Steffens, Was ich erlebte, IV. Bd., p
2. Voir J.-W. Ritter, Fragmente aus dem Nachlasse eines jungen Physikers, Erstes Bändchen. Der Herausgeber, p. xx-xxnil.
3. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, Berlin, 1858, Reimer, III. Bd., 1, Fr. Schlegel an Schleiermacher, sans date, mais après mars 1798, p. 74.
4. Ibid., III. Bd., in, Fr. Schlegel an Schleiermacher, sans date, entre le 16 janvier et le 14 février 1800, p. 154.
5. Novalis, Briefwechsel mit Friedrich und August-Wilhelm, Charlotte und Caroline
- Schlegel, Mainz, Verlag von Franz Kirchheim, 1880, éd. J.-M. Raich, Caroline Schlegel
an Novalis in Freiberg, 32, Lena, d. 4. Febr. 1799, p.109- — 6. Briefe an Ludwig Tieck, éd. K. von Holtei, Breslau, Verlag von E. Trewendt, 1864, III. Bd., Fr. Schlegel, in, Fr. Schlegel an Tieck, lena, den 22. August 1800, p. 316. 1 Fr, Schlegels Briefe an seinen Bruder August-Wilhelm, éd. O.-F. Walzel, Berlin, Verlag von Speyer und Peters, 1890, 1v (Zena, 1800-1801), 156, lena, d. 25. August 1800, p. 434.
il ressort de leurs entretiens, pour Fr. Schlegel, qu’il faut attendre de grandes choses du physicien !.
Tieck n'est pas moins « plein de Philophysique ? » que Frédéric Schlegel. Mais si, à la suite de Novalis, les fondateurs du romantisme communient ainsi en Ritter et en la Physique supérieure, c'est que, pour eux, la physique de Ritter venait au secours de la vieille théosophie, et ce que cherchait le romantisme, ce qu'il avait cru découvrir, à travers la science moderne, c'était la restauration des vérités dont le cordonnier génial de Goerlitz, le grand mystique Jacob Boehme, avait eu la révélation.
Au temps de la Renaissance, à travers Dr TR ARSE 2 Er paid else qu'il avait lu, Jacob Boehme JACOB BOEHME. ee 4 :
subissant l'influence du naturalisme italien et de la théosophie qui s'était développée depuis Nicolas de Cusa, avait tenté de réhabiliter et de diviniser la nature où les mystiques du Moyen Age voyaient le principe du mal. Non pas qu'il niât le mal ou qu’il en fît un simple non-être : il en connaissait la réalité, et partout dans la nature il apercevait la lutte du mal et du bien que Luther, avec son réalisme pessimiste, avait mise si puissamment en relief; mais lui, qui savait qu’on peut posséder Dieu, vivre la vie divine, 1l comprenait l’impossibilité de cette possession dans le cas où la nature devrait être radicalement et définitivement révoltée contre Dieu, car alors l’homme — faisant partie de la nature — serait à jamais imcapable de renaître à la vie divine, et Dieu devrait l’anéantir. Jacob Boehme prétendait donc montrer comment s’opère la régénération de l’homme, comment Dieu peut ressusciter dans la créature corrompue par le péché que nous sommes, dans l’être déchu et pe de Dieu.
Cette régénération était possible, parce qu’au fond la nature est d'essence divine; seule, la volonté de l’homme, dans son orgueil de s’égaler à Dieu, l’a détournée de sa vraie fin. La nature, en dernière analyse, apparaissait à Boehme comme l'image que Dieu s'oppose à lui-même pour se révéler, pour se manifester; elle était la condition de la genèse divine.
Dieu ou l'Infini n’est primitivement que l'éternel mystère, l'unité, l'identité pure, la paix et la quiétude absolues, la puissance absolue aussi; il est tout et il n’est rien. Ce n'est point le Dieu parfait, le
4. Aus Schleiermacher's Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, III. Bd., 1x, Fr. Schlegel an Schleiermacher, s. d., entre le 16 janvier et le 14 février 1800, p. 154.
2. Ibid., IIE. Bd., mi, Fr. Schlegel an Schleiermacher, s. d., entre le 16 janvier et le 14 février 1800), p. 154.
Dieu réel et vivant, le Dieu personnel et créateur du sens commun religieux. L'opposition est la loi de toute révélation. Pour que Dieu prenne conscience de soi, il faut donc qu’il s'oppose à luimême dans une image de lui-même, comme Eckhardt l'avait entrevu; il lui faut s'extérioriser dans son contraire, pour se l’assimiler ensuite et pour le spiritualiser. Comment se produit ce développement de l’activité divine? Comment, au moyen des sept esprits organisateurs (au fond les sept essences naturelles de la Kabbale) qu’il crée à cet effet, s'opère progressivement l’ascension de la nature vers Dieu, de l’élément obscur vers l’élément lumineux (les trois premiers ramenant l’élément obscur jusqu’au contact avec l'élément lumineux, le quatrième réalisant ce contact, les trois derniers faisant régner la lumière sur la nature disciplinée), ce n'est pas ici le lieu d'y insister : il suffit à notre objet d’avoir montré dans la nature et jusque dans la matière la condition de la manifestation de l'Esprit, les formes et comme les symboles où se fixe d’une manière visible la continuelle création de l’action divine invisible *.
Que l’/déalisme magique de Novalis, dont II. L'« EUROPE» DENOre nous avons, dans un chapitre précédent, : | essayé de dégager le sens, ait largement puisé à cette source, on n’en peut douter. Novalis avait été initié par Tieck aux œuvres de J. Boehme:; il les avait lues avec passion, il s'y était plongé tout entier. C'est pourquoi sans doute il avait attaché tant de prix à la fréquentation de Ritter, avec lequel, dès la phSpuère entrevue, il s’était senti en si intime communion d'âme qu’en se parlant l’un à l’autre ils semblaient se parler tout haut à eux-mêmes ?; de Ritter dont la Physique était entrée dans cette voie sacrée déjà pressentie par Hemsterhuis, de Ritter enfin dont il avait écrit : « Ritter, ist Rilter, und wir sind nur Knappen. Selbst Baader ist nur sein Dichter ® »
Le retour à la théosophie naturaliste de Jacob Boehme, la confirmation, par les découvertes de la physique romantique, de sa conception mystique de la nature apportaient d’ailleurs à Novalis un précieux encouragement pour l'édification de ce « projet biblique* »
1. E. Boutroux, Études d'histoire de la philosophie, Alcan, 1897, Le philosophe allemand Jacob Boehme, p. 211-288.
2. J.-W. Ritter, Fragmente aus dem Nachlasse eines jungen Physikers, Erstes Bändchen. Der Herausgeber, p. xvu. |
3. Novalis, Briefwechsel, éd. J.-M. Raïch, 30, Novalis an Caroline Schlegel in Iena, Freiberg, 20. Jänner. 1799, p. 101.
£. Ibid., éd. J. M. Raich, 26, Friedrich Schiegel an Novalis in Freiberg, Berlin,
rÆ December, 1798, p. 84. « Mein biblisches Projekt aker ist kein litterarisches,
dont s’entretenait depuis quelque temps avec lui son ami Frédéric Schlegel; il ne s'agissait de rien de moins que de « fonder une religion nouvelle ».
A cette heure, en effet, Fr. Schlegel voit poindre « le plus Érand
enfantement des temps nouveaux » et, comme à l'époque, où « le Christianisme primitif allait sans bruit engloutir l’Empire Romain », il annonce « une autre grande catastrophe qui, se répandant de proche en proche, absorbera la Révolution française, dont le plus solide mérite aura été uniquement peut-être de l'avoir provoquée! ». Et c'est aussi l'heure où Novalis prophétise « une nouvelle humanité », une « jeune Église » et un « nouveau Messie? » |
Que pouvaient signifier l'absorption de la Révolatg française, l'annonce d’une Église rajeunie? Pour le comprendre, il faut se souvenir que, par une évolution rapide, le romantisme révolutionnaire avait déjà fait place, dans l'esprit des fondateurs de l’École, à un nouveau Catholicisme, à la restauration — contre la Révolution française — d’un État théocratique, et — contre la Réforme — d’une Église rajeunie. Or, qui donc est ici le promoteur de cette restauration? Novalis lui-même dont FIERENS Re voulait faire « le Christ . du nouvel Évangile 3 ».
Déjà, en 1798, après la mort de Frédéric- Guillaure IT de Prusse, à l'avènement de Frédéric-Guillaume III et de la Reine Louise qui symbolisaient la Contre-Révolution, Novalis avait publié, dans le fascicule de juillet de la première année des Annales de la Monarchie prussienne sous le règne de Frédéric-Guillaume III (Jahrbücher der preussischen Monarchie unter der Regierung Friedrich-WilhelmsIIL.), sous le titre significatif de Foi et Amour, ou le Roi et la Reine (Glauben und Liebe, oder der Kônig und die Kônigin), des Fragments qui attestaient un revirement radical dans ses opinions politiques. A l'enthousiasme révolutionnaire qu’il avait jadis professé succédait sondern — ein biblisches, ein durchaus religiôses. Ich denke eine neue Religion zu stiften, oder vielmehr sie verkündigen zu helfen. »
1. Friedrich Schlegels Briefe an seinen Bruder August-Wilhelm, éd. O. F. Walzel, 111 (Berlin, 1797-1799), 136, 7 May 1799, p. 421.
-2. Novalis, Schriften, éd. E. Heilborn, 1901, Druck und: Verlag von Georg Reimer, Berlin, IT. Bd., Zweiter Theil, Zweite Hälfte, Die « Christenheit » oder « Europa », p. #14. « Noch sind alles nur Andeutungen, unzusammenhängend und roh, aber sie verrathen dem historischen Auge eine universelle Individualität, eine neue Geschichte, eine neue Menschheit; die süsseste Umarmung einer jungen überraschten. Kirche
und eines liebenden Gottes und das innige Empfängniss eines neuen Messias in ihren tausend Gliedern zugleich. »
3. Novalis, Briefwechsel, éd. J.-M. Raich, 26, Fr. Schlegel an Novalis in Freiberg, Berlin, 2. Dezember 1798, p. 88. « Doch vielleicht hast Du mehr Talent zu einem neuen Christus, der in mir seinen wackern Paulus findet », et p. 87 : « Vielleicht hast Du noch die Wahl, mein Freund, entweder der letzte Christ, der Brutus der alten Religion, oder der Christus des neuen Evangeliums zu sein. »
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| ti à
une foi non moins ardente en l’absolutisme monarchique; et c'était, à vrai dire, toujours la même passion quasi religieuse.
Novalis célèbre la royauté de droit divin, parce qu'elle repose sur la Foi et l'Amour, sources de tout Idéal. « Le signe distinctif de
la Monarchie, c'est qu’elle se fonde sur la croyance à un homme de
naissance supérieure, sur l'acceptation librement consentie d’un homme idéal... Le roi est un homme érigé en fatalité terrestre. Être supérieur, il ne peut être choisi ue mes semblables, soumis aux mêmes imperfections que moi!
Le roi, incarnation de Dieu sur 4 . le roi, symbole visible et vivant de l'autorité, l'amour du roi érigé en culte civique, cette conception mystique, féodale et théocratique, qui aboutit à un Catholicisme politique, voilà le régime que Novalis semble proposer en exemple. À le lire, on ne peut s'empêcher de songer au discrédit où va sombrer, chez les romantiques, ce « Protestantisme de la Révolution française », dont la sécheresse heurte maintenant, à leurs yeux, à la fois les exigences de l’art et les besoins du cœur. :
Mais voici qui est plus décisif encore. En 1799, à l'automne: les deux Schlegel, Tieck et Hardenderg-Novalis se trouvaient réunis à Iéna?, et, sous le coup de l'émotion qu’avaient produite
chez eux à la fois l’accusation d’athéisme portée contre Fichte *
1. Novalis, Schriften, éd. E. Heïlborn, II. Bd., Zweiter Theil, Erste Hälfte. Glauben und Liebe, oder der Kônig und die Kônigin, p. 35-52; voir notemment p. 40. 2. Schelling y était aussi; plus tard, le cercle s'agrandit et comprit des jeunes
gens comme Gries et Cl. Brentano, qui fréquentaient encore l’Université d’Iéna ou en sortaient à peine. Voir A. Koberstein, Geschichte der deuischen Nationalliteratur ” vom zweiten Viertel des achtzehnter Jahrhunderts bis zu Gœthes Tod, fünfte umgearbeitete
Auflage von Karl Bartsch, Leipzig, Verlag von F.-C.-W. Vogel, 1813, Zweiter Theil, IV. Bd., $ 329, p. 662.
3..« Es war, écrit Haym, dans son École romantique, ein merkw ürdiges Zusammentreffen, dass gerade um die Zeit, in welcher Schleiermacher seine Reden schrieb, die religiôse Frage durch die gegen Fichte erhobene Anklage auf Atheismus zur Tagesfrage geworden war. » Etil ajoute : « Der Fichtesche Handel und das Erscheinen der Reden wirkten zusammen…. ailes, was von Mysticismus und Enthusiasmus in unserem Schriftsteller (Fr. Schlegel) war... in Bewegung zu setzen. » (Haym, Die nomantische Schule, Zweite Auflage, 1906, Drittes Buch, drittes ane à 486 et 488.)
On se rappelle avec quelle passion les romantiques, notamment Frédéric Schlegel, dans sa brochure : Pour Fichte, prirent parti pour le philosophe persécuté; comment il considérait que « la doctrine de Fichte n’était autre chose que la vraie religion
. sous forme de philosophie », et que Fichte avait eu « le grand mérite d’avoir décou-
vert la religion » (Fr. Schlegel's Briefe an seinen Bruder Aughat: Wilhelm, éd. O.-F. Walzel,
41, 134, p. 416); on se rappelle comment A.-G. Schlegel écrivait à Novalis que « le brave Fichte combattait, à vrai dire, pour eux tous, et que, s’il succombait, les bûchers
ne seraient pas loin d’eux » (Novalis, Briefwechsel, éd. J.-M. Raich, 29, A.-W. Schlegel an Novalis, lena, 12. Januar 1799, p. 99). Et ce n’était pas, de leur part, sans quelque courage, car leur zèle pour Fichte ne pouvait être agréable à Gœthe, l’instigateur du
blâme qui avait entratné la démission du philosophe. On peut même se demander si
la sentence prononcée par la Cour de Weimar, c’est-à-dire par le parti rationaliste, libéral, et par l’orthodoxie luthérienne, ne fut pas pour quelque chose dans l’orienta-
et les Discours de Schleiermacher, ils étaient alors tout à la religion 1. “ee
«& Ici, écrivait justement à Schleiermacher Dorothée Veit, le Christianisme est à l’ordre du jour (en français) », et elle accusait « ces gens d’être un peu fous ». Ces gens, c’étaient, outre son amant Frédéric, Tieck, « emporté par la religion, comme Schiller par le destin ? » et Hardenberg-Novalis, qui, informé par Frédéric et par Tieck du contenu ainsi que de la portée des Discours, et ne voulant pas attendre l’arrivée du livre à féna, l’envoya chercher par un exprès t. Il l'avait, au dire de Frédéric, « étudié avec le plus puissant intérêt » ; il en était « absolument engoué, pénétré, enthousiasmé, enflammé », et le résultat de cette exaltation avait été « la promesse à Frédéric Schlegel, pour l’A fhénée, d’un article sur le Catholicisme#. »
Cet article, intitulé : La Chrélienté ou l’Europe (Die Christenheit oder Europa), et quiavaitla valeur d’un manifeste, ne parut cependant pas dans l’Afhénée. Tieck, dans son édition des œuvres de Novalis, raconte qu'après lecture « les quelques amis intimes qui constituaient le petit cercle romantique et qui se reconnaissaient le droit d'exprimer franchement et sans détour leur jugement les uns sur les autres, à un degré qui se rencontre rarement chez les hommes de lettres, décidèrent à l’unanimité de ne pas laisser paraître l’article ° » Mais ses souvenirs, après quarante ans, le trompèrent, car il ressort de la correspondance de Schleiermacher que le rejet n’eut pas lieu sans discussion. Il paraît au contraire avéré que la majorité des voix s'était prononcée pour la publication, si bien que Frédéric pouvait en annoncer à Schleiermacher l’apparition dans un prochain fasci-
tion catholique et contre-révolutionnaire qu allaient prendre la RO et la théologie romantiques.
1. On trouve la trace de cette influence dans l’Europe de Novalis. \ y lit-on pas ceci : « Zu einem Bruder will ich euch führen der soll mit euch reden, dass euch die Herzen aufgehn, und ihr eure abgestorbene geliebte Ahndung mit neuem Leibe bekleidet, wieder umfasst und erkennt: was euch vorschwebte, id was der schwerfällige, irdische Verstand freylich euch nicht haschen konnte.
« Dieser Bruder ist der Herzschlag der neuen Zeit; wer ihn gefühlt ‘hat, zweifelt nicht mehr an ihrem Kommen und” tritt mit süssem Stolz auf seine Zeitgenossenschaft auch aus dem Haufen hervor zu der neuen Schaar der Jünger. Er hat einen neuen Schleyer für die Heilige gemacht, der ihren himmlischen Gliederbau anschmiegend verräth, und doch sie züchtiger als ein andrer verhüllt. » (Novalis, Schriften, éd. E. Ileilborn, II. Bd., Zweiter Theil, Zweite Hälfte, Europa, p. 416.)
L'allusion à Schleiermacher n’est ici pas même déguisée.
2. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, IL. Bd., 11, Dorothea an Schleiermacher, lena, den 15. November 1799, p. 132.
3. Novalis Briefwechsel, éd. J.-M. Raïch, Die Ghristenheitoder Europa, Vorbericht, p.145.
4. VW. Dilthey, Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, AI. Bd., 11, Fr. Schlegel an Schleiermacher, ohne Datum (entre une lettre de Guillaume, du 23 septembre 1799, et une lettre de Dorothée, du 11 octobre), p. 125.
5. Novalis, Schriften, éd. Tieck et Fr. Schlegel, Berlin, Verlag von G. Reimer,
5° éd., 1837, I, p. xxxiV-xxxv.
cule, sans rien vouloir lui en dire, ajoutant seulement qu’il ne’le . lirait pas « sans : étonnement ». Le manifeste de Novalis devait, semble-t-il, avoir pour correctif dans le même numéro de l’A thénée une sorte de contre-manifeste en vers, de Scheiling : La Profession de foi épicurienne de Heinz Widerporst (Epicurisch Glaubensbekentniss Heinz Widerporstens)?; cependant, comme l’annonçait, le 9 décembre 1799, Dorothée à Schleiermacher, — etelle « en remerciait mille et mille fois le ciel », —nil’Europa,nile Widerporst ne parurent dans l’Afhénée. Dès le début, Dorothée, de son propre aveu, s'était montrée. hostile à la publication, mais c'était « une voix dans le désert». Frédéric avait alors demandé à son frère Guillaume d’être juge. Guillaume, qui, d’abord sans doute, partagea l’opinion de Dorothée, avait un moment hésité ‘; la publication de la réplique de Schelling ne le satisfaisait d’ailleurs pas davantage, etil avait résolu de proposer à ce dernier de faire suivre le Widerporst d’une note critique. Schelling avait refusé ; Gœthe, pris pour arbitre, s'était prononcé
1. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, HE. Bd., 11, Fr. Schlegel an Schleiermacher, ohne Datum (entre une lettre de Dorothée à Schleiermacher, du 15 novembre 1799, et une lettre de Frédéric à Schleiermacher, arrivée le 2 décembre), p. 133-134. « Auf den ersten (Hardenberg) hast Du (nämlich das Du der Reden) eine ungeheure Wirkung gemacht. Er hat uns einen Aufsatz über Christenthum vorgelegen und fürs Athenäum gegeben. Du erhältst ihn mit nächstem selbst, und darum sage ich nichts weiter darüber; ich denke Du wirst Dich doch dann und wann fast sehr über seine Bewunderung verwundern. »
2. Dans la même lettre sans date où Frédéric Schlegel annonce à Schleierimacher l'effet produit par ses Discours sur Hardenberg et l’article sur le Christianisme qu’il a suscité chez ce dernier, il lui parle également du réveil, chez Schelling, « de son vieil enthousiasme pour l’irréligion », réveil provoqué moins peut-être encore par ces mêmes Discours que par le néo-christianisme de Novalis et de Tieck, tel que le révélaient leurs dernières œuvres. C’est en manière de réaction contre ces tendances nouvelles du romantisme que Schelling avait écrit cette « Profession épicurienne à la manière du Hans Sachs de Gœæthe ». Et Frédéric Schlegel déclarait que le poème de Schelling devait paraître dans le même numéro que l’article de Novalis, ajoutant : « Notre Philironie est très portée à l’imprimer aussi dans l’Athénée si la tienne n’y fait pas d’objection. » (Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, HI. Bd., 11, p. 134.)
Dans la Profession de foi épicurienne de Ileinz Widerporst, l’allusion aux Discours de Schleiermacher n’est pas même déguisée. On en peut juger par les deux vers suivants :
D'NSUAS Ste Led die per Vigier ee "Ta Te. 2er nie 6: 6 à
Reden von Religion als ciner Frauen, Die man nur dürft’ durch Schleier schauen,
et, quelques vers plus loin, les allusions au nouveau Messie font inévitablement penser aux desseins de Fr. Schlegel et de Novalis. Voir Aus Schelling’'s Leben. In Briefen, I. Bd., 1775-1803. Epikurisch Glaubensbekenntniss Heinz Widersporstens, p. 282-289, notamment p. 288. | |
3. Aus Schleiermacher’s Leben, In Briefen, éd. W. Dilthey, IIT. Bd., 1x, Dorothea an Schleiermacher, lena, den 9. December 1799, p. 140. « leh war gleich von vorneherein sehr dagegen, aber das war eine Stimme in der Wüste. »
4. Ibid., Fr. Schlegel an Schleiermacher, ohne Datum (après une lettre arrivée à Schleiermacher le 2 décembre), p. 137. « Wilhelm kann heute noch nicht entscheiden, ob.die Europa und der Wiederporst gedruckt werden soll, »
pour le rejet, alléguant des raisons de prudence. « Vive Gœthe! » s'était écriée Dorothée’. Finalement Guillaume, qui, au commence-
ment, avait incliné dans le même sens?, décida de « laisser dormir les deux productions dans l’abîme des impubliés : ».
Pourquoi ces hésitations et ces craintes? Pourquoi l'attitude de
Gœthe et ses conseils de prudence? Un bref exposé de l’article qui
devait être le manifeste de la nouvelle orientation see et use
tique du romantisme va les justifier “.
L'Europe commence par une réhabilitation du Catholicisme médiéval; Novalis esquisse « dans leur beauté les traits essentiels de ces temps vraiment catholiques ou vraiment chrétiens ». Temps idylliques, temps éclatants où l’Europe, dans son ensemble, formait, à travers ses différents États, ses différentes provinces unies par
4. Aus Schleiermacher’s Leben. In Briefen, éd. W. Dilthey, IIL. Bd., 1, Dorothea an Schleiermacher, lena, den 9. December 1799, p. 140. « Endlich wollte es Wilhelm nicht ohne eine Note, die wollte Schelling nicht, Gwthe ward zum Schiedsrichter genommen, und der hates ganz und gar verworfen! Vivat Gœthel!»
2. Ibid., A.-W. Schlegel an Schleiermacher, lena, den 16. December 1799, p. 143.
« Dass die Nicht-Einrückung des Aufsatzes von Hardenberg und des Widerporst
beschlossen worden, wird Friedrich gemeldet haben. Ich war schon früher dieser Meynung, wurde aber überstimmt und provocirte auf Gœthe. Dieser ist dann sehr in die Sache eingegangen, und hat mit umständlicher und gründlicher Entwicklung gegen die Aufnahme und für mich entschieden. »
3. 1bid., Fr. Schlegel an Schleiermacher, ohne Datum (avant la lettre de Dorothée, du 9 décembre), p.139.
4. Le manifeste, disons-nous, car il ne s’agit pas ici de l’expression d’une pensée tout individuelle, et le programme auquel la plume dé Novalis va donner son éclat est vraiment l’affirmation des sentiments de toute l’École. Rappellerons-nous le Franz Sternbald de Tieck, avec sa réhabilitation du Moyen Age et de la vie du elotire; rappellerons-ious comment ici l’art conduit à la religion, mieux, au catholicisme, comment cette glorification de l’Église catholique va s'affirmer bientôt dans la Sainte-Geneviève (Leben und Tod der heiligen Genoveva) du même auteur? Rappellerons-nous encore qu’Auguste-Guillaume “Schlegel, vers la même époque, en 1798, ressuscitait la légende de saint Luc (der heilige Lucas) et, peu après, au début de 1800, montrait le” lien de l'Église et des arts, de l’Église catholique, bien entendu, qui, après la décadence de l'art antique classique, avait, au Moyer Age, fondé un art nouveau? (Voir A. Koberstein, Geschichte der-deutschen Notioudliicratte vom zweileri Viertel des achizehnten Jahrhunderts bis zu Gœthes Tod, Zweiter Theil, FV. Bd., 8 327,
p. 582, 583, $ 333, p. 759, 8 334, p. 791-794, et Haym, Die romantisme Schule, Drittes Buch, fünftes Kapitel, p. 692 et suiv. )Rappellerons-nous, dans les « Dialogues sur la poésie (Gespräche über die Poesie) de Fr. Schlegel, ce Discours sur la Mythologie (Rede über die Mythologie), véritable prélude de sa conversion au catholicisme qui réclame, pour vivifier la poésie moderne, le soutien d’une nouvelle Mythologie s'inspirant des vues de Spinoza, de Jacob Boehme, des mythes de l'Orient, de la nouvelle physique, de la Philosophie de la Nature? Mythologie dont Schelling esquisse, à la même époque,
la théorie dans son Système de l’Idéalisme transcendantal. Rappellerons-nous enfin,
ane fois de plus, Scheiling annonçant, un peu plus tard, dans le Journal critique de philosophie, l'apparition d’uneenouvelle religion restaurant les mystères du Christianisme primitif et puisant son symbolisme dans la nature? » (Schelling, S. W., V. Bd., 1802-1803, I. Abhandlungen, Recensionen, … aus dem KXritischeni Journal der
Philosophie : d) Ueber das Verhällniss der Naturphilosophie zur Philosophie überhaupt,
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