‹ Feuillets d'autrefois, souvenirs et rêvesChapitre 13 sur 21 · ANNIVERSAIRE · texte numérisé non relu

ANNIVERSAIRE

Pour ceux qui ont souffert de la m<^nic douleur.

En lui tout était charme, élégance et douceur Et il montrait déjà la bonté de son cœur Mais qu'avait-il donc fait pour être ainsi frappé Dans les cinq ans à peine où nous l'avons gardé ?

Si de l'aveugle mort Dieu se fait le complice, Pouvons-nous désormais compter sur sa justice S'il nous frappe au hasard, tout n'est qu'absurdité, Et s'il nous peut choisir, pourquoi sa cruauté ? Au lieu de recueillir ceux qu'a usés le temps, Pourquoi faucher en lleur un enfant de cinq ans P De nos jeunes amours c'était le premier gage, Ceux qui nous reucoulraieut lui riaient au passage,

Us pouvaient dans nos yeux lire notre tendresse, Et, nous voyant passer, voir passer leur jeunesse. Le Dieu qui le ravit pour le rendre à la terre Prit au père sa foi, sa beauté à la mère, La raison d'un tel sort peut-elle être expliquée ? Mais au fond de deux cœurs sa blessure est restée.

Pourquoi l'a-t-il flétrie?

J'avais été bon fils, c'était peu de mérite : Je dois à mes parents le peu que j'ai été, Ma compagne c'était la compagne d'élite, Tout devoir, tout amour dans sa maternité,

i^ourquoi l'a-t-il meurtrie?

Croit-on qu'à mes enfants j'ai pu conter l'histoire D'un maître juste et bon dont on nous a bercés. Par lequel tous nos vœux peuvent être exaucés ; Ilélas! pauvre mortel, j'aurais tant voulu croire! Ma raison se révolte et ne peut que nier. Femmes, je vous envie, vous qui pouvez prier. Car est-il meilleur baume à pareille blessure Que la foi affermie, la foi qui vous fait sûres.

Séparés ici-bas.

Que la séparation ne peut être éternelle. Que vous pourrez encor dans une aube nouvelle Le presser dans vos bras ?

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