LE VIEIL ARBRE
Pour Elle.
Longtemps il a lutté pour sa place au soleil, Si fier que soit son front lorsque grondait l'orage, Et si forts les rameaux qu'il dressait vers le ciel Du temps qui fait son œuvre il mesure l'outrage.
11 voit sa force atteinte et sa tête baisser, Se gercer son écorce et son cœur se sécher ; Qui sait si le printemps le verra reverdir ? Calme, sa tâche faite, il attend de mourir.
Soudain il a senti à travers ses racines La source inattendue glisser son filet pur Son front se redresser et ses fibres frémir;
Puisant une autre vie sur tes lèvres divines Ainsi, dans tes bras blancs, sous ton regard d'azur J'écoute un sang nouveau dans mes veines courir !