‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 15 sur 116 · A Berlin, on · texte numérisé non relu

A Berlin, on

3. A la liu d'octoijrc nu au commencement do novembre; la leUre où Struensée accuse réception de l'ouvrage, envoyé l'avanl-veille, est du 9 novembre iSOO. Fichte s Leben, II. Bd., Zweite Ablli., XVIII, 29. Minister Struensée an Fichte, Berlin, d. 9. Nov. 1800, p. ")M.

4. Fichte, S. IF., 111. Bd., Vorrede des Ilerausgebers, p. xxxvui. 0. Ibid., Der geschlossene Handeisstaat. Dédicace à Struensée, p. 39'{.

G. Ibid. Les lignes (jui précèdent dans cette dédicace ne peuvent laisser de doute à cet égard; elles résument les opinions journalières des contemporains de Fichte.

aux projets des théoriciens de la politique, dit Fichte dans cette même dédicace, n'a rien de déshonorant pour les auteurs de ces projets, quand ceux-ci sont restés volontairement cantonnés dans un monde idéal, quand ils le reconnaissent expressément ou le montrent en fait. De tels projets sont par leur nature même destinés à demeurer purement abstraits, sans rapport avec la situation réelle où se trouve le praticien politique qui exerce le pouvoir'. »

Mais c'était justement la prétention du vrai philosophe de ne pas s'en tenir à une science qui consistât en une pure fiction de l'esprit et d'y voir, au contraire, une réalité qui valût qu'on s'en occupât. Fichte ne pouvait donc proposer un plan qu'on jugerait absolument sans objet; il reconnaissait seulement que des principes aussi généraux que ceux de la pure théorie pouvaient, en raison de leur généralité même, n'être pas susceptibles de s appliquer à des cas déterminés, et qu'il fallait, pour les adapter aux circonstances données, en fixer davantage l'acception.

Cette acception précise, il considérait quelle était l'œuvre de la science politique, qui, comme science, relevait de la philosophie spéculative. A ce point de vue. et la déclaration de Fichte est à retenir, il y aurait donc au contraire pour un écrit politique une sorte de honte à mériter le reproche de présenter des projets sans application possible et à s'en voir administrer la ^Dreuve.

Maintenant quelle méthode devait suivre la Politique comme science? Elle ne partirait pas de la considération d'un Etat absolument déterminé (elle n'aurait pas de caractère général, c'est-àdire scientifique), mais de ce qu'il y a de commun, par exemple, à tous les États de la grande République européenne, dans le siècle où elle se constitue. L'application de la règle générale aux cas particuliers serait ensuite l'art el l'œuvre de l'homme d'Etat*.

Une politique appuyée sur la connaissance exacte de la situation actuelle, ayant pour fondements des principes constitutionnels fermes et dont les raisonnements seraient corrects, ne devrait paraître inutile qu'au pur empirique, hostile à tout concept et à toute prévision, qui se fierait uniquement à la sanction de l'expérience immédiate, et rejetterait cette politique, parce qu'elle n'est pas la constatation pure et simple de faits, qu'elle consiste seulement en concepts et en calculs de faits, bref parce qu'elle n'est pas de l'histoire. Pour un homme d'État de ce genre il n'y aurait d'autres règles que celles de

1. Fichte, S. W., III. Bd., Der geschlossene Handelsst lat. Dédicace à Struensée, p. 390.

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