Année 1800, n° 214-215, p
qu'on le faisait passer pour capital, pour fécond en vues neuves, pour une découverte de l’?déalisme transcendantal faite par des voies toutes nouvelles, bien plus, pour une éxtension et un perfectionnement de ce système, et si ce bruit ne provenait précisément d'hommes qui, depuis quelque temps, avaient donné à penser, dans le public savant, qu'ils étaient en possession de ce système et qu’ils y coopéraient. En attendant que nous expliquions à fond ce singulier phénomène, il nous suffira de rappeler que, tout récemment, l'/déalisme transcendantal a éveillé des appréhensions chez des lecteurs timorés et insuffisamment pénétrants qui sont loin d'être négligeables; que, depuis, dans des écrits publics, on a cherché un point de vue intermédiaire entre la philosophie de Fichte et celle de Jacobi! (laquelle, au su de tous, est un dogmatisme opiniâtre). Remarquons encore que l’étre pur objectif de Jacobi, l’étre de Dieu, qui, vraisemblablement, devait servir de pivot à ce point de vue intermédiaire, Bardili prétend l’atteindre, enfin que le présent livre, sous son aspect le plus frappant, n’est qu'une refonte de l’ancienne Philosophie élémentaire de Reinhold, car on y retrouve et sa méthode et jusqu’à ses formules (Form und Stoff; Vorstellung und. Vorgestelltes; leur opposition) ?. »
Ceci dit, Fichte s’efforçait de caractériser le système de Bardili®. À ce point de vue, les deux pôles de la philosophie de Bardili, l’étre pur de la pensée pure avec ses lois d'une part, l'extériorité et la coexistence avec l'impulsion animale d'autre part, c’étaient, en réalité, la forme simple de Reinhold et sa matière qui est donnée avec tout son influxus physicus“.
L'existence de la pensée pure, te de ses lois, c'étaient, chez Bardili, des affirmations sans preuves et, en somme, l’être intellectuel, l’être pur. Or, dans ce postulat d’un éfre spécial à la pensée, d'un étre encore, quiconque a pénétré le sens du transcendantal retrouvera plus nettement que partout aïlleurs la confusion du dogmatisme. En particulier, comment Bardili ne s’est-il pas aperçu qu’il n’y aurait jamais eu pour lui de pensée de sa pensée, s’il ne s’était pas élevé, par une libre réflexion, à cette pensée de sa pensée; que sa pensée n'était devenue, pour lui, un objet de pensée qu’en vertu de cette libre réflexion; que le redoublement de la pensée était assurément une possibilité, mais non une nécessité‘?