‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 52 sur 116 · Ibid., 43, Weimar, den 2. Sept. 1798. p · texte numérisé non relu

Ibid., 43, Weimar, den 2. Sept. 1798. p

.3. Ibid., 43, Weimar, den 24. August 1798, p. 74.

liana, et de Herder dont il avait lu en manuscrit et annoté la Mélacrilique^, il était un adversaire déclaré de la Critique, il la trouvait dangereuse, envahissante. Elle avait pénétré partout : le rejet de la métaphysique, l'espèce de positivisme auquel il semblait qu'elle voulût se tenir en avait fait la popularité; on appliquait volontiers les cadres de ses catégories à toutes les branches de la culture humaine, à la théologie, à l'esthétique et jusqu'à la politique. Avec la Tliéorie de la Science le flot avait encore monté : c'était comme un déluge qui avait tout submergé^.

On conçoit ce que cet enthousiasme — voisin du délire — pouvait avoir d'irritant pour ceux qui, comme Jean-Paul, ne voyaient dans la Théorie de la Science qu'un jeu de concepts brillant et un peu vain, « personne, avec les philosophes, n'ayant jamais le dernier mot ». Il ne le cachait pas à Fichte lui-même. Il lui sembla que le rire était le plus sûr remède et le plus sain contre une pareille aberration : pour rendre inofîensive la Théorie de la Science, il suffirait, pensait-il. de la ridiculiser. Il confia ce soin au sarcastique et satirique humoriste Leibgeber, personnage quun précédent roman * avait déjà rendu célèbre.

Ainsi parut, vers Pâques 1800, la Clavis Fichtiana seii Leibgeberiana. en appendice comique au Titan.

Leibgeber, le sosie de Fichte, auteur de la Clavis, avait écrit : « La Théorie de la Science, c'est le calcul philosophique de l'Infini. Une fois sorti de la région des grandeurs finies et explicables, pour entrer dans celle des grandeurs infinies et inexplicables on s'enfonce dans un monde tout nouveau, où le pur et simple verbalisme — car ni les intuitions, ni les concepts n'atteignent jusqu'à cet éther — vous transporte facilement en tous sens, comme sur un manteau de Faust, si bien que l'inexplicable ressemble au balai de la sorcière, monture que. suivant la croyance populaire, elle ne peut enjamber, mais sur laquelle elle chevauche, bien au-dessus de la terre, à travers les. airs *. »

Cependant il est très remarquable, conformément à l'observation de l'auteur, que. malgré le visible dessein de son héros — comique impénitent — de railler la Théorie de la Science, il se trouve qu'il la

1. Otto Spazier, J.-P. Fr. Richter. Ein biograpliiscker Commentai- :u dessen Werken^ Zweite Auflage, Leipzig, Verlag voa Otto Wigand. 1840. IV. Bd., Fiinfzehntes Kap., p. 120 et 131.

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