Fichte’s Leben, I, 1, 6, p
3. Jens Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, Erster Theil, Dez. 1790 bis Jan. 1795, 43, Baggesen an Reinhold, Kopenhagen, den 11. Septbr. 1792, p. 225 et 69, Baggesen an Reinhold, Aus deiner Vaterstadt, den 1. Jan. 1794, p. 312.
4, Ibid., 69, 11 Jan. 1794, p. 312 et 74, Baggesen an Reinhold, Bern, den 22. Mai 1794, 338. Il était d’ailleurs vite revenu sur cette impression. En relisant l'ouvrage à tête reposée, au lieu de se borner à le feuilleter, il s’étonna de l’assentiment qu’il lui avait d’abord donné et s’accusa d’en avoir laissé passer l'essentiel sans s’en apercevoir.
célèbre Reinhold, le plus éminent représentant de la philosophie kantienne, avec lequel il était lié d'une tendre amitié. La discussion porta sur le système de Reinhold; et, comme Fichte exprimait à Baggesen son admiration envers ce maître, le poète saisit l’occasion pour faire connaître au jeune philosophe l'estime où Reinhold tenait l'auteur de la Critique de toute révélation.
Ce fut à Berne aussi que Fichte connut Fernow, le critique d'art. Au moment où Fichte et sa femme quittaient Berne, Fernow et Bag-
1. Ge fut l’origine des relations entre Fichte et Reinhold. La première lettre de Fichte à Reinhold date du 13 novembre 1793, elle est justement le remerciement du jeune auteur pour le jugement que lui a communiqué Baggesen.
« Votre honorable ami Baggesen, lui éernit-il, qu’à Berne j’ai appris récemment à connaître, m’a donné un si précieux témoignage de vos bons sentiments à mon égard que je ne puis refuser à mon cœur de vous en remercier par ma confiance. Un livre a paru que vous avez jugé avec faveur; pour l’avoir jugé digne de cette faveur vous avez cru nécessaire que j’en fusse l’auteur. Je sens dans toute son étendue l'honneur d’une pareille conclusion, quand elle vient d’un Reinhold et je n’hésite pas à vous dire, mais cependant sous le sceau du secret, que je suis bien réellement l’auteur de cet écrit. » (Fichte’s Leben, Il, Zweïite Abth, ILE, 1, p. 187. Fichte an Reinhold, Zürich, den 13. Nov. 1793.)
Reinhold cependant n’avait pas eu besoin de cette confidence pour deviner que l'ouvrage était de Fichte; il n’aurait pas davantage eu besoin d'écouter la voix de la rumeur publique qui, à léna, nommait tout haut l’auteur, avant même qu’il eût l'ouvrage en mains; il lui avait suffi d’avoir ouvert et parcouru le livre pour y retrouver, « à ne pas s’y méprendre, la caractéristique, l’individualité de la pensée et même, en maints passages, le style de la Critique de toute révélation qu'il avait étudiée avec soin »; et, longtemps avant l’aveu confidentiel que Fichte venait de lui : faire, il n’avait pas un instant douté que l’auteur de ces Contributions et l’auteur de la Critique de loute révélation ne fussent une seule et même personne. (Fichte’s Leben, Il, Zweite Abth, IL, 2 Reinhold an Fichte, lena, den 12. Jan. 1794, p. 189.)
Ainsi fut scellée, durant le voyage de noces de Fichte et sous l’égide de Baggesen, l'amitié du maître renommé qui enseignait à Iéna la philosophie kantienne et de celui que Hornemann avait appelé la « nouvelle étoile du firmament philosophique », une amitié que Reinhold, ignorant encore jusqu'où elle pourrait aller, qualifiait cependant déjà d’infiniment précieuse. (Jens Baggesen, Briefwechsel mit K. L. Reinhold und F. H. Jacobi, 70, Reinhold an Baggesen, den 31. Jan. 1794, p. 318.)
Kuno Fischer (Geschichte der neuern Philosophie, V, p. 45) parle à ce propos d’un compte rendu de Reinhold sur les Contributions de Fichte destiné au Journal littéraire universel d’'Iéna. Mais en 1793 il n’y eut pas de compte rendu des Contributions. destinées à rectifier les jugements du public sur la Révolution française et celui qui parut en mai 1794, p. 345 et suiv., dans les n° 153 et 154, est non pas de Reinhold, mais de Gentz. (Voir Wittichen, Briefe von und an F. von Gentz, Il, Gentz an Brinkmann 38, p. 42, note 3, et 46. Undatiert, Friedrichsfelde, Mai 1794, p. 46. « Für die Rezension des Fichte habe ich ein besondres Danksagungsschreiben von den Herausgebern der Literatur-Zeitung erhalten, ein Faktum, welches deshalb nicht unmerkwürdig ist, weil Fichte an Reinhold’s Stelle nach Jena kômmt! Aber die: Antikritik, die ich wabrlich nicht fürchte, wird auch nicht lange ausbleiben. »)
Ce compte rendu, tout en reconnaissant « qu'il suffisait d’avoir lu seulement 75 lignes de ce livre et d’avoir compris les premiers alinéas de l’Introduction pour se convaincre que l’ouvrage ne pouvait être le produit d’un cerveau ordinaire » et. tout en louant Fichte « de ne pas se borner, comme tant d’autres, à pérorer sur la Révolution en manifestant un enthousiasme ridicule, mais de prétendre la juger d’après les principes, et quels principes, ceux du système le plus noble dont les. siècles modernes pussent se glorifier », faisait les plus expresses réserves sur la thèse soutenue par Fichte, sur ses résultats et, on l’a déjà vu, sur la violence des. attaques personnelles contre Rehberg.
gesen se disposaient justement! à partir pour Vienñhe; c’est en leur
double compagnie que les nouveaux mariés revinrent à Zurich. Fichte exerça sur eux la séduction de son esprit, de sa parole, il conquit leur amitié. Baggesen lui témoigna son estime en lui confiant un de ses manuscrits et en lui communiquant la dernière strophe d’un hymne à Dieu qu'il avait composé en 1792. Fichte serra les mains du poète et l'embrassa en lui disant : « Il faut que nous parlions ensemble beaucoup plus souvent »; à son tour il remit à Baggesen un écrit anonyme et pas du tout métaphysique dont la lecture l'enthousiasma'. Au moment de quitter Zurich, Baggesen, désireux de laisser à Fichte une marque de son admiration, lui adressa le billet suivant :
« Sum, ergo cogilo!
« En souvenir des moments infiniments précieux, inoubliables,
durant lesquels j'ai pensé tout haut avec Fichte. « JENS BAGGESEN, du Danemark. »
Quant à Fernow, c’est en termes lyriques qu'il manifesta ses sen-
timents pour Fichte : « Dieu dit : Que la lumière soit! et la philo- Sophie kantienne fut! Inoubliable sera pour moi l'instant où, pour la
première fois, j'ai vu etaimé en vous, que j’estimais depuis longtemps. un des principaux et des plus grands prêtres de cette déesse, la plus humaine de toutes, de cette science, la plus divine de toutes: impérissable sera pour mon esprit et pour mon cœur le souvenir des heures précieuses, élyséennes, mais trop courtes, que j'ai passées en votre société.
« Avec l'expression de sa profonde estime se recommande à votre
souvenir « KARL LUDWIG FERNOW ?. »
Baggesen et Fernow restèrent deux jours seulement à Zurich; ils voulaient aller faire la connaissance de Pestalozzi qui habitait à quelques heures de là, dans le village de Richterswyl, chez un oncle de sa mère, le Dr. Hotze. Pestalozzi avait justement pour