officiers de votre société ; et ser-

mes libres, étai viteurs du gouvernement, is doivent la répudier ? Mais certes, | de fort grave et de très “om-|

il y a là déssous quelque chôse promettant. Il faut que je connaisse bien votre but êt vos! Auraient-ils dé-|

règles, avant que je me hasarde à m'afilier.

couvert, depuis qu’ils sont commissionnés, qu’il y a quelqu’o-| deur de déloyauté dans ces déplorables règles, que je ne con-| nais pas? Ont-ils été longlemps vos officiers ? Ont-ils pris part à vos discussions ?

La Députation.—Oh pour cela oui, Ils ont parté plus souvent, plus dru, plus gros et plus fort qu'aucu bres de la société.

M. P.—Bon comme cela. Vous me faites plaisir. I ny avait rien de criminel dans votre maçonnerie, quand il parlaient ; j'en eonelus qu'il n°y a rien taisent.

Ce n’est pas vous qui avez changé, ce sont eux qui sont changés, c’est-à-dire, qui ne le sont pas ; mais duiacesessesté Qui sont tenus de le paraître.”

& Peuple caméléon, peuple singe du maître”

Oh bien moi, qui mai pas d'autre maître que la loi, je! pourrai oser parler quand ils ne pourront pas oser le’ faire. | Vrai C’est réjouissant d'apprendre que l’on peut devenir Pun de! vous sans, pour cela être trop facilement poursuivi par le sol-| liciteur-général, qui a été l’un de vous.

La Députation— Non seulement il ne doit pas poursuivre! ses frères associés, mais nous croyons bien, que c’est cette! qualité de président des frères associés, qui là fait solliciteurgénéral. Ce n’est pas à raison de là seule circonstance de son origine irlandaise, que nous avons porté à la représentation. Ce fut encore plus à raison de ses protestations énergiques et réitérées d'amour passionné pour les libertés populaires; de haine contre une oppression séculaire, régularisée contre notre infortunée patrie, au profit de nobles et de prê-| tres ennemis étrangers, j'istement odieux, depuis les dévasta-| tions des Plantagenets, des Tudors et des Siuarts, jusqu’aux proscriptions de Cromwell, jusqu'aux trahisons de Caästlereagh jusqu'aux fourberies de Lord Russel:

ses promesses de faire écho aux dénoncatioin

Ce fut à raison de!

8 fulminées par!

| Renouvellez votre de

nous souhaitons vous choi-||

n autre des mem-|

de criminel quand il sel

|| d'Irlande et du Canada.

ré

Îles Grattan êt

les O’Connel contre les traitres, qui ont vendu (Pirlande au S ;

| isenagh, que nous l’avons porté à la réprésen- \tation, voie d'avancement la plus large et la plus'facile de |toutes, sous l’heureux système de gouvernement responsable intègre, économique, désintéressé, grand travailleur pour de |minces rémunérations, dont nous avons eu le bonheur de jouir depuis sept années,

M. P.—En est-il ainsi? Alors soyez surs que vous aurez mal compris votre président. Il ne peut pas prétendre, que toute la respectabilité qu’il y avait dans votre association, s’en

retire, dès qu'il s’est rétiré. Ni lui, nraucun inembre de noitre cabinet libéral, ne peuvent avoir la présomption de con-

|damner, comme une étourdérie, une assemblée comme celle de Québec, présidée par un prêtre respectable, en rapport journalier avec ses supérieurs ecclésiastiques, Sa Grâce l’Ar- |chevêque, son coadjuteur et autres de nos prêtres les plus éclairés dupays; encouragée par la présence et la participation de toute ‘la représentation de la ville et du voisinage de Québec, dont l’un des représentants était aussi membre du leabinet. Jlaété fait juge depuis, ce qui n’aurait pas pu être, (sil y avait eu quelque chose de déloyal dans ces procédés, {S'il avait vu quelqu'imprudence dans aucune des résolutions \débattues et votées, il n’aurait pas manqué dy proposer quellque judicieux amendement. Je vous conseille donc de re- \voir votre président, de le prier de continuer à conserver cette charge, et les sentimens qui vous ont engagés à la lui déférer ; {de lassurer que je ne voudrais jamais participer à aucun mou- |vement qui, mal interpété, aurait l’air de ma part, de vouloir (lui ravir un honneur qu’il a si bien mérité. Je l'estime. Il lest homme de talents distingués, de solide et de brillante léducation. Des hommes de ce calibre, je les honore à queliqu'école qu'ils appartiennent : mais c’est avec prédilection |que je les honore,quand ils appartiennent à l’école libérale ca- \nadienne et irlandaise. Allez plusieurs ensemble le revoir. mande. Qil n’y ait point de surprise.

(Dites lui, que s’il vous donne des raisons de vous désister qui |vous paraissent bonnes, vous les donnerez au public, nour |vous exouser de ne pas imiter le belet bon exemple que nous donne Québec ; que si elles vous paraisent mauvaises, vous Îne vous désisterez point, et les publiérez, pour que vous et lui, {soyez jugés en pleine connaissance de cause.

| Dites lui que s’il veut bien présider l'assemblée que vous | désirez avoi , je y seconderai de grand cœur. Si, à ma granide surprise, il s'y refusait, cela même ne deviendrait pas une raison suflisante, pour que vous dussiez me faire \lhonneur de me choisir pour président, ni de’ votre as- Isociation, ni de notre assemblée. Croyez en un ami sincère de la bonne cause dans laquelle vous êtes engn- [gés, qui a quelqu'expérience acquise des hommes et des af- |faires, de celles de votre pays en particulier.

La tyrannie a été si exorbitante contre votre déplorable patrie, aussi riante etembellie par les bienfaits de la Providence, \qu’elle est assombrie par les méfaits de vos gouvernants, qu’elle a développé chez la généralité d’entre vous, des ver-

{us natives, et des vices qu’a fait naître le dominateur étranger. Vous avez été dans un état de conjuration: plus fréquent {qu'aucun autre peuple, contre des iniquités plus atroces que n’en a souffertes aucune autre nation. De là votre amour plus lenthousiaste pour le culte de la parie; p * votre divinité (chérie, Erin la belle, Erin dénucée par ! Miateur qui l’ou- Iltrage. Cet amour du pays, c’est la premiere des vertus pour |PAnglais qui commande ; c’est à ses yeux le plus détestable des sentimens que le peuple puisse nourrir, dans ses colonies C’est celui qu’il y a le plus souvent Let le plus impitoyablement châtié. Vous donnez avec un élan de générosité sans bornes, votre confiance à quiconque est dévoué à votrecause. Vous savez que je suis un de ces hommes ; | vous voulez m’en témoigner votre reconnaissance d’une manière quidépasse les bornes de la discrétion, de la fierté nationa- |le, du'sentiment d’estime que vous devez nourrir et afficher pour |vous mêmes, pour votre nationalité, ct pour vos nationaux. Les associations que l’on forme doivent resserer les liens de confilance et de dépendance mutuelle entre les associés. Je faites rien qui puisse relacher les liens d’entiere confiance entre vous tous, dans une association irlandaise, formée dans un intérêt irlandais, le rappel de votre néfaste acte d'Union. | Souvent décimés en punition de votre fort amour du pays, vous vous êtes trop souvent formés en sociétés secrettes, dans lesquelies l’or anglais, lea espions anglais, vous poussaient à la vengeance : et, à Ja veille de son explosion, vous trahis- \saïent, Cela vous a rendus soupçonneux. C’est le vice que Île dominateur étranger a fait naître, dans des natures disposées |par la providence, à étre les plus confiantes qu'il y eut surla

le ce, erer.

ent que jus ité ouour ble iies ent un est 18 ; mana Jour Les nfiaites ous érêt

AVS, dans tient ahtsque sées urla

trre. L'frlande a plus de chances de salut en ce moment que jamais, parce qu’elle n'a pas de sociétés secreles, Sa haine est aussi hautement avouées que justement formée.

Ne sentez vous pas que plus tard, l’on ira murmurer aux oreilles des uns et des autres d’entre vous : ‘eh quoi, vous êtes ici vingt mille Irlandais, et vous avez jugé que pas un d’entre! vous ne méritait l'honneur de vous présider ;vous avez jugé que c'était un étranger que vous deviez installer audessus de vous! tous, quand il est question, non pas d’un intérêt social également stringent pour toutes nos populations mélangées, mais d’un intérêt spécialement national pour vous’ Non. Vous en devez conserver la direction et la présidence. D'autres y ont de meilleurs titres que moi.

Vous avez sur d’autres hommes plus de contrôle, un meilleur droit à exiger qu'ils répondent à votre appel, que vous n'en avez sur moi. C’est la première fois, Messieurs, que nous nous rencontrons. N’y at-il pas quelques autres hoimmes publics avec qui vous avez eu des rapports plus fréquens qu'avec moi ; qui vous:ont recherché quand ils ont eu besoin de vous; à qui vous avez rendu les services qu’ils sollicitaient de votre part; àquiila été agréable de recevoir ‘38 sufrages, et qui, en retour.de vos votes dans leurs élect.ons, vous ant promis de douces paroles, dé la déférence et de.la civilité ; qui vous ont dit que vous aviez droit à leurs conseils, À leurs énergiques encouragements, en toute occasion où vous les demanderiez ; droit à leur appui cordial, partout où vous en auriez besoin ? Le temps et l’occasion sont venus, où vous devez apprécier à leur juste valeur la sincérité et l’importance de leurs promesses. Allez vers vos représentens, allez y avec franchise et avec les mêmes déclarations que je vous ai conseillé de porter à M. Drummond. C’est votre droit de demander, c’est leur devoir de vous donner leur appui, si les objets que vous avez en vue sont, comme ilme parait à moi qu’ils le sont, utiles et honorables à votre patrie, à la mienne, à vous, et a tous ceux qui vons seconderont, S'ils vous détrompent, nous leur en aurons obligation. Habiles opérateurs, ils auront donné la lumière à des malheureux qui tatonnaient dans d’épaisses ténèbres. Il peuvent nous désillusioner, nous pouvons leur révéler des vérités qu'ils ignorent. Ce n’est qu’en comparant nos doctrines, que nous pouvons déterminer quelle est la juste et vraie dorie, la nôtre ou la leur.

Je suis jeté dans la vie politique contre mon inclination. Après que j’eus franchement expliqué mon mécontentement,

{de l'Union ; de la représentation proportionnée à la population ; de l'extension du droit de sullrage à tous; de l’utilité- que partie au moins de la réprésentation soit choisi parmi les électeurs résidens ; que éligibilité ne devrait dépendre que de la confiance publiages non de la propriété bien ou mal acquise du candidat, Ne dites pas que la conviction, devant un juré légal, tel qu’il n’y en a pas encore eu dans le pays, de l’emploi \de moyens de corruption dans une élection, devrait disquali- \fier pour toujours le coupable convaincu, de’ ses droits d’électeur et d'éligible, et de l'aptitude à remplir aucune charge d'honneur et de profits N’insinuez point qu’il serait désirable que l'administration fut plus travaillante, et surtout moins dispendieuse, c’est contre l'intention de ceux qui nous ‘ont donné le gouvernement responsable et contre {l'intérêt de ceux qui l’exercent ; ne soufilez pas mot de bien d'autre vétilles de cette nature, dont vous avez la manie de vous occuper; détails fort inutiles depuis que le symbole qui est une: carte de civisme, un certificat:indispensable d’eli- |gibilité, a été traduit en une seule phrase suprèmement simple. La voilà à votre service: “ Je crois en le ministère Baldwin- | Lafontaine et je lui jure obéissance aveugle.” Ma formule à moi, c'est de prêter appui cordial à toutes celles de ses mesures (qui me paraitront bonnes ; et libre censure avec refus d’ap- |puyer celles qui me paraitront mauvaises. Avec les autécé- \dens que je me suis faits et avec ceux que l’on m'a faits, je (n'ai pas de forts motifs de courtiser, dans Montréal, les délolyaux inventeurs, et les dupes faciles de ce grossier manège. Ceux qui débitaient et ceux qui imprimaient ces mensonges contre moi, savaient qu’ils mentaient. Il avaient leurs motifs |pour le faire. Qu'ils reeueillent ou ne recueillent pas les honneurs et les profits que méritentla ruse et la fausseté systé- |matisées, c’est leur affaire et leur étude ; non i?s miennes. Eloignés et pou nombreux comme vous l’êtes, ce ne sont pas vos efforts qui peuvent arracher des mains de vos tyrans, ni la foudre par laquelle ils dévastent et stérilisent votre patries ni le sceptre de plomb, sous lequel ils l’écrasent. C’est moius |pour elle, que pour vous-même ; moins pour son bonheur que |pour votre honneur, que vous ne devez pas lâcher pied, vous |débander, dissoudre votre association, au jour périlleux des plus prochains dangers, ou des plus prochaines chances de salut qui ait lui sur votre pays. Par toute la chrétienté, de Rome religieuse a Paris philosophique, de la Russie autocratique aux Etats-Unis démocratiques, s'élève un cri universel

et mon dédain pour l’ordre politique forcément imposé à mon||d’amour et de pitié pour VIrlande, enveloppée dans son lin-

pays, dans le même but hostile, par les mêmes moyens per-||

vers, qui ont enchaîné le vôtre, par une Union. maurtrièra et dégradante pour l’irlande, comme ja notre nous est hostile et plus dégradante encore’ pour le Bas-Cannda, colonie deux fois assujeti à deux Métropoles, celle de l'Angleterre qui nous opprime par antipathie, celle du Haut-Canada, qui nous exploite par eupidité, le comté de St. Maurice ma choisi pour le représenter. Que ce comté s’assemble pour délibérer sur les intérêts généraux du pays, Sur ses intérêts locaux, ou sur des questions liées à la cause de la justice, exercée par des vainqueurs généreux contre des rois oppresseurs ; ou à celles des droits, des libertés, du bonheur de nos co-sujets dans aucune partie de l’empire, ce comté a droit, si je garde son mandat, de commander mon assistance et ma participation à ses discussions. À Montréal, je ne suis qu’un citoyen, qui ne prend part aux: délibérations que timidement, quand ses représentans dédeignent de le faire. L’on y a si souvent dit à mes concitoyens, tant de vive voix que par écrit, que j'étais unhomme changé ; devenu un paragon de dévouement au gouvernement, contre lequel j'avais lutté toute ma vie ;—que

j’applaudissais à la détermination, qu’avaient prise M.M. Viger!

et Papineau, de donner leur appui à l'administration de Lord Metcalfe, puisqu'ils restaient au ministère, plus longtemps que

ne le souhaitaient ceux qui brûlaient d’envie et de désir de les!

remplacer ; que, sans l'accueil brenveillant que sept mille de ces mêmes concitoyens, mont fait dans leur récente assemblée,j’aurais pu me croire repoussé par la majorité d’entr’eux;,

avec autant de sollicitude que je l'étais par leurs nouveaux di-|

recteurs. Avant mon retour et depuis mon retour, l’on a si haut proclamé à mon pays, qu’il fallait bien se garder d’élire un homme, dont les principes étaient aussi inconnus, flottants et versatiles que les miens, à moins qu’on ne lui fit faire sa profession de foi politique; et quand j'ai voulu la formuler, l’on a fait jouer tant d’intrigues pour m'empêcher de la publier, que j'ai du les regarder comme le soin charitable d'hommes qui me disaient: & Ne parlez pas vous ne seriez pas écouté.” Si vous voulez parler dans notre sens, c’est votre droit. Qu’alors vos professions soient courtes comme le sont les nôtres. Ne parlez pas beaucoup, ne dites rien du mérite ou du démérite

ceui de peste et de famine, tissé et cousu autour d'elle par des maine mrmtvurutiquees MAUnUUUI SEUT, SUUPESS par Je ne sais

|| quels jongleurs, ne pourra pas, au milieu des skcds consacrés | à la mort que l'Angleterre déverse,de son Irlande Eurropéenne, |sur son Irlande Américaine, trouver un mot de sympathie, pour des douleurs ei des souffrances telles, que les lamenta- | tions de Jérémie seules peuvent en laisser entrevoir l'horreur ! | Honte aux hommes qui peuvent être assez démoralisateurs | pour vouloir que Montréal soit aussi létargique, qu’ils sont | apathiques.

Il n’y a que quelques semaines que vous avez été organisés, soudoyés et armés, pour rencontrer, Corps-à-corpss d’autres hommes orgunisés, soudoyés et armés. Ceux qui vous ont lenrôlés étaient moins fautifs que ceux contre lesquels ils vous Ilançaient. Vous, électeurs résidents, étiez armés pour la défense de vos droits. Des tories, allant chercher des sicaires hors des limites du comté, armaient pour l’illégale invasion de ||vos droits, Ils vous plaçaient dans le cas de légitime défense. {Néanmoins la balle et l’épée sont des instruments aveugles,qui | pouvaient-aussi bien atteindre vos poitrines innocentes, qué les coupables poitrines de vos adversaires. Les cours de justice | sont un champ clos, où la lutte s’engage au milieu d’une nuit noire comme l’Erèbe, d’un labyrinthe de détours et de strata- |gèmes, où s’égure quelquefois le bon droit; où l’avocat adroit |gagne de mauvaises causes. Vous avez affronté les dungers du champ de bataille, et les périls plus grands do V'antre de la | chicane.

|| Vous avez donc quelque droit aux services de ceux que vous javez portés sur le pavoi : de ceux que vous avez faits grands, à vos périls et risques. Allez vers vos représentans. Vous lavez droit de demander, à ceux qui vous cherchent avant les | élections, qu’ils vous entendent après les élections ; qu’ils | vous guident et vous aident dans vos efforts, s'ils vous sont utiles et honorables ; qu’ils vous persuadent de les discontinuer, s’ils vous prouvent qu’ils sont nuisibles à l'intérêt public, let dès lors: peu honorables pour ceux qui les partageraient [lavec vous.

| “a Députation.—Mais c’est inutile, puisque nous serons 16- (rasée, On nous repoussera gross.èrement,

M. P.— Impossible, Je vous adresse à des gentils-hommes.

La Dép.—Nous avons été refusés poliment, mais peremp-| lestoirement par M, Coursol, qui nous a ditqu’il ne voulait pas nous aider à embarrasser le ministère,et que notre démarche ne! Jui serait pas agréable. |

M, P.—Ah ! En voilà done un, qui n’est pas dans le gouvernement, et qui est duns les secrets d’un gouvernement aussi mystérieux que le notre! Non, vous êtes dans l'erreur, Ce| n’est pas un fait acquis qu'il vous révèle ; c’est une supposition| ingénieuse à laquelle il est parvenu d’après un calcul assez! plausible de probabilité, que la quiètude du repos gesse du silence sont aussi agréables au Min que le tapage de l'Irlande lui est ennuyeux, aussi. Je vous répète, remontez à la source de tous ces rapports. Voyez vos représentans, Mon avis à moi, est que des ministres actifs et judicieux, entre lesquels se trouvent plusieursmembres Irlanuuis et d’origine Irlandaise, devraient se faire l’honneur de prouver, que leur eœur n’est pas de glace pour les angoisses de leur pays; se faire l’honneur de ne pas étoufler votre élan patriotioue. S'ils peuvent s’excuser de no pas y être en personne, ils «vent au moins encourager leurs amis, à assister à votre assemblée, à en préparer avec vous les résolutions, afin que, ne dépassant pas les limites de la loi, vous alliez cussi loin qu’elle le permet, ainsi que l’ont fait leurs partisans très-dévoués à Québec. Voyez M, Holmes, il est

votre représentant, il est ami du cabinet, il est frlandais d’ori-|

gine ; vous avez sur lui des droits que vous n'avez pas sur moi ; il doit être votre président si vous l’y appelez.

Vous venez après vos concitoyens de Québec, pour organiser une démonstration analogue à celle qu'ils ont eue, et qui justement vous intéresse. Ayant le bénifice de leur exemple, et le temps de la réflexion, vous devez vous efforcer de faire quelque chose de plus qu'eux.

Quoique vous deviez, dans cette occasion, avoir une réu nion irlandaise, vous ajoutez à son importance, si vous faites appel, dans toutes les origines dont se compose notre société, aux hommes humains, dévoués à la cause du progrès, au res-

pect pour la justice, à la haine contre l’oppression, et si vous||

leur demandez de vous seconder, nalités un peu nombreuses soient représentées dans votre assemblée, Elisez des vice présidents, Canadien —Anglais, Ecossais, Américain et Allemand. Apprenez à con-

naître la liberté de sentimens, la soif de libérolité, d'égalité et|

de fraternité, que possède la majorité de vos concitoyens d’omaine Française. invitez les à prendre part a une uëmuonsira-

tion qui a pour but, de donner uneilibre expression aux senti-||

mens qui gonflent leurs généreuses poitrines, haine à l’'oppression, pitié pour les souffrances nationales de l'Irlande, comme pour ses souffrances individuelles, ainsi que vous le prouve l'adoption, dans les familles Canadiennes, d’un si grand nom-

bre des orphelins de l'Irlande; faits orphelins par la lâcheté des||

ministres Whigs bassement maitrisés par l'intérêt mercantile et, par suite de cet asservissement, laissant faire par les pro-

priétaires de vaisseaux Anvlais, avec une avidité de lucre||

plus sordide, une inhumanité plus brutale, une imprévoyance plus meurtrière, la traite des Irlandais, que n’en mettent les corsaires de Cuba et du Brésil dans la traite des noirs. Läntérêt du négrier, est d’avoir un court passage et de vendre entière et en santé sa cargaison. L'intérêt des Stanley, des Palmerston, des Blake et autres de leur caste et de leur teinpérament, est de chasser de leurs vastes domaines irlandais, ceux qu’ils ont fait pauvres et qui ne peuvent plus les paer. Plus le vaisseau qui les emporte estencombré, plus le domaine et le cœur des mauvais riches sont allégés ; et plus leur revenu est grossi. Ils ne peuvent pas faire exécuter, nous informent-ils officiellement, leur loi qui tendrait à prévenir l'encombrement. Ils ne la veulent pas faire exécuter. Ils ont profit et plaisir à ce qu’elle soit éludée. De là, les colères exprimées d’un Stanley contre notre loi coloniale. De là, Vhyperboliaue bassesse d’un Grey, et de tous ses collègues,

blämant ia loi coloniale passée d’après leurs instructions. Voilà| ||

le gouvernement responsable à sa source, dans toute sa sincé-

rité, sa bienfaisance, ou sa nudité comme on voudra l’appe-|

ler! Faut-il s'étsnner qu’il soit si épaissi de sang et de boue

sentans qui le comprennent et le préconisent 1

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