GEL ET DE SCHLEIER
Den Le 23 décembre 99... Wfenigen]-I[ena]
Voici, mes chers amis, le projet promis ?.
Excusez-en le caractère hâtif, et, par suite, çà et là, sans aucun
doute, l’indétermination dans l'expression ; excusez-en l'encre pâle et
l'écriture difficile à lire. En ce qui concerne la forme, mon but ne dépassait pas le désir d'être compris, et je le serai certes par vous à demi-mot. | FICHTE.
En envoyant ce plan « à ses amis », Fichte, avec la confiance qu'il avait en lui-même, ne doutait assurément pas qu’il ne dût rencontrer près d’eux un accueil empressé. Quelles ne furent point sa surprise et sa colère en voyant qu’il se heurtait à leurs objections!
A.-G. Schlegel déclarait à Schleiermacher que, dans le projet d'Znstitut critique de Fichte, tel que celui-ci le leur avait exposé de vive voix et par écrit, tout était fondé sur le modèle d’une constitution
monarchique et d’une subordination générale; « si l'esprit de système
et de domination de Fichte pouvait y trouver satisfaction », cela ne faisait pas du tout les affaires de Schlegel et de son cercle *.
Au principe monarchique dont s’inspirait le projet de Fichte Schlegel opposait « les sentiments républicains » de ses amis, les siens propres que « heurtaient » les tendances du philosophe; 1l
1. Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., IV, 10, Fichte an Schelling, Berlin, den 19. Nov. 1799, p. 308.