FAUSSE ROUTE
A l'ombre de la haie croissent de pâles fleurs Qui naissent et vivent et meurent ignorées, La brise en les frôlant t'en porte les odeurs, Si tu t'étais baissé tu les aurais trouvées.
C'est ainsi dans la vie. Que de femmes exquises, Timides, effacées, recelaient dans leur cœur Des trésors de tendresse et restent incomprises ; Tu passes, insouciant, à côté du bonheur.
Fou qui gâches la vie à courir le hasard. Tes efforts s'useront à chercher la Fortune, Ne sais-tu qu'elle vole, avec les yeux bandés ?
Mais, la fîxerais-tu, tous les biens amassés
Ne compteront pour rien quand il en viendra Une
En te broyant le cœur, te dire : Il est trop tard !