‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 59 sur 107 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le « scandale » provoqué par Reinhold dut causer à Fichte d’autant plus d’amertume qu’à cette heure même la Théorie de la Science avait à subir les plus rudes assauts. Jusqu’à l'accusation d’athéisme elle avait marché de triomphe en triomphe; rares étaient les adversaires assez osés pour risquer publiquement leurs critiques ou pour exprimer leur ironie. Condamné pour athéisme, dépossédé de sa chaire, Fichte ne paraissait plus redoutable; la Théorie de la Science avait maintenant perdu son auréole. Ce fut à qui la tournerait en dérision. La Clavis Fichtiana de J.-P. Richter, les pamphlets de Nicolaï attestent à cet égard le mouvement de l'opinion. Jean-Paul, comme on l’appelait, avait depuis longtemps étudié Fichte, mais il croyait de moins en moins en lui. À Weimar où, lors de son passage, il lavait connu, son esprit avait définitivement secoué la lourde chaîne!; Gœthe n’avait-il pas parlé devant lui de Fichte comme « du dernier et du plus grand des scolastiques ? », et quand, à ces soupers scientifiques du mercredi, où se réunissaient à la même table Loder, Batsch, Hufeländ le cadet, Fichte, il avait vu Le philosophe en personne, il l'avait trouvé contre son attente « petit, parlant avec discrétion quoique avec assurance, mais sans distinction géniale ». C’est sans doute à un de ces banquets que, abordant l’auteur de la Théorie de la Science, il ne lui avait pas dissimulé son incapacité de se lancer dans « le tourbillon critique et fichtéen ». Disciple de Jacobi auquel ést précisément dédiée la Clavis Fich-

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