Jbid., p
3. Zbid., Nr. 320, Fichte an Yung, lena, den 13. Brümaire [VIT], p. 605-606.
4. Ibid., WI. Bd., Nr 354, Fichte an Yung, lena. den 20. Germinal VIT, p. 76.
5. Zbid., Nr. 362, Fichte an Yung, Iena, den 21. Floreal VII, p. 100.
6. Zbid., Nr. 360, Johanna Fichte an Reinhold, Lena, d. 3. Mai 1799, p. 97.
7. Le général Tourreau avait dit au maire d’Aix-la-Chapelle : «J'ai seulement voulu vous démontrer que vous autres, Allemands, allez encore plus loin que nous puis-
. qu’un de vos philosophes a dit ce que j’ai cité dans mon Discours; et cela est bien vrai
au moins, ce sont les propres paroles d’un de vos premiers philosophes, professeur d'une des premières Universités de l'Allemagne, le professeur Fichte, à [éna. » En fait, le passage auquel fait allusion Tourreau était non pas de Fichte, mais de Forberg, dans cet article sur le « développement du concept de la religion » qui avait motivé l'accusation d’athéisme. (Zhid., Nr. 355, Kiel, den 16. April 1799. Reinhold an Fichte, p. 77-78.)
FICHTE ET SON TEMPS (Il). 19
quitter et laisser à ses persécuteurs toute la responsabilité de son départ à LM
l’étrangeri.
D'autre part, une grave maladie de son fils, l'incertitude des événements en
France avaient sans doute rendu Fichte circonspect; il avait renoncé, du moins
provisoirement, à son projet de se rendre en France. Provisoirement, disonsnous, car, dans une lettre du 30 juin 1799, il déclare à Yung qu'il souhaite ardemment un changement radical donnant enfin à la France un gouverne-
ment digne d’une nation libre; son second vœu est que la République puisse … l'utiliser, lui et ses forces; de cette manière, il lui serait possible de quitter
l'Allemagne qu’il était bien forcé de considérer, à son égard, comme un pays étranger ?.
Étranger, Fichte l'était, en à Allemagne, par tout ce qui lui tenait particulièrement à cœur : dès son ‘entrée en fonction à léna, il avait été traité en suspect par les partisans « du trône et de l’autel », à cause de ses principes démo-
cratiques. Pour triompher des calomnies il lui avait fallu tout l'appui de.
Gœthe et tout son « crédit politique ». Puis ç'avait été l’abominable campagne de l’Eudæmonia, aboutissant à l’accusation d' athéisme. Et, sous cette accusation, se cachait, Fichte le déclare en propres termes, dans sa Justification juridique, la vieille accusation de jacobinisme, de démocratisme. Or, Fichte ne désavouait pas les principes de la Révolution francaise et il écrivait à Yung, dans une lettre du 10 mai 1799 (21 floréal VID : « Pour tout homme raisonnable, il est incontestable que les principes qui sont à la base de la République française et des Républiques qui se sont formées sur son modèle sont les seuls capables d'assurer la dignité de l’homme... Le despotisme est donc conséquent avec lui-même. Par les déclarations russes, par ses abominables cruautés, par tout enfin il s’est mis dans l’absolue nécessité d'opprimer toute manifestation de la.-raison et du sentiment. Il est clair qu'à partir de maintenant, seule la République française peut être la patrie de l’homme de bien, qu'à elle seule l’homme de bien peut consacrer ses forces puisque, à dater de ce jour, les plus chères espérances de l'humanité, son existence même sont liées à sa victoire. » Et il termine par ces mots : «Je me remets ici solennellement, avec tout ce que je puis avoir de moyens et de forces, entre les mains de la République, non pas pour tirer profit d'elle, mais pour la servir, si je le puis... Si les gouvernants de la France ont jamais cru sérieusement que le parti adverse se laisserait, par politique, par raison, par humanité, déterminer à conserver vis-à-vis d'elle certains égards, ils se convaincront maintenant de leur erreur. La guerre actuelle est une guerre de principe. Seule la supériorité la plus écrasante peut assurer à la République l'existence et la sécurité.
«Pour collaborer à ce but je n’ai qu’un moyen, ma plume. Peut-être, soutenu par la droiture des procédés des républicains, ou, tout au moins, non con- {redit par eux, n'est-il pas encore impossible d'ouvrir les yeux aux Allemands aveugles 5. »
L'offre était donc formelle : Fichte proposait ses services à la République française contre ceux — fussent-ils ses propres compatriotes — qui combattaient les principes de la Révolution.
Rien de moins étonnant que l'attitude de Fichte en 1813. Son ressentiment contre l’auteur du coup d'État du 18 brumaire, qui n'avait pas su donner à la
Nation française le « gouvernement digne d’une nation libre », est un dernier -
témoignage de fidélité à la Révolution française.
1. Hans Schulz, Fichte Briefwechsel, II. Bd., Nr. 369, 1799. Juni 14. lena, Fichte an Reinhold, p. 122.
2. Ibid., Nr. 874, Fichte an Jung, lena, den 30. Juni 1799, p. 130.
3. Jia Nr. 362, 1799. Mai 10. [ena, Fichte an ue lena, d. 21. Floréal VIH, P. -