‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 87 sur 107 · H. Steffens, Was ich erlebte, IV. Bd., p · texte numérisé non relu

H. Steffens, Was ich erlebte, IV. Bd., p

4. Ibid., p. 240. Voir aussi Julian Schmidt, Geschichte der deutschen Litteratur von Leibniz bis auf unsere Zeit, IV. Bd., 1797-1814, Berlin, Verlag von Wilhelm Hertz, 1890, Neuntes Buch, 6, p. 110-111 et suiv. Déjà, en 1797, A.-G. Schlegel célébrait la traduc tion de Herder des Cantiques à Marie (Marienlieder) du jésuite Balde.

Mais c’est durant l’été de 1798, où le petit groupe des romantiques, les Schlegel, Novalis, Schelling et Gries, puis Tieck s’étaient rencontrés à Dresde, que, dans les visites communes au Musée, devant l’immortel chef-d'œuvre de Raphaë,, le culte de la Vierge s'était proprement institué, que l'exclusion par le Protestantisme de toute imagerie apparut comme une hérésie, et que le romantisme « se trouva en danger de devenir catholique ». Qu'on relise, pour s’en convaincre, les Tableaux (Die Gemälde), dialogue composé, à cette occasion, par Guillaume Schlegel et par Caroline. Qu'on relise aussi, dans la biographie de Steffens, les pages consacrées à sa visite, un an plus tard, au même Musée. Il y avoue son trouble devant la Vierge, son émotion poussée jusqu'aux larmes et le sentiment d'une « révélation » (Stelfens, Was ich

erlebte, IV. Bd., p. 238 et 240-241). Qu’on en rapproche la lettre qu'il écrivait de Frei-

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Combien cette divinisation de la femme était, aux yeux des romantiques, propice à l’art, on le conçoit aisément, et on entrevoit aussi combien elle allait favoriser les effusions lyriques, mystiques et parfois même érotiques du romantisme. Il y avait peut-être d’ailleurs. dans cette inclination pour le Catholicisme une secrète sympathie envers une théologie dont les dogmes permettaient de réhabiliter par Pamour la nature et la sensibilité humaines, comme il y avait, dans leur éloignement pour le Protestantisme, une répugnance innée pour une théologie dont les dogmes proclamaient la déchéance et la perversion originelle de l’homme, dont l’austérité et l’ascétisme avaient. stérilisé l’art. | |

Si nous en croyons toujours Steffens, « tout ce mouvement était tourné vers la vie des sens; et la religion, justement parce qu'elle partait d’un idéal vide, éperdu de spiritualité et tout à fait confus, s'abitmait dans cette vie sensuelle »; et c’est « pour protester jusqu’au bout contre le Protestantisme que beaucoup se faisaient catholiques ». N’allait-on pas jusqu’à porter aux nues la musique catholique et à dédaigner les plus grands compositeurs, précisément parce qu’ils étaient protestants? On entendait partout admirer Leo, Pergolèse, et on parlait à peine alors de Hændel ou de Sébastien Bach :.

L'Europe de Novalis marque un tournant décisif dans l’histoire du romantisme : c'est la rupture avec le Protestantisme, avec la Révolution française; c'est la glorification du Moyen Age, de l'Église, la prédiction d’un « nouveau » Catholicisme, qui d’ailleurs n’est nullement conforme aux enseignements de la croyance traditionnelle, qui s’efforce, au nom de la physique et de la mystique romantiques, de restaurer la théosophie, la magie, l’occultisme. La physique apparaît comme une religion élémentaire, la religion comme une « physique supérieure ». À l'Évangile du Christ fait place l'Évangile naturiste du nouveau Messie ?. |

berg à Caroline Schlegel, le 26 juillet 1799 : « In der italienischen Sammlung;sah ich bloss die Madonna — bei Gott! nichts als die Madonna... So wirkte noch nie ein Bild auf mich. Sie sahen mich an, sie sehen mich noch an, sie stehen dicht vor mir, die grossen, hellen, blauen Augen die eine Unendlichkeït abspiegeln. Ailes was ich je gefühlt und geahnde hatte, alle die unbestimmten Bilder, die, eingehüllt in-trüben. Nebel meiner Seele vorschwebten, das ganze bunte Gewimmel meines innern Lebens strahlte mir verherrlicht aus diesen Augen entgegen. Was ich fühlte, nenne ich Andacht, wahre religiôse Andacht, Anbetung. » (Aus Schelling's Leben. In Briefen, I. Bd., 1775-1803, Steffens an Schlegels Gattin, Freiberg, den 26. Juli 1799, p. 270.) Qu'on se souvienne enfin des hymnes. spirituelles de Novalis, notamment des hymnes à Marie. Voir aussi, sur le séjour des romantiques à Dresde, Haym, Die romanlische Schule, Drittes Buch, zweites Kap., p. 368, et drittes Kap., p. 457.

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