A PE ART RE ONE TEE ECO
tt 0 LA FONDATION DE L'UNIVERSITÉ DE BERLIN. 159
; à Le d'État. Les deux autres s ’'appelaient Fichte et Schleierma- cher‘. Leurs plans respectifs pour l’ organisation de l’Université avaient intéressé G. de Humboldt qui invita les deux célèbres professeurs à venirs’entretenir chez lui. Du 9 au 14 avril?, Fichte exposa ses vues en présence de G. de Humboldt, de Schleiermacher, de Nicolovius; elles furent vivement discutées. Finalement G. de Humboldt écarta le projet de Fichte comme trop systématique et comme entraînant une réforme trop radicale de l’ancien régime. Plus pressé d'aboutir que soucieux de s’attarder aux principes, il se rangea aux idées de Schleiermacher, moins hardies mais plus conformes à l’organisation actuelle*. L'essentiel lui paraissait de choisir les « hommes les plus capables et de laisser la nouvelle Université former peu à peu ses cadres * ». Dans un temps où il n’y avait presque plus de libre asile pour la science allemande, il estimait nécessaire que le roi assurât un asile aux hommes de talent 5.
À ces quatre premiers pionniers de l’Université de Berlin s’ajoutèrent des hommes comme Reil, le grand médecin, Klaproth, le chimiste en renom, Savigny, l'un des premiers juristes du temps.
Bref, quand, en avril 1810, G. de Humboldt crut devoir donner sa démission, il avait achevé son œuvre : l'Université de Berlin était constituée. Et ainsi s’accomplit ce que Steffens appelait « un des événements historiques les plus remarquables de son temps ? »
Schuckmann, son successeur, reprit les négociations dans les derniers jours de septembre; il n’eut qu’à approuver le règlement intérieur rédigé depuis la fin d'août déjà par Schleiermacher, revu et amendé par Uhden et Süvern,; et qui était d’ailleurs conforme à la tradition *. Puis, en l'absence du Sénat académique, qui n'était pas encore constitué, Schuckmann fit nommer directement par le roi le recteur et les doyens. Le recteur fut Schmalz, qui, à Memel, avait proposé la création de l’Université nouvelle ; les doyens furent Schleiermacher, pour la
1. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 5, Die Gründung, 72. — 2. Jbid., p.75 Le fils de Fichte, dansla biographie de son père, et, à sa suite, Kôüpke donnent pour date 1809. Mais, comme le fait observer Max Lenz, cette date est manifestement fausse. Le 8 avril 1809 Humboldt partait pour Kônigsberg, où il trouvait justement Nicolovius. (Max;Lenz, Geschichte der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, I. Bd., 1. Kap., note de la p. 157.)
3. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität zu Berlin, 5, Die Gründung, p. 75. Max Lenz, Geschichte der Kônigl. Fr.-W.-Universität su Berlin, Bd; Kap., p.157.
4. R. Kôpke, Die Gründung der Kônigl. Fr.-W.-Universität gu Berlin, 5, Die Gründung, p.75. — 5. Jbid., p.68. — 6. Zbid., p. 74.