‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 79 sur 107 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

A. L'ÉVOLUTION pu En annonçant à Jacobi, dans une lettre du ROMANTISME VERS LE 31 mars 1804, les derniers travaux qu'il avait CA CHOICE entrepris sur la Théorie de la Science, Fichte exprimait la conviction de lui avoir donné sa forme la plus parfaite et d'être parvenu à la rendre, au plus haut degré, communicable; mais il ajoutait : « Je ne les offrirai jamais imprimés à ce siècle, je me bornerai à les communiquer oralement à ceux qui seront d'humeur à les accueillir *. » :

Fichte estimait, en effet, que son siècle — qu'il croyait suffisamment connaître — était le siècle de la corruption de toutes les idées; aussi ne s'émouvait-il et ne s’étonnait-il plus de rien de ce qui se passait; il attendait toujours quelque chose de plus détestable encore *.

Pour sa part, il crut que le meilleur moyen de remédier au mal était de l’exposer au grand jour; et, devant le public d'élite qui avait suivi ses leçons sur la Théorie de la Science, il en fit le ques des conférences de l'hiver 1804-1805.

Que fallait-il entendre par ces idées corrompues? Visiblement d’abord les idées qu'avec sa facilité de plume, son talent de polémiste, son inlassable ténacité, la grande influence de sa librairie, le vieux Nicolaï avait mises à la mode et dont la Bibliothèque allemande universelle avait empoisonné pendant si longtemps l'esprit public; mais aussi, et surtout peut-être, les idées bien différentes, moins usées et, à l'heure actuelle, infiniment plus dangereuses de la jeune école romantique ou de la Philosophie de la Nature.

1. Fichte’s Leben, II. Bd., Zweite Abth., Il, 7, Fichte an Jacobi, Berlin, den 31. März 1804, p. 176.

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