‹ Feuillets d'autrefois, souvenirs et rêvesChapitre 5 sur 21 · ORAGE · texte numérisé non relu

ORAGE

Quand je t'ai rencontrée au milieu de ta vie D'un grand amour brisé encor toute meurtrie J'espérais te guérir à force de tendresse, Oubliant que j'étais au seuil de la vieillesse

Je n'ai su que t'aimer.

Mais ta plaie mal fermée à des heures rouverte, J'en ai fait trop souvent la triste découvtîrte

Me fait aussi saigner.

Oui tu fus sincère, lorsque tu vins chercher Dans mes bras protecteurs un nid pour oublier

Dans un nouvel amour.

Je n'ai pu le garder l'ayant su conquérir Mais n'aurais jamais cru qu'il pût un jour iiuir. Si ton amour éteint ne voit plus que des chaînes,

Qu'il me frappe à mon tour !

J'(^tais (li^jà riiiver, lu n'étais que l'été,

Kt voire sorl commun, pauvres amours humaines,

Ne put m être évité.

De nouveau maintenant ta pensée te ramène Où tu as autrefois et aimé et souffert, Oubliant nos Iioaux jours, que t'importe ma peine, El clans ton co'ur pour moi tout n'est plus que désert.

Mot cruel, tu brisas ainsi l'ultime fibre

Qui m'attachait à toi; pars, et tu seras libre!

Sous ton ciel du Midi, bleu, mais d'un bleu trop dur,

Tu seras regretté, ciel de l'Ile de France,

hont les tons doux et fins ont guéri ta souffrance,

Uù l'amour moins ardent reste un amour plus pur.

(Juand, les yeux dessillés, lu voudras revenir, llien ne pouria jamais. Ions tes torts pardonnes. Effacer de mon cœur le si cher souvenir Des sept ans ile bonheur qui' tu m'auras donnés!

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