‹ Fichte et son temps (volume 3)Chapitre 98 sur 107 · Voici le texte de cette pétition · texte numérisé non relu

Voici le texte de cette pétition

« Très honoré maitre,

« 11 nous est trop pénible de ne pas devoir entendre jusqu’à leur achèvement vos leçons si pleines sur la Destination du savant pour que nous puissions nous retenir de vous adresser, en vue de leur continuation, la prière instante que voici :

« Un grand nombre des auditeurs de vos Institutiones omnis Philosophiæ ne suit pas, il est vrai, avec persévérance et régulièrement vos conférences, mais nous vous prions de bien vouloir considérer que :

« 1° Beaucoup de ces auditeurs ne sont pas des étudiants, au sens strict du mot, mais des professeurs, des docteurs, des marchands que leurs affaires empèchent. parfois de venir, ou qui, après quelques leçons, se sont sentis incapables de s’assimiler votre doctrine. .

[Ceci, remarquons-le, contredit l'affirmation de Fichte déclarant que c'était là précisément le public qui lui était demeuré fidèle : faut-il en conclure que, parmi ce public, de nombreuses défections s'étaient aussi produites ?]

« 2° que même si un grand nombre d'étudiants, par paresse ou par trop d’incli-. nation au plaisir, ne savent pas apprécier vos leçons à leur haute valeur, néanmoins

Une consolation lui restait : à défaut de la jeunesse qui semblait lui échapper, ses collègues lui manifestaient une déférence particulière; ils se faisaient un devoir de suivre assidûment ses cours. C’étaient Mehmel, son collègue en philosophie, Stutzmann, un ancien disciple de Schelling, cherchant à concilier la Théorie de la Science et la Philosophie de la Nature, le mathématicien Rôsling, le chimiste Hildebrand, le statisticien Lips. le Prof. Marheineke, le pasteur La Pique, le D' Ohm, etc.

Is nese bornaïient pas à suivre ses conférences publiques : ils réclamèrent de lui des leçons particulières sur la Théorie de la Science. Touché de leurs prévenances, Fichte rendit à ses collègues leur politesse. Il se mit lui-même à suivre leurs leçons; il était particulièrement assidu aux cours de physique et de chimie du professeur Hildebrand; mais la supériorité de Schelling en ces matières n’était pas sans doute étrangère à son empressement. Alors on admira sa modestie, et on lui en sut gré :.

Il profita de ces dispositions pour tenter, avec l’assentiment de ses collègues, la réalisation d’un projet qui lui tenait à cœur : la création d’une Université modèle. Peut-être croyait-il trouver dans une organisation nouvelle de l’Université d'Erlangen le moyen de reconquérir la popularité qui lui échappait.

De retour à Berlin, pour la reprise de ses conférences de l’hiver (1803-1806), Fichte s’entretint aussitôt de ce plan avec le ministre Hardenberg, dont il obtint l'adhésion, et qui le chargea d’un rapport sur la question. Ce rapport a élé publié dans les œuvres posthumes sous le titre : Zdées pour l’organisation intérieure de l'Université d’Erlangen (Ideen für die innere Organisation der Universität Erlangen) 2.

Fichte le soumit à l’approbation du Ministre; 1l ne manquait plus | que sa signature pour que fût enfin tentée la réalisation de l'Université modèle dont Fichte avait rêvé toute sa vie. Mais, une fois de plus, au moment même où Fichte croyait toucher le but, le destin contraire bouleversa tous ses projets. Les événements de l’année 1806, qui mettaient en péril l'existence même de la Prusse, allaient donner au gouvernement des soucis plus urgents.

un nombre très appréciable d’entre eux les écoute avec une application suivie et une attention soutenue. Quand vous vous en serez convaincu, vous ne voudrez certai-

nement pas faire expier aux innocents la faute des coupables. « Erlangen, le 8 juillet 1805. »

Parmi les signataires de l'adresse se trouvaient les noms des professeurs Marheineke et Hildebrand, du pasteur Le Pique, des D'* Ohm, Rôsling, Lips. (Ed. Fichte, Johann Gottlieb Fichte. Lichtstrahlen ‘aus Seinen Werken und Briefen nebst einem Lebensabriss, p. 88-89.) |

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