‹ Fibromes de l'Utérus et PhlébitesChapitre 5 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les premiers auteurs qui font allusion à des troubles de la circulation veineuse à l'occasion de fibromatoses sont Becquerel en 1859 (1), Gaillard ® et-de Siteny 6), et encore ne parlent-1ls que d'œdème simple et lui attribuent-ils volontiers la valeur que lui attribuait Trousseau le diagnostic des affections cancéreuses.

C’est une observation de MM. Duguet et Sevestre qui signale la première une thrombose de la veine fémorale gauche suivie d’embolie pulmonaire. |

En 1882, H. Bastard, dans sa thèse inaugurale, réunit quinze observations de thrombo-phlébites consécutives à des fibromes utérins. En 1895, la thèse de Basor étudie, dans les mêmes conditions, 16 cas de mort subite et il en rapporte le plus grand nombre à une embolie pulmonaire d'origine phlébitique.

C'est à M.'le professeur agrégé Duvergey que revient le mérite d’avoir attiré l'attention sur ce fait que tout le pronostic opératoire résidait dans la pafhogénie’ de ces phlébites. S’ins-

(1) Becquerel, Traité clinique des maladies de l'utérus, t. IL, p. 181. (@) Gaillard, Leçons cliniques sur les maladies des femmes, p. 5%. (3) De Siteny, Manuel de gynécologie, p. 397 et suiv,

pirant de ces données, Guillot, en 1919, après avoir distingué les phlébites par compression d'avec les phlébites par infection, admet comme conclusion qu’il faut ne pas opérer les premières car les manœuvres opératoires peuvent provoquer une embolie, opérer au contraire d'urgence les secondes, car la malade est menacée de septicémie. |

Après avoir rappelé l’état de la question qui nous intéresse, nous essayerons d'attirer l'attention sur certains cas de phlébites subinfectieuses et de préciser à leur sujet les indications opératoires.

Il est certain, d’autre part, que la thrombose par compression évolue, dans quelques cas, sans se manifester par aucun symptôme appréciable. Ce sont ces formes latentes qui expliquent, dans une certaine mesure, les embolies postopératoires qui viennent assombrir si cruellement les meilleures statisti- ques d’hystérectomie pour fibrome. Mais cette thrombose mé- connue est-elle le seul élément en cause ? Certainement non, et, outre les conditions favorisantes des complications poslopératoires, état chimique et physiologique du sang, notion d’une épidémie de grippe, etc., les dernières recherches trouvent dans la présence de germes pathogènes dans la cavité utérine des fibromes non compliqués, une explication aux risques postopératoires des hystérectomies pour fibromes. Et c’est ainsi que nous serons amené à parler des précautions dont doit s’entourer le chirurgien avant d'opérer tout fibrome pour parer au grave danger qui plane sur le malade : l’embolie.

Nous nous proposons donc d'étudier.

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