‹ Fichte et son tempsChapitre 102 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Fichte partit pour Iéna vers la fin du mois d'avril, laissant à Zurich sa femme et son beau- -père; ils devaient le rejoindre dans le courant de l'été. En traversant Tübingen Fichte rendit visite à Schiller. L'illustre ‘poète, son futur collègue à l'Université, s’y trouvait alors de passage; notre philosophe reçut de lui l'accueil le plus empressé. Schiller connaissait Fichte par la lecture de la Critique de toute révélation; il avait apprécié d'autant plus cet ouvrage qu'il y retrouvait l'esprit de la philosophie de Kant dont il était passionné; il fallut un contretemps imprévu pour empêcher Schiller d'accompagner Fichte jusqu'à Iéna?. Le jeune savant y arriva le 18 mai au soir, solitaire, mais non inconnu. Au dire d’un de ses amis, le conseiller consistorial Bôttiger, « son appel à Iéna avait fait dans les alentours grande sensation; son nom retentissait au delà de tous les autres, et on l’attendait d'autant plus fiévreusement qu’on voyait en lui le courageux défenseur des droits de l’homme * ».

Fichte fut donc reçu avec enthousiasme; « tout le monde se montra plein d'amitié pour lui, même les gens dont il n’attendait rien que de désagréable‘ ». Tel le professeur Schmid qui, quelques mois plus tôt5, l'avait traité de faussaire, ajoutant6 qu’il considé-

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